Mohsen Rezaeï : la victoire de l’Iran va hâter la destruction d’Israël et l’effondrement de l’empire américain

Interview du Général de division Dr. Mohsen Rezaeï, ancien Commandant-en-chef des Gardiens de la Révolution, Membre du Conseil de discernement de l’intérêt supérieur de la République Islamique d’Iran.

Les questions du journaliste sont en arabe, les réponses de Mohsen Rezaei sont en persan et retraduites en arabe par Al-Mayadeen.

 

  • 47 ans d’hostilité et 70 jours de guerre
  • Le détroit d’Ormuz : nouvel instrument de souveraineté iranienne
  • L’état des négociations et les exigences iraniennes
  • Continuité du système et légitimité du nouveau Guide
  • Le renouveau de la Révolution islamique
  • Les pays du Golfe : pays frères ou ennemis ?
  • Le Hezbollah et l’Axe de la Résistance
  • Israël, l’OTAN, le monde : les ondes de choc de la victoire iranienne
  • 32 millions d’Iraniens prêts à prendre les armes

47 ans d’hostilité et 70 jours de guerre

JOURNALISTE : Chers téléspectateurs, bienvenue. Cela fait environ 70 jours que l’agression contre l’Iran a été déclenchée, et le langage à Téhéran n’a pas changé — stable comme ses équations, tranchant comme ses lignes rouges, clair et sans place pour l’ambiguïté. Pas de recul sur les constantes, pas de retraite lorsque la confrontation touche aux principes fondamentaux. Ici, le temps ne se mesure pas en nombre de jours, mais en capacité du système à résister et à se reproduire — une structure cohérente pour un système islamique qui exprime l’Iran nouveau, où la présence populaire est une constante dans les moments d’épreuve : des foules qui renouvellent leur allégeance, des chaînes humaines qui proclament leur disposition au sacrifice suprême si le besoin s’en fait sentir. Un tableau qui dépasse la mobilisation pour devenir une Révolution renouvelée. Et en son cœur se tiennent des personnalités qui n’ont jamais quitté leur poste dans le façonnage des décisions, tenant les fils de l’équilibre entre le terrain et la politique.

Notre invité est membre du Conseil de discernement de l’intérêt supérieur du régime, le général de division Dr. Mohsen Rezaeï — l’homme qui a connu le terrain comme commandant des Gardiens de la Révolution pendant de longues années, et qui a suivi les transformations depuis l’intérieur des cercles du pouvoir. Une personnalité qui allie une profonde expérience militaire à un rôle politique influent, avec une présence marquée dans l’élaboration des politiques et la formulation des options.

Comment Téhéran lit-elle cette étape ? Quelles sont les limites de la constance dans l’équation du conflit ? Et quelles options détient la République islamique entre la pression et la confrontation ?

Soyez le bienvenu, général Mohsen Rezaeï, dans cet épisode et dans cette interview exclusive. Nous vous remercions du temps que vous nous avez accordé malgré les circonstances sécuritaires, et naturellement au vu de ce qui se passe en Iran.

GÉNÉRAL REZAEÏ :  Je suis à votre service. Je vous adresse à mon tour mes salutations. Au début de mon propos, je tiens à adresser mes salutations et mes hommages aux peuples bien-aimés de la région. Tout d’abord, je salue les âmes des martyrs de la résistance, les martyrs opprimés du Liban, du Yémen, de la Syrie, de l’Irak, et de l’ensemble du monde islamique. Et ensuite j’adresse mes salutations et mes hommages aux âmes des héros du monde islamique — Sayed Hassan Nasrallah et ses partisans qui ont défendu l’Islam, le Coran, le Liban et le monde islamique en moudjahidines. J’adresse également mes hommages à tous les moudjahidines dans le chemin de Dieu, sur les axes de la résistance — l’axe du Liban, de l’Irak et du Yémen. Et mes salutations à mon cher frère Sayed Abd al-Malik Badr al-Din (al-Houthi, chef d’AnsarAllah), qui dirige avec bravoure le vaillant peuple yéménite, combattant sur la voie de Dieu.

Quant à votre question, permettez-moi de commencer par un verset du Noble Coran. Je pense que ce verset correspond aux conditions actuelles dans le monde islamique. Le Noble Coran dit, dans la sourate Al-Hajj (en arabe) : « Et combattez pour Dieu comme il se doit. C’est Lui qui vous a élus. Il ne vous a imposé dans la religion aucune gêne — la religion de votre père Abraham. Il vous a nommés musulmans auparavant, et dans ceci, afin que le Messager soit témoin sur vous et que vous soyez témoins sur les gens. »

Je reviendrai sur ce verset béni et expliquerai pourquoi je l’ai choisi pour ouvrir mon propos.

Mohsen Rezaeï, ancien Commandant des Gardiens de la Révolution : « Le président des États-Unis, le secrétaire à la Guerre et le président des chefs d’état-major interarmées partagent une caractéristique : ils vendent leurs illusions comme des accomplissements. »

En vérité, la Révolution islamique en Iran visait l’indépendance après deux siècles de dépendance. Pendant ces deux siècles, nous avons été colonisés — par les Britanniques, les Américains, les Russes et les puissances européennes. Nous les avons combattus, nous leur avons résisté, à plusieurs reprises et dans des événements successifs, comme la question de la nationalisation du pétrole. Lorsque l’Imam Khomeini est arrivé, il a présenté un modèle complet pour l’indépendance de la nation iranienne et cela s’est traduit dans la Révolution islamique, sous le slogan de l’indépendance, de la liberté et de la République islamique. Après 2 500 ans, le système monarchique a été aboli et la République islamique a été formée. Son commencement s’est fait par la lutte contre les arrogants (impérialistes) et la lutte politique contre les États-Unis.

