Arrêt sur Info poursuit cet été la publication d’une série d’articles traduits bénévolement, entre 2004 et 2016, par Jean-François Goulon; un Français dévoué et sensible, un traducteur admirable. Sachant ce que cela a représenté de sacrifices personnels et de renoncements c’est lui rendre hommage que de mettre à disposition des lecteurs des textes qui peuvent être utiles à ceux qui veulent approfondir cette période si violente et tragique de l’histoire. On peut lire ci-dessous la présentation que M. Goulon avait faite en 2004 sur son blog Questions Critiques

« Le 11 septembre 2001, je me trouvais derrière mon ordinateur à suivre les cours de la bourse et, soudain, est arrivé l’impensable. J’ai vu l’horreur dans les yeux de tous et… les cours s’effondrer. Le monde était assommé. Intervention en Afghanistan. Soutenue par tous. Puis, montée en guerre contre Saddam Hussein. Très vite, les observateurs attentifs ont compris que l’on entrait dans une zone de turbulences, dont on ne pouvait concevoir l’issue. Electrochoc. Très vite, la résistance au formatage de la pensée a donné naissance à une multitude de blogs et de sites internet « alternatifs ».  De fil en aiguille, « Questions Critiques » est né en septembre 2004.  Se voulant une sorte de « courrier international » géopolitique, le site s’est développé autour de trois grands thèmes :
– Auteurs américains (Paul Krugman, Jude Wanniski, Stephen Sniegoski, etc.) ;
– Etude du conflit israélo-palestinien et du Proche-Orient ;
– Construction du projet européen.

Au fil de mes traductions et de mes recherches sur la toile, j’ai constitué un stock considérable d’archives. J’ai entrepris la traduction du Project for a New American Century, bible militaire des néoconservateurs. J’ai traduit intégralement « Les Secrets de la Réserve Fédérale » de Eustace Mullins [prochainement en ligne]. J’ai également traduit de nombreux dossiers. Proche-Orient, pétrole et gaz naturel, économie. La défense de la langue française est également au coeur de mes préoccupations et j’essaye d’apporter le plus grand soin à mes traductions. » [Jean-François Goulon]


Gaza : un mensonge convenu

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Par Karen English |CounterPunch | 14 mai 2013

Article original : « Gaza: a Lie Agreed Upon » Traduit de l’anglais par Jean-François Goulon

En Nouvelle Guinée, il existe un mot pour une vérité que tout le monde connaît mais que personne n’exprime: Mokita. Dans le discours officiel entourant la Palestine – en particulier Gaza – les politiciens, le Président Obama et les médias racontent des histoires en utilisant un vocabulaire erroné, des affirmations fausses et des omissions délibérées. rien que des mensonges convenus !

Dès qu’une « crise » éclate dans cette région, le récit bidon se met en route à partir d’un script spécifique, et les débats du dimanche matin débutent avec chacun récitant son couplet à partir du script officiel. Les agressions d’Israël, le cruel blocus économique de Gaza ayant pour résultat la malnutrition ou l’anémie de près de la moitié des enfants de la région, les assassinats ciblés. Tout est ignoré. Noam Chomsky appelle Gaza, « La plus grande prison du monde à ciel ouvert ».

Nous sommes exposés à des mots tels que conflits, comme si l’oppression et la brutalité systématiques de tout un peuple n’était qu’un désagrément entre deux camps égaux. Ensuite, il y a ces appels à la trêve. Pure mise en scène politique. Imaginez des appels à une trêve durant l’apartheid entre les noirs et le gouvernement des blancs ! Un tel vocable aurait-il pu s’appliquer ?

On discute souvent de la solution à deux États : Encore une phrase bidon. Elle est parfaitement impossible. Et ce terme implique qu’il y ait une légitimité dans l’accaparement illégal et criminel de la terre, qui dure depuis des décennies. Prenons un exemple anodin et superficiel de ce vol : imaginez que vous avez une maison. Des invités sont venus en visité. Petit à petit, ils commencent à envahir votre maison jusqu’à ce que vous n’ayez plus qu’un quart de la cuisine, la moitié de la salle de bains et un coin dans la chambre. Tandis que le temps passe, ces personnes commencent à absorber une partie de votre quart de cuisine, la moitié de votre moitié de salle de bains et la moitié de votre coin de la chambre. Existe-t-il une possibilité de solution à deux maisons. Bien sûr que non ! Et dans le discours officiel, ces faits sont commodément omis.

Ensuite, il y a toujours la mention du processus de paix. Ce terme est une farce ! Il est difficile de voir comment on peut garder un visage de marbre en prononçant ces mots. Ce processus a délibérément avancé pendant des dizaines d’années à la vitesse d’un escargot. Il est plein de démarrages et de pauses. De très longues pauses ! Pour l’essentiel, c’est un mécanisme de blocage qui met suffisamment les choses en pause pendant qu’Israël construit de plus en plus de colonies pour que son objectif d’Eretz Israel [le Grand Israël] soit un fait accompli.

Israël a le droit de se défendre. Obama sort toujours ce leitmotiv ou une variante. C’est l’assertion la moins sincère. En 2004, la Cour Pénale Internationale a déterminé qu’en tant que puissance occupante, le droit d’Israël de se défendre en vertu d’un article de la Charte de l’ONU ne s’applique pas contre ceux qui vivent sous son autorité. Les attaques contre Gaza et sa population ne sont pas des actes d’autodéfense. Je suis sûre qu’Obama le sait. En fait, la Résolution 2649 de l’Assemblée Générale de l’ONU « Affirme la légitimité de la lutte que mènent les peuples assujettis à une domination coloniale et étrangère et auxquels on a reconnu le droit à disposer d’eux-mêmes pour recouvrer ce droit par tous les moyens dont ils disposent. »

La capacité d’Israël à se dépeindre comme la victime se réduit. Pratiquement personne, à part les ignorants et ceux qui font exprès de ne pas comprendre, ne croît qu’Israël est une victime. Cette posture s’écroule même parmi les Américains ordinaires. On peut en voir une bonne indication avec ce qui s’est passé à St. Louis, dans le Missouri, le 19 décembre 2012. Un groupe de citoyens américains s’est présenté dans le bureau du Maire à l’occasion du conseil de la ville de St. Louis sur les Appels d’Offre pour protester contre l’approbation par la ville d’un contrat avec Veolia-Water. Ils ont réussi à faire reporter l’ensemble du vote jusqu’à ce qu’une enquête complète soit diligentée sur le passé de Veolia et sa pratique de la discrimination ethnique et de ses abus en Palestine. Israël est de plus en plus un État paria en raison de ses pratiques d’apartheid. Son statut spécial (soutenu par l’Holocauste) décline. Le jargon fatigué des médias dominants est de plus en plus éculé et en retard sur son époque.

La litanie d’assertions et de termes erronés et le récit officiel sont vu de plus en plus pour ce qu’ils sont : simplement des mensonges convenus.

Par Karen English |CounterPunch, le 14 mai 2013

Karen English est écrivain et vit à Los Angeles.

Article original : « Gaza: a Lie Agreed Upon »

A LIRE ABSOLUMENT :

« Le Conflit Israélo-Palestinien : des origines cananéennes de la Palestine à sa demande d’adhésion à l’ONU », de Jean-François Goulon.
Essai compilant de nombreux textes d’auteurs juifs et israéliens, organisés par ordre chronologique. Ce livre retrace l’histoire de la Palestine des 4.000 dernières années.

Source : http://questionscritiques.free.fr/edito/CP/Israel_Etat_paria_Palestine_140513.htm

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