Roger Waters. Crédit Alex/REX/Shutterstock


Par Michel Valentin
10 juin 2018

L’ex-Pink Floyd, de passage à la U Arena de Nanterre, a non seulement régalé les fans avec de nombreux tubes de son ancien groupe, mais aussi affiché ses convictions politiques.

A 70 ans passés, les membres encore vivants de Pink Floyd sont loin de jouir paisiblement de leur retraite. Le guitariste et chanteur David Gilmour a effectué en 2016 une tournée qui l’a fait passer par certains des plus beaux sites de France, comme au château de Chantilly. Le batteur Nick Mason a annoncé une tournée exceptionnelle (passage le 10 septembre à l’Olympia de Paris) où il jouera des morceaux des deux premiers albums du Floyd. Enfin, le bassiste et chanteur Roger Waters est au beau milieu d’une tournée mondiale, où il célèbre à la fois la sortie de son dernier album solo, « Is This The Life We Really Want ? », publié il y a un an, et le 45 anniversaire du mythique « The Dark Side Of The Moon », joué en intégralité.

Là où ne nous avait pas prévenus, c’est que Waters utilise es concerts pour exprimer toute sa rage de voir dans quel état nous mettons notre planète, les riches devenir toujours plus riches, et des gens qu’il ne porte pas dans son coeur défendre ou appliquer des politiques qui le révulse (d’où le titre de son dernier album). II profite donc de ses 2 h 35 sur scène (moins un entracte d’une vingtaine de minutes) pour livrer nombre de messages, en général bien reçus par le public qui remplit ce vendredi soir la U Arena de Nanterre, mais aussi parfois lardé de quelques sifflets…

Deux choristes très maquillées

Tout commence d’ailleurs par longue (10 minutes) diffusion sur un écran plus que géant (au moins 50 m de large, toute la largeur de la scène) de l’image d’une personne de dos, assise sur le sable et contemplant la mer. Un candidat à l’émigration, devine-t-on… A 20 h 22, les lumières baissent enfin, et quelques chants tribaux retentissent dans les enceintes, avant que l’écran ne vire au rouge, puis ne montre une planète dans le cosmos, vrai début du show musical.

Et quel show ! Tout commence avec quelques bons vieux classiques, du calibre de « Speak to me » et « Breathe », gorgé de slide, avant qu’un gros son de basse n’annonce le tonnerre de « One of these days ». Un vrai début en fanfare, poursuivi par le génial « Time » et, après une reprise de « Breathe », par « The great gig in the sky », où pas moins de deux choristes se révèlent nécessaires pour assurer les parties vocales démentes réalisées par Clare Torry sur la version studio. Etrangement, l’écran géant sert très peu, dans cette première partie de concert, à montrer les musiciens en action, sauf à partir de « The great gig… » et ses deux vocalistes très maquillées et en perruque blonde.

Après un nouveau classique, « Welcome to the machine », Waters et son groupe s’attaquent à des titres récents issus du dernier opus solo du monsieur, « Déjà vu », « The last refugee » et « Picture that », mais il faut bien reconnaître que la foule frémit davantage lorqu’on lui propose des tubes immortels, comme ceux qui composent la fin de la première partie avant l’entracte, « Wish you were here », « The happiest days of our lives », et surtout les parties 2 et 3 de « Another brick in the w all ». A ce stade, les musiciens sont rejoints par une chorale de dix enfants, d’abord affublés de combinaisons oranges, comme celles que portent les prisonniers de Guantanamo, puis en T-shirt noir portant le slogan « Resist ». Ce dernier s’affiche également sur l’écran, avant de nous alerter contre le néo-fascisme, et des politiciens nommément désignés, tels Marine Le Pen, Viktor Orban, ou Donald Trump…

Un Trump qui prend cher dès que la deuxième partie du concert débute. Car côté musique, ce sont des extraits de « Animals » qui nous sont servis, « Dogs », puis « Pigs (three different ones) ». Le cochon volant, dirigé cette fois par un drone, fait donc son apparition , mais aussi un longue série de caricatures du président américain, dont une en goret, qui se taillent un franc succès. Pour ceux qui n’auraient toujours pas compris, Waters conclut d’ailleurs, pancarte à l’appui, « Trump est un porc ». L’ambiance a dû être sympa lors de la tournée américaine…

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