Notre combat pour la défense des musulmans se faisait habituellement par des moyens non militaires, par le soutien des peuples musulmans. Mais depuis environ deux ans, ou plus, les États-Unis ont transformé leur guerre politique contre nous en guerre militaire. Et après environ 45 ans, notre guerre contre Israël et les États-Unis est devenue une guerre militaire. Nous sommes désormais dans des circonstances entièrement différentes, et nous devons triompher complètement, comme nous avons réalisé des succès et des victoires. Je présenterai une explication de ce que nous avons accompli dans cette guerre.

Mais nous ne permettrons pas aux États-Unis de clore l’affaire en fuyant la région. Dans les nouvelles circonstances, pour ouvrir le détroit d’Ormuz, ils veulent offrir un coup d’éclat dramatique puis s’enfuir de la région. Nous ne le permettrons pas. Ici c’est un champ de bataille, et nous devons parvenir au résultat final dans notre confrontation avec les Américains, et obtenir notre dû de cette guerre. Ils doivent nous compenser pour les pertes que nous avons subies. Et même s’ils fuient vers les États-Unis, nous obtiendrons certainement nos droits et réparation pour nos pertes. Nous les supportons depuis 47 ans, et aujourd’hui encore nous poursuivrons notre résistance.

JOURNALISTE : Général Rezaeï, vous êtes parmi nous aujourd’hui en uniforme de commandant des Gardiens de la révolution. Comment peut-on caractériser cette étape ? Sommes-nous face à une guerre continue malgré ce qu’ont annoncé les Américains d’un cessez-le-feu unilatéral ? Et qu’en est-il des préparatifs militaires iraniens face aux menaces existantes ?

GÉNÉRAL REZAEÏ : Les Américains doivent ôter leurs mains du pétrole dans le golfe persique. Ils sont entrés dans la région en pensant que, après la défaite ou l’échec de l’Union soviétique, ils pourraient combler le vide dans la région. Bush voulait attaquer la région mais n’en a pas été capable. Et maintenant Trump répète ce scénario raté sous une autre forme, pour combler seul le vide de pouvoir dans la région. Cela ne se produira pas et ne se réalisera pas.

Le golfe Persique doit être un golfe indépendant, qui ne peut entrer dans les équations futures entre les États-Unis et la Chine. Nous sommes une région indépendante. Nous avec l’Arabie saoudite et la Turquie, devons continuer à avancer dans une région indépendante. Donc l’intervention des États-Unis est un acte stupide. Ils ont reconnu que cette guerre est une guerre aveugle. Maintenant, je dis que cette guerre est non seulement de la bêtise, mais aussi de l’ignorance, et c’était un grand crime. Les Américains veulent réaliser une victoire et fuir la région, mais devant eux le chemin est bloqué. Ils ne peuvent pas reculer, car ils sont devenus seuls au monde, et même leurs anciens alliés ne les aident plus.

JOURNALISTE : Très bien. Le détroit d’Ormuz est aujourd’hui, docteur Rezaeï, le code de cette guerre, si l’on peut dire. Partant de ce détroit, comment l’Iran planifie-t-il aujourd’hui de s’engager dans le nouvel ordre international, comme vous le dites, à partir de son contrôle et de sa gestion du détroit d’Ormuz ?

Le détroit d’Ormuz : nouvel instrument de souveraineté iranienne

GÉNÉRAL REZAEÏ : Le détroit d’Ormuz, contrairement à tous les autres détroits dans le monde qui ont deux côtés, ce détroit dans la région a quatre côtés — et trois de ces côtés sont entre les mains de l’Iran, et un côté est entre les mains de nos frères en Oman. C’est pourquoi on peut dire que le détroit d’Ormuz passe à l’intérieur des frontières du territoire iranien.

Et ils ont utilisé le détroit d’Ormuz contre le peuple iranien. Vous vous en souvenez, et les peuples de la région s’en souviennent : à l’époque de l’agression de Saddam Hussein contre l’Iran, des centaines de navires transportant des armes et des munitions destinées à Saddam Hussein traversaient le détroit, et il les utilisait contre nous. Mais nous avons supporté cela. Et dans cette dernière guerre des 12 jours (juin 2025), le détroit d’Ormuz et le golfe Persique ont été utilisés contre nous. Dans cette guerre, les États-Unis et Israël ont utilisé le détroit d’Ormuz contre nous.

Trump le 8 mai 2018 : « Nous déchirons l’accord pour en obtenir un meilleur. » Huit ans, deux guerres, des trillions brûlés, et d’innombrables gros titres plus tard, la diplomatie a enfin progressé jusqu’à : tenter de rouvrir une voie maritime qui était ouverte depuis l’âge du8 May 2018: “We’re tearing up the deal to get a better one.” Eight years, two wars, trillions burned, and countless headlines later, diplomacy has finally advanced to: trying to reopen a shipping lane that had been open since the Bronze Age. Incredible efficiency.

Notre premier objectif dans le détroit d’Ormuz est la sécurité — instaurer la sécurité pour l’Iran et pour l’ensemble de la région du golfe Persique. Si le détroit d’Ormuz échappe une nouvelle fois au contrôle et à la gestion de l’Iran, l’ennemi l’utilisera encore une fois contre l’Iran et le peuple iranien.

Le deuxième sujet est celui du commerce. Nous considérons qu’il est de notre devoir d’assurer le commerce dans la région. Nous contrôlons trois côtés — trois flancs du détroit — sur le territoire iranien. Bien sûr, instaurer cette sécurité a un coût, et nous devons percevoir ce coût depuis le détroit d’Ormuz.

