Le drapeau de l’OTAN flottant sur la place de l’Indépendance à Kiev, janvier 2022


Ces paroles, chantées par John Lennon et le Plastic Ono Band, ont résonné au fil des décennies comme un mantra adopté par des personnes bien intentionnées à travers le monde.

Par Scott Ritter

La question demeure toutefois : avons-nous réellement l’intention de donner une chance à la paix, ou allons-nous simplement faire semblant de soutenir cette cause tout en nous laissant entraîner par les pouvoirs en place vers un destin que nous voyons tous, mais que nous refusons de reconnaître ?

Aujourd’hui, le monde se concentre exclusivement sur le conflit en cours entre la Russie et l’Ukraine, considéré comme le déclencheur le plus probable d’un futur conflit entre l’OTAN et la Russie.

Mais ce n’est très probablement pas le cas : le conflit ukrainien touche à sa fin, la victoire russe étant pratiquement assurée. Au contraire, la source probable d’une flambée géopolitique proviendra d’une crise surgissant dans les pays baltes et/ou dans les régions arctiques, où une Europe humiliée cherche désespérément à se racheter en adoptant une posture très agressive face à une menace russe qui, en termes d’intentions agressives, n’existe tout simplement pas.

La rhétorique émanant de la Pologne, des pays baltes et d’autres membres de l’OTAN au sujet du territoire russe de Kaliningrad est particulièrement inquiétante. La situation sécuritaire autour de Kaliningrad s’est récemment tendue à mesure que les relations entre la Russie et l’OTAN se détérioraient. Les déclarations de responsables militaires et politiques de l’OTAN suggérant que la guerre pourrait être une option pour contenir ce qui est perçu en Occident comme une agression russe envers l’Ukraine et l’Europe ont transformé les pays baltes, autrefois considérés comme une région isolée, en une zone de première ligne.

En juillet dernier, l’ancien commandant des forces américaines en Europe, le général Chris Donahue, a déclaré que les forces de l’OTAN pourraient s’emparer de l’oblast de Kaliningrad, fortement fortifiée, « dans un délai sans précédent » si nécessaire.

En août, un exercice aérien de l’OTAN dirigé par les États-Unis, mobilisant un grand nombre d’avions alliés, a donné lieu à des missions de frappe, de ravitaillement en vol, de radar aéroporté et de guerre électronique le long du flanc nord-est de l’Alliance, dont certaines se sont déroulées aux portes mêmes de Kaliningrad.

Le ministre polonais des Affaires étrangères, Radosław Sikorski, a récemment fait valoir que l’OTAN devrait mener des exercices militaires offensifs près de l’enclave russe de Kaliningrad afin d’exploiter les vulnérabilités localisées de Moscou et de contraindre Vladimir Poutine à redéployer ses troupes loin de l’Ukraine. M. Sikorski a souligné que Kaliningrad ne comptait actuellement « pratiquement aucune troupe », le Kremlin partant du principe que l’OTAN n’agirait pas, laissant entendre que des manœuvres alliées décisives introduiraient une ambiguïté stratégique.

De même, l’Arctique s’est imposé comme une région revêtant une immense importance économique et géopolitique, ce qui a conduit les États-Unis et l’Europe à redéfinir leur politique afin de défier activement la Russie dans l’Arctique et sa périphérie. Le 14 septembre, douze pays européens se sont réunis en Finlande dans le cadre d’un « Sommet européen de l’Arctique », au cours duquel ils ont collectivement estimé que la Russie représentait une menace à long terme pour la sécurité européenne, nécessitant une coopération et des investissements accrus dans ce domaine.

“Nous notons avec une vive inquiétude la menace significative et à long terme que la Russie fait peser sur la sécurité euro-atlantique”, a déclaré le groupe dans une déclaration publiée à l’issue du sommet.

“Les ambitions de la Russie d’accroître son influence dans l’Arctique, combinées à son hostilité envers l’Europe, notamment la multiplication des activités hybrides, soulignent la nécessité de renforcer la politique arctique de l’UE”, précise la déclaration.

La guerre de la Russie en Ukraine, l’intérêt croissant de la Chine pour la sécurité dans la région et les effets de plus en plus marqués du réchauffement climatique sont en train de remodeler l’Arctique, obligeant l’UE à jouer un rôle moins passif, ont conclu les pays réunis.

Or, la Russie ne représente en réalité aucune menace de ce type. Les Européens créent de toutes pièces des crises et des sources de conflit. Ce qui manque au débat, c’est le point de vue russe.

Je m’apprête à entreprendre un voyage de deux semaines en Russie dans le but bien précis de comprendre le point de vue russe et le transmettre au public occidental qui non seulement ignore la réalité russe, mais refuse aussi largement d’entendre raison, compte tenu de la russophobie primaire à l’œuvre aux États-Unis et en Europe.

La situation actuelle rappelle de manière inquiétante les mois qui ont précédé août 1914 et le déclenchement de la Première Guerre mondiale, où les préparatifs militaires des nations européennes ont eu lieu dans le vide, sans tenir compte de la causalité entre diverses décisions de mobilisation et les conditions qui ont mené à ce qu’une guerre dont personne ne voulait devienne inévitable.

Nous sommes aujourd’hui confrontés à un scénario similaire, où les dirigeants européens laissent leur rhétorique déboucher sur des actions qui, si elles se poursuivent sans relâche, entraîneront des réactions russes qui mèneront inévitablement à une guerre.

Mais cette fois-ci, cette guerre fera intervenir des armes nucléaires.

Et cela signifierait la fin de l’humanité.

La question qui se pose donc à nous tous est la suivante : sommes-nous capables et disposés à donner une chance à la paix ?

Je m’efforcerai de rassembler les informations nécessaires pour que les personnes éclairées puissent prendre des décisions en connaissance de cause sur la situation réelle en matière de sécurité dans les pays baltes et dans l’Arctique.

La véritable question est la suivante : que feront ceux qui ont accès à ces informations pour demander des comptes à leurs dirigeants respectifs quant aux actions menées en leur nom ?

Il s’agit d’une responsabilité commune.

Je pars aujourd’hui pour apporter ma contribution.

Êtes-vous prêts à apporter la vôtre ?

Par Scott Ritter

Source: Give Peace a Chance – Real Scott Ritter