L’état des négociations et les exigences iraniennes

JOURNALISTE : Bien, docteur Rezaeï, comme vous le savez, il y a beaucoup de fuites dans les médias, et même de la part de responsables iraniens, au sujet de la proposition ou de l’initiative iranienne présentée à Islamabad ces derniers jours. Nous aimerions comprendre de vous comment l’Iran ordonne aujourd’hui ses priorités dans cette proposition, comment elle a été présentée, et y a-t-il eu une réponse de l’autre côté ?

GÉNÉRAL REZAEÏ : Notre comportement dans cette guerre a été un comportement logique. Premièrement, nous cherchons à ne pas sortir du cadre des règles et normes internationales, tandis que l’ennemi en sort. Nous cherchons à ce que la confrontation militaire contre les États-Unis et Israël ne touche pas aux affaires humanitaires et aux civils ordinaires, alors qu’eux tuent des civils en Iran. La guerre iranienne porte un message humanitaire, et un message de résistance.

C’est pourquoi nous avons accepté que les négociations se déroulent en parallèle de la guerre. Nous aurions pu, étant donné la méfiance envers Trump et ses amis depuis la guerre précédente, ne pas entrer dans les négociations. Mais la question a été présentée en détail à notre Guide martyr, et malgré le fait qu’ils nous aient attaqués en plein milieu des négociations, la décision a été prise de les poursuivre sur la base d’un esprit humanitaire, car nous avons un cadre éthique dont les États-Unis ne jouissent pas. Après 12 jours, Netanyahou a demandé à Trump un cessez-le-feu. Trump a contacté Sayed Araghchi (ministre des affaires étrangères iranien) et a demandé un cessez-le-feu. L’Iran a accepté.

Et six mois plus tard, ils ont mené un coup d’État militaire raté en Iran. Nous aurions également pu arrêter toutes les négociations avec les États-Unis, car les États-Unis ont soutenu ce coup d’État, et Trump a lui-même annoncé : « J’ai fourni des armes aux putschistes. » Néanmoins, conformément aux mêmes règles humanitaires et éthiques, nous avons accepté de reprendre les négociations. Et eux, une nouvelle fois, ont violé les engagements et les pactes, et ont déclenché la guerre du Ramadan (28 février 2026).

Bien sûr, les États-Unis ont vidé les négociations de leur sens. Mais le Premier ministre pakistanais a appelé l’Iran et a dit que les États-Unis avaient déclaré leur accord aux conditions iraniennes. Nous avions 10 conditions que nous avons soumises aux Américains. Le Premier ministre pakistanais a annoncé l’accord des États-Unis sur ces conditions, et nous avons demandé que les États-Unis déclarent formellement leur accord, ce qu’ils ont fait, en résumé.

Président du parlement iranien : Si tu vois les crocs du lion bien visibles, Ne t’imagine surtout pas que le lion sourit.

Sur la base des mêmes règles et du même esprit humanitaire, nous étions opposés à la continuation et à l’élargissement de la guerre dans la région, et nous avons accepté les négociations et nous sommes allés négocier. Mais Vance et son équipe, dès le premier jour, ont tenu des propos qui contredisaient leur accord initial aux conditions iraniennes. C’est pourquoi nous nous sommes arrêtés. Les négociations ont été suspendues. Ils ont demandé un cessez-le-feu encore une fois et nous nous y sommes opposés. Et nous sommes actuellement dans un silence militaire.

Et le dernier jour avant la fin du cessez-le-feu, il y a deux semaines, ils sont entrés en mer d’Oman avec toutes leurs frégates et avions de guerre en mer d’Oman et dans l’océan Indien pour encercler l’Iran. Ils ont demandé les négociations encore une fois. Nous avons annoncé nos conditions : les États-Unis, avant les négociations, comme conditions préalables, doivent accepter de compenser les pertes iraniennes, libérer les fonds iraniens gelés, et d’autres conditions ont été ajoutées. Et nous sommes prêts et mobilisés dans nos préparatifs défensifs, et nous obtiendrons certainement réparation de nos pertes auprès des Américains.

Continuité du système et légitimité du nouveau Guide

JOURNALISTE : Parlons de la situation intérieure en Iran aujourd’hui. Comment les affaires sont-elles gérées, surtout après l’assassinat et le martyre du Sayed de la Oumma, Ali Khamenei ? Il y avait une situation inédite — nous savons que le choix de Sayed Mojtaba Khamenei n’était pas planifié comme chef de la Révolution. Comment s’est-il déroulé ? Comment son nom a-t-il été avancé ? Quel a été le processus de sélection de Sayed Mojtaba comme guide de la révolution et de la République islamique d’Iran ?

GÉNÉRAL REZAEÏ : On peut considérer le peuple iranien comme le peuple le plus expérimenté et le plus aguerri dans la construction de l’État islamique. Nous avons rédigé la première Constitution islamique il y a plus de 100 ans. Et depuis lors jusqu’à la victoire de la Révolution islamique en 1979, nous avons eu de grands débats sur la construction de l’État et la rédaction du système politique en Iran. C’est pourquoi le système politique actuel en Iran bénéficie d’un soutien qui remonte à plus de 100 ans.

Le système politique, les élections, la souveraineté populaire, les relations entre les pouvoirs, la relation des pouvoirs avec le Guide de la révolution islamique — tout cela a été clairement défini. Notre Guide martyr a géré l’Iran sous divers gouvernements, plus de 30 élections ont eu lieu en Iran. Il n’y a donc aucune ambiguïté dans les activités du Guide, dans ses relations avec les pouvoirs, dans sa direction des forces armées.

Et en particulier, notre cher Guide actuel, du fait qu’il accompagnait le Guide martyr, bénéficie de toutes les expériences qui se sont accumulées sur plus de 30 ans. L’expérience lui a été transmise. Il ne commence donc pas à zéro dans la gestion de l’Iran, il dispose d’une expérience suffisante. Et aujourd’hui les affaires sont sous son contrôle et nous avançons.

Seyed Mojtaba Khamenei, le Guide suprême de l’Iran, en tant que soldat volontaire sur les lignes de front de la guerre de 8 ans entre l’Iran et l’Irak au milieu des années 1980🇮🇷Seyed Mojtaba Khamenei , the supreme leader of Iran, as a volunteer soldier on the frontlines of the 8-year war between Iran and Iraq in the mid-1980s

Il est le commandant suprême des forces armées iraniennes. Il dirige le pays, il dirige les Gardiens (de la Révolution), il dirige l’armée et la police. À la tête de ces forces se trouvent les états-majors. Il y a une hiérarchie, et il commande l’ensemble de ces forces. Et également, les trois pouvoirs en Iran sont des pouvoirs indépendants — leur relation avec le Guide est très précisément définie dans la Constitution iranienne et a été éprouvée rigoureusement. C’est pourquoi, selon le discours des savants aujourd’hui, la République islamique s’est transformée en une institution solide, de la tête jusqu’à la base.

JOURNALISTE : Bien. Nous posons ici la question : quel a été l’impact du martyre de Sayed Ali Khamenei sur l’Iran ? Comment l’Iran a-t-il pu continuer après lui ? Cette période entre le martyre de Sayed Ali Khamenei et l’élection de Mojtaba — il y avait un pari américano-israélien sur la chute de l’Iran durant cette période.

GÉNÉRAL REZAEÏ : L’une des plus grandes problématiques de l’ennemi face à la République islamique — et en particulier les États-Unis — est qu’ils ne connaissent pas le peuple iranien et l’histoire iranienne de façon précise, et n’ont pas de connaissance des relations politiques intérieures en Iran.

Par exemple, lorsqu’il y a des manifestations, ils pensent que c’est comme dans les pays arrogants (impérialistes). Ils soutiennent alors les manifestants et s’attendent à la chute du régime. Mais la table se retourne contre eux, et les manifestants leur font face.

L’un des points importants en Iran, c’est la confiance des gens envers les différents gouvernements, sur la base de l’opinion du Guide de la société. Ils savent que lorsqu’il y a des divergences entre les différentes forces et pouvoirs en Iran, ils font confiance à la parole du Guide en Iran. Mais l’ennemi pense que c’est un indicateur de la chute du système iranien, et ce rêve ne s’est jamais réalisé et ne se se réalisera jamais.

Certains disent : « L’imam martyr est mort, comment la République islamique peut-elle continuer ? » Mais je vous dis que la République islamique continue d’une manière plus forte, et ces victoires ont été réalisées grâce à ce martyre.

Le processus de sélection du Guide de la Révolution islamique dépasse les personnes, les partis et les ailes politiques. Il n’y a pas de parti particulier, par exemple, qui se réunit et choisit le Guide. Pourquoi ? Parce qu’il y a le Conseil des experts, dont les membres sont élus par les voix du peuple. Et lorsque le peuple choisit ses experts, ceux qui ont la capacité de discerner le plus compétent pour diriger, le Conseil des experts étant composé de plus de 80 personnes. Le mandat de ce Conseil est de huit ans, et des élections sont organisées tous les huit ans. Lorsque le Guide de la Révolution islamique décède ou est martyrisé, ils se réunissent et étudient un certain nombre de candidats. Par exemple, dans cette élection, il y avait cinq ou six candidats à la direction. Mais la majorité des membres ont voté en faveur de Sayed Mojtaba Khamenei, dans un processus entièrement démocratique, sur la base de l’élection par le peuple de ses experts, et les experts du peuple choisissent le Guide. C’est pourquoi le choix du Guide en Iran ne revient ni à une personne, ni à un parti, ni à un clan particulier.

D’autre part, ce processus a duré neuf jours. Comment l’Iran a-t-il tenu et résisté pendant ces jours sans avoir de Guide ? Dans la plupart des pays, si les circonstances prenaient ce tour, des coups d’État se produiraient. Pourquoi n’avons-nous pas observé cela en Iran ? Parce qu’en Iran il existe un Conseil de direction, et ce Conseil gère les affaires du pays pendant la période de vacance du pouvoir. Le monde doit conclure que lorsque l’Iran a résisté pendant cette période, ils doivent en tirer la conclusion qu’il n’est pas possible de faire échouer ou de vaincre la République islamique. La République islamique est debout et résistante. Ces neuf jours — de l’assassinat du Guide martyr au choix du nouveau Guide — en sont la meilleure preuve. Sur cette base, les politiciens et le peuple aux États-Unis doivent blâmer Trump pour cela.

Le renouveau de la Révolution islamique

JOURNALISTE : Bien. Partant de cette réalité, sommes-nous aujourd’hui face à un Iran nouveau et une Révolution renouvelée ? Surtout pendant cette guerre, et les frappes douloureuses qu’a portées l’Iran — en particulier les frappes effectuées en réponse au ciblage des installations énergétiques et de l’île de Kharg — l’ampleur des frappes dirigées contre les installations énergétiques liées aux intérêts américano-israéliens dans la région a surpris tout le monde. L’Iran a-t-il donc abandonné aujourd’hui la politique de patience stratégique ?

GÉNÉRAL REZAEÏ : Oui, c’est exact, et c’est bien le cas. Nous ne reviendrons pas à l’Iran d’avant la guerre des 12 jours.

Il y a aujourd’hui deux modèles. Le premier modèle : Trump et Netanyahu veulent changer la carte de l’Asie occidentale (Moyen-Orient), et un grand nombre de pays souverains — ils veulent modifier leurs frontières : les frontières du Liban, les frontières de la Syrie, les frontières de l’Arabie saoudite, de la Jordanie. Ils veulent qu’Israël avance à nouveau vers le désert du Sinaï. Aujourd’hui, s’ils avaient réussi leur attaque contre l’Iran, ils auraient attaqué l’Égypte. Mais ils sont parvenus à cette conclusion qu’ils ne peuvent pas changer la carte de l’Asie occidentale sans vaincre l’Iran et changer la carte de l’Iran.

Et allons-nous aujourd’hui quitter le champ de bataille ? Même si nous le quittions, ils ne s’arrêteraient pas à leurs frontières actuelles. Ils voulaient diviser l’Iran en cinq États, l’Irak en trois États, la Syrie en trois États, et offrir le Sud-Liban jusqu’au fleuve Litani à l’entité occupante.

En face de ce modèle, nous avons un modèle et un dessein nouveaux, à savoir que les pays de la région doivent assurer eux-mêmes la sécurité de la région, et les forces étrangères — qu’elles soient américaines ou européennes — doivent quitter cette région. Nous pouvons assurer la sécurité de la région. Et nous voulons fonder un Conseil de sécurité de la région. Il y a de grandes puissances dans la région — l’Irak, l’Égypte, le Pakistan, l’Arabie saoudite. Nous pouvons assurer la sécurité de la région.

Pourquoi payer les frais de la guerre américano-chinoise ? Nous ne voulons pas entrer dans les équations des grandes puissances à l’Ouest ou à l’Est. Nous avons un plan et nous continuons à l’exécuter. Et nous sommes certains que les États-Unis déclineront jour après jour et finiront par tomber, que l’entité usurpatrice s’effondrera, et que la sécurité sera rétablie dans la région.

Les pays du Golfe : pays frères ou ennemis ?

JOURNALISTE : Bien. En parlant de la région, comment l’Iran perçoit-il aujourd’hui sa relation avec les pays de la région, surtout les pays du Golfe ? Et comment regarde-t-il aujourd’hui ces pays — les regarde-t-il de façon égale ? Car il y a aussi un débat sur les Émirats, sur l’alliance américano-israélo-émiratie dans la région. Comment l’Iran la traite-t-il ?

GÉNÉRAL REZAEÏ : La Révolution islamique a été une très bonne opportunité pour créer des relations fraternelles entre l’Iran et les pays du golfe Persique. Pourquoi ? Parce que nous avons renversé le régime du Shah, qui était allié à Israël. Nous l’avons renversé. Et en Iran, nous avons fait renaître l’Islam aux côtés du patriotisme iranien. Alors pourquoi les pays islamiques du golfe Persique n’ont-ils pas soutenu l’appel de l’Islam en Iran ? Pourquoi n’ont-ils pas accueilli favorablement notre combat contre Israël ?

Les pays du golfe Persique ont soutenu Saddam en Irak pendant huit années de guerre. Dans le détroit d’Ormuz, nous voyions et observions quotidiennement des navires battant pavillon koweïtien, qatari et émirati transporter des armes et des munitions à l’armée baasiste en Irak, qui nous bombardait. Ils passaient sous nos yeux dans le détroit d’Ormuz. Nous supportions, nous endurions, et nous disions qu’ils sont nos frères — mais les États-Unis les avaient incités.

Après la fin de la guerre irano-irakienne, avons-nous eu recours à la vengeance contre eux ? Avons-nous cherché à nous venger ? Non. Au contraire, les peuples bien-aimés de la région doivent savoir que plus de 600 milliards de dollars d’argent iranien sont allés vers les pays de la région — vers Dubaï, vers Abu Dhabi, soit en investissement, soit en commerce. C’est essentiellement avec l’argent iranien que les Émirats ont été construits et prospérés. Était-il juste que les Émirats s’allient à l’entité occupante et amènent ses espions aux côtés des îles iraniennes, amènent des espions israéliens aux côtés du territoire iranien ? C’est eux qui sont accusés.

Nos amis en Arabie saoudite — un groupe suspect a attaqué l’ambassade saoudite dans la région, et nos amis en Arabie saoudite se sont mis en colère contre nous, bien que cette action ne soit pas venue du côté iranien et que nous n’ayons pas cautionné cela. Mais après cela, avons-nous cherché à nous venger ? Nos amis au Pakistan ont renouvelé le pacte de fraternité entre nous et l’Arabie saoudite. Puis, dans l’affaire de l’ambassade, des tensions ont été soulevées. Et ensuite M. Shamkhani en Chine a conclu un accord d’amitié avec nos frères en Arabie saoudite.

Voyez : pendant toutes ces 47 années — malgré la coopération d’un certain nombre de ces pays avec Israël et leur participation à la guerre contre nous — nous ne leur avons pas demandé vengeance, nous ne nous sommes pas vengés. Et jusqu’à aujourd’hui, les bases américaines dans les pays du golfe Persique — si l’attaque contre l’Iran se fait depuis ces bases — quand ils nous attaquent, allons-nous rester assis à les regarder sans riposter ? Mais les Émirats, malheureusement, ont mal agi avec nous, et jusqu’à ce jour nous avons retenu notre colère. Mais ma question est : ce verset du Noble Coran que j’ai lu devant vous — ce verset béni dit que le prophète Abraham, paix sur lui, vous a nommés musulmans auparavant : « Il vous a nommés musulmans auparavant, et dans ceci, afin que le Messager soit témoin sur vous et que vous soyez témoins sur les gens. »

Et vous êtes témoins sur les peuples dans le monde. Ô musulmans, telle est la mission du Sceau des prophètes — il est de votre devoir de l’accomplir. À l’époque du Sceau des prophètes — que les prières de Dieu soient sur lui et sa famille — il vous appartient d’être un indicateur de sécurité et de justice dans le monde. Vous devez soutenir les musulmans et vous ranger du côté des musulmans combattants, et vous devez vous tenir aux côtés des musulmans.

Les Accords d’Abraham — cet accord est entre musulmans et non avec des non-croyants, car Abraham avait établi la réconciliation entre vous depuis longtemps. Est-il juste que, lorsque le Coran vous demande d’être témoins sur tous les gens dans le monde, certains se tiennent aux côtés de l’entité occupante ? 72 000 martyrs à Gaza, plus de 6 000 personnes ont perdu leurs membres à Gaza. Regardez le Liban, ce qui s’y passe. Certes, Dieu le Très-Haut n’est pas satisfait et est en colère pour cela. Le Prophète — que les prières de Dieu soient sur lui et sa famille — n’en est pas satisfait non plus.

Nous, les musulmans, nous devons nous tenir les uns aux côtés des autres. Comment pouvons-nous nous tenir aux côtés des ennemis ? Nous devons nous unir les uns aux autres et ne pas nous ranger du côté de l’incroyance.

J’espère — vous avez vu : quel soufflet nous avons donné sur la joue des États-Unis. J’espère que nous nous tiendrons les uns aux côtés des autres, solidaires, et que cette réconciliation sera entre musulmans et non avec les non-croyants.

Le Hezbollah et l’Axe de la Résistance

JOURNALISTE : Docteur Rezaeï, l’Iran souligne toujours la nécessité que tout accord de cessez-le-feu avec Washington inclue le Liban, bien entendu. Mais dans quelle mesure l’Iran peut-il s’en tenir à cette exigence ? Et quelle est la nature de la relation aujourd’hui avec la Résistance islamique au Liban ? Comment la décririez-vous ?

GÉNÉRAL REZAEÏ : La première fois que j’ai connu le territoire libanais, c’était à l’époque où Israël est entré au Liban et a avancé jusqu’à Beyrouth. Je m’y suis rendu avec un certain nombre d’amis et j’ai vu l’oppression du peuple libanais. C’est pourquoi le Hezbollah n’est pas celui qui a fait entrer la guerre au Liban, mais le Hezbollah est né dans les ruelles libanaises occupées. C’est pourquoi les propos du président libanais affirmant que le Hezbollah a provoqué la guerre sont incorrects. Non — le Hezbollah s’est formé pour défendre Beyrouth, et Beyrouth était la première capitale arabe où Israël est entré. C’est pourquoi le Hezbollah d’aujourd’hui, qui s’est formé pour défendre le Liban, est devenu un arbre solide et grand.

Bien sûr, nous avons été influents dans la défense du Liban et du peuple libanais, et dans la défense de l’armée libanaise. Et aujourd’hui également, j’annonce avec fermeté que nous nous tiendrons aux côtés du Hezbollah et que nous défendrons aux côtés du Hezbollah et du peuple libanais avec force, et nous défendrons l’armée libanaise sans jamais hésiter. Certainement, s’il y a un cessez-le-feu, il doit inclure le Liban également. L’ennemi n’a pas d’autre choix que d’accepter — il doit cesser toute agression contre le Liban.

Le Hezbollah a publié une vidéo humiliant les soldats israéliens et mettant en avant la puissance de ses drones, en écrivant : « Nous vous traquerons sans répit. »Tehran Times @TehranTimes79Hezbollah released a video humiliating Israeli soldiers and showcasing its drone power, writing: « We will hunt you down soon. »

JOURNALISTE : Il lui faut donc cesser ces agressions. Alors qu’est-ce que l’Iran cherche à dessiner aujourd’hui au niveau régional à travers ses ripostes aux agressions américano-israéliennes et à travers la consolidation de ces acquis après cette guerre ?

GÉNÉRAL REZAEÏ : Aujourd’hui, la discussion a deux aspects. Le premier est l’Axe de la Résistance — et Dieu merci, il y a une union au sein de l’Axe de la Résistance que nous soutenons : AnsarAllah (au Yémen), le Hezbollah, les Hachd Chaabi en Irak, et tous les membres de l’Axe de la Résistance défendent leurs peuples face au projet de « Grand Israël » et de changement de la carte de l’Asie occidentale. Nous considérons donc ces pays comme une partie de notre sécurité. Si Israël veut changer la carte des pays de la région, cela vise l’Iran également. Et parce que nous nous dressons en défense de l’Iran et en défense de l’Islam, nous nous tenons derrière l’Axe de la Résistance.

Mais l’autre aspect est la question de l’Iran lui-même : nous sommes sérieux dans la défense de l’Iran dans la région du golfe Persique et du détroit d’Ormuz. L’ennemi, à cause de sa perte du golfe Persique, s’est positionné en mer d’Oman et dans l’océan Indien. Mais ce n’est pas un endroit approprié pour se positionner. Les États-Unis avaient 16 bases dans la région, ils ne peuvent pas rester en mer d’Oman et dans l’océan Indien car il manquent de bases militaires dans cet océan et dans cette mer. L’avenir des États-Unis devant nous est donc tout à fait clair : il sera éliminé et disparaîtra, si Dieu le veut. Et l’avenir du chemin que nous avons emprunté est brillant et très honorable.

Malgré le respect immense du Hezbollah pour les symboles chrétiens et la haine que leur voue Israël, on nous bassine sur les « valeurs judéo-chrétiennes »

Israël, l’OTAN, le monde : les ondes de choc de la victoire iranienne

JOURNALISTE : Et qu’en est-il d’Israël aujourd’hui ? Israël avant le Déluge d’Al-Aqsa n’est plus le même qu’après, bien entendu. Comment l’Iran traite-t-il également cette menace ?

GÉNÉRAL REZAEÏ : L’entité occupante a commis un acte de suicide énorme. Si, par exemple, Israël avait encore 15 ans à vivre, ce pas de Netanyahu a raccourci la durée de vie d’Israël. Et ceux dans le monde qui soutenaient Israël sont devenus aujourd’hui des ennemis d’Israël. Et même les statistiques montrent une forte montée du niveau de l’hostilité à l’égard d’Israël. Et il est également évident qu’Israël a entraîné les États-Unis dans la guerre et leur a infligé des pertes considérables, dont a été privé le peuple américain à qui elles revenaient de droit — dans ces guerres, la première victime est l’entité occupante.

Cela ne signifie pas que si les États-Unis quittent la région, Israël peut survivre dans la région. Non : nous considérons l’entité occupante comme un projet terminé. Autrefois, les Britanniques étaient dans la région, et ils sont partis. Les Portugais étaient là, et ils sont partis. Les Américains partiront aussi. Et nous et vous, nous resterons dans la région. Et Israël doit prendre cela en considération.

L’autre sujet est que la victoire iranienne face aux États-Unis a conduit à une grande secousse et un grand tremblement de terre dans les relations politiques des États-Unis avec le monde. Premièrement, les relations américaines avec l’OTAN se sont affaiblies — il y a une grande fracture entre les deux parties. Aujourd’hui les pays arabes voient que ces coûts exorbitants que les États-Unis leur ont extorqué sont éphémères et disparaissant, et ils réfléchissent désormais au monde — à la région — sans présence américaine.

Et il en va de même de la relation des États-Unis avec le Canada, avec l’Occident, avec le continent d’Amérique du Sud, et même les relations américano-indiennes. Et aussi la fracture entre la Chine et le Japon s’est élargie. Et les Chinois pensent à prendre le contrôle de l’île de Taïwan. Et les tensions des Russes avec les Européens ont grandi. Et tout cela est le résultat de l’échec des États-Unis face à l’Iran, et la victoire de l’Iran a conduit à une grande secousse dans la région.

Trump montre que sa guerre en Iran a duré bien moins longtemps que d’autres guerres. Réponse d’une ambassade iranienne : « WAOUH, en effet ! Tu viens de montrer au monde qu’il est possible d’emballer plus d’humiliation en 6 semaines que l’Amérique n’en a absorbé dans toute son

JOURNALISTE : Bien. Je voudrais revenir avec vous, docteur Rezaeï, à Islamabad précisément. Qu’est-ce que l’Iran cherche à consolider dans toute prochaine session de négociations à Islamabad ? Et pourquoi refuse-t-il de discuter du dossier nucléaire et de ce qui concerne le programme nucléaire ?

GÉNÉRAL REZAEÏ : Dans la question du programme nucléaire, l’Iran ne parle avec personne. Dans la question du détroit d’Ormuz, toutes les affaires sont claires. Pour se libérer de la colère iranienne à leur égard, les Etats-Unis doivent aller de l’avant et gagner la confiance du peuple iranien. Le peuple iranien et le gouvernement iranien n’ont pas confiance dans les Américains. Et il y a des conditions préalables que les États-Unis doivent réaliser. Le chemin le moins coûteux pour les États-Unis est celui de la compensation des pertes iraniennes. Lorsque ces conditions seront réunies…

JOURNALISTE : Quelles sont ces conditions, Docteur Rezaeï ? Excusez-moi pour l’interruption.

GÉNÉRAL REZAEÏ : Nous les avons annoncées à travers les dix points, nous les avons annoncées précédemment, et le Premier ministre pakistanais les a annoncées à la partie adverse. Mais à cause des surenchères de la partie adverse, nous avons imposé une condition préalable que les États-Unis doivent remplir et réaliser.

JOURNALISTE : Sur cette condition spécifiquement, laquelle est-ce ?

GÉNÉRAL REZAEÏ : Je l’ai indiqué : nous avons environ 150 à 200 milliards de dollars de pertes que les Américains nous ont causées, et ils doivent payer ces pertes. Il y a des milliards de dollars aux États-Unis qui sont gelés — ils doivent les libérer. Et s’engager à ne pas répéter.

JOURNALISTE : Comment les négociations sont-elles gérées aujourd’hui, docteur Rezaeï ? Et comment l’Iran équilibre-t-il les volets militaire et diplomatique ?

GÉNÉRAL REZAEÏ : Le système iranien et l’équilibre qu’il réalise entre le champ de bataille et la diplomatie est un parcours défini. Et nous avons de très grandes expériences dans ce domaine, surtout la guerre de huit ans avec Saddam Hussein. Il y avait une équipe iranienne dirigée par le Dr. Velayati sur la voie diplomatique, et moi et le martyr Sayad Shirazi dirigions la voie militaire. Et Sayed Hashemi Rafsandjani représentait l’Imam Khomeini sur le champ de bataille. Et toutes ces questions étaient soulevées dans le Conseil de défense, puis les résultats étaient présentés à l’Imam Khomeini, et les décisions étaient prises. C’est une expérience qui a été couronnée d’un grand succès — nous en avons la pratique depuis huit ans, et nous en bénéficions aujourd’hui. Et le Guide de la Révolution islamique gère aussi bien le domaine diplomatique que militaire, les questions lui sont soumises, il présente ses opinions et elles sont appliquées.

JOURNALISTE : Bien. En parlant de Sayed Mojtaba Khamenei — les interrogations sont grandes aujourd’hui : pourquoi Sayed Mojtaba n’apparaît-il pas devant les gens en image et en voix ? Ce sont des questions que nous transmettons, bien entendu, de la part des gens.

GÉNÉRAL REZAEÏ : Cela se fera. Cela se réalisera. La raison est une question de plan sécuritaire et de protection, et la raison est claire : l’entité sioniste veut procéder à un certain nombre d’assassinats en Iran. Mais après cela, nous nous occuperons sérieusement de la question du Guide. Le Guide martyr n’acceptait pas que les choses soient compliquées à ce niveau, et il a été martyrisé dans son bureau. Et puisque nous voulons infliger de grandes pertes à l’ennemi américain et sioniste, nous prendrons la protection du Guide plus au sérieux, même s’il veut apparaître devant les gens.

32 millions d’Iraniens prêts à prendre les armes

JOURNALISTE : Bien. Mais malgré cela, les messages de Sayed Mojtaba Khamenei trouvent des oreilles attentives en Iran, surtout quand nous parlons du fait que depuis environ 70 jours, le peuple iranien continue de descendre dans les rues, d’être présent sur les places, créant ce tableau. Alors de quelle image parlons-nous aujourd’hui ? De l’Iran d’une Révolution renouvelée — peuple et direction confondus ?

GÉNÉRAL REZAEÏ : Il y a vraiment une Révolution et un renouveau qui se sont réalisés en Iran. Pourquoi ? Parce qu’un certain nombre de rideaux que les ennemis avaient créés pour voiler l’Iran — aujourd’hui nous avons arraché ces rideaux. Les rideaux de la falsification ont été arrachés. Et les gens ont vu de leurs propres yeux que Trump et Netanyahu, lorsqu’ils annoncent qu’ils veulent aider le peuple iranien, ont compris et réalisé qu’ils sont les véritables ennemis du peuple iranien.

Des milliards de dollars ont été dépensés sur des chaînes satellitaires et dans les domaines médiatiques, et les Iraniens lorsqu’ils sortaient d’Iran — ils ne leur permettaient pas de faire parvenir la voix de la vérité à ces gens. Mais ces rideaux se sont aujourd’hui déchirés. Et les gens ont bien compris qu’ils s’apprêtaient à voler le pétrole iranien, que ce sont des voleurs, et qu’ils veulent ramener l’Iran à l’âge de pierre et au passé lointain.

C’est pourquoi même ceux qui approuvaient auparavant Trump et Netanyahu sont descendus dans la rue en soutien à l’Iran.

JOURNALISTE : Bien. De là, on lit les 30 millions qui se sont enregistrés dans la campagne « Mon âme en sacrifice pour l’Iran ». Cette démarche également, comment peut-on la décrire — populairement, militairement, et face à cette agression continue ?

GÉNÉRAL REZAEÏ : Parmi ceux qui ont enregistré leurs noms — dont le nombre a atteint environ 32 millions —, environ 50% ont déclaré qu’ils sont prêts et disposés à porter les armes face aux ennemis. Et s’ils entrent en guerre avec les armes, qui peut les arrêter ? Leurs adresses sont là, leurs numéros de téléphone sont là. 15 autres millions ont déclaré qu’ils sont tout à fait prêts pour le soutien financier, le soutien culturel, et tout soutien pouvant être apporté en coulisses — dans la question de l’aide aux blessés, de l’acheminement de l’aide vers les lignes avancées et les lignes de front des batailles. Ces gens qui offrent leurs âmes pour l’Iran, c’est un indicateur manifeste dans cette Révolution.

JOURNALISTE : Après ce tableau dessiné par le peuple iranien, y a-t-il des craintes ou des indicateurs auprès des autorités en Iran aujourd’hui d’un retour des actes de sédition qui ont eu lieu précédemment, et sur lesquels le président américain et le Premier ministre de l’occupation ont récemment misé ?

GÉNÉRAL REZAEÏ : Après ces événements, il est naturel que leurs tentatives intérieures s’affaiblissent considérablement. Car une partie de ces manifestants et fauteurs de troubles ont eux-mêmes déclaré leur disposition à combattre les États-Unis — ceux qui avaient des objections il y a trois mois. C’est pourquoi nous n’avons que le désespoir pour les États-Unis — ils sont sans aucun doute désespérés. Ils essaieront encore une fois. La production de certains biens a peut-être diminué, les prix ont peut-être augmenté, et ils veulent ouvrir un compte sur ce sujet de la hausse des prix qui s’est produite en Iran après les frappes sur les installations pétrochimiques et les usines d’acier. Ils ont misé là-dessus pour faire sortir les gens dans la rue. Mais les mases qui descendront dans les rues crieront certainement : « Mort à l’Amérique ! » et « Mort à Israël ! »

JOURNALISTE : Malheureusement, nous arrivons à la fin de cette interview. Nous vous remercions de votre temps et de votre franchise, docteur général Mohsen Rezaeï, membre du Conseil de discernement de l’intérêt supérieur du régime. Chers téléspectateurs, nous sommes ainsi arrivés à la fin de cette interview exclusive. Que Dieu vous garde.


Source : Al-Mayaedeen, 6 mai 2026

(Traduction : lecridespeuples.substack.com)