Trop rarement je prends le temps de suivre ce qui se passe d’exceptionnel dans le monde artistique, puis d’en parler sur mon site faute de temps. Et je le regrette fort. Les crises mondiales qui nous accaparent ne nous permettent pas de nous consacrer à la culture et aux créateurs contemporains qui nous touchent. Pourtant, nous sommes tous sensibles à l’art et très inspirés quand nous rencontrons des artistes, des poètes, des musiciens avec qui nous avons bien des choses en commun, tels Gilad Atzmon, Roger Waters et bien d’autres. Les médias traditionnels ne parlent que d’auteurs déjà consacrés ou fabriqués par le marketing. Combien d’auteurs ou interprètes dont la qualité artistique n’a rien à envier à ceux qui sont devenus des icônes – tels que Bono, Sting, Pink Floyd ou David Bowie – restent méconnus du public ? Bien trop évidemment. Nos lecteurs sont nombreux à aller voir des spectacles, à écouter des concerts. Il nous revient de jouer ce rôle de contre info culturelle, de donner une chance à des artistes « hors du rangs » qui ont des choses à dire et ne sont pas encore sous les feux de la rampe. A nous de permettre leur éclosion. A nous de faire pont entre le public et des artistes talentueux et généreux de leur personne, qui font vibrer la fibre d’humanité en nous. A nous, de donner la chance au public, en soif d’un monde différent, de découvrir des artistes et l’horizon que leur créativité ouvre. Les prises de conscience et la transformation passent au moins autant par la poésie et un libre rapport à l’imaginaire, que par l’action. « Le XXE siècle sera spirituel ou ne sera pas », disait Malraux. Cela reste valable au XXIème. Gageons qu’il aurait volontiers ajouté, face à notre monde en crise, que ce siècle se doit d’être créateur, d’accorder une place centrale aux artistes, pour toucher à cette spiritualité que n’atteindront jamais ni les idéologies religieuses dogmatiques et récupérées, ni la politique. Que l’art soit une nourriture qui nous transforme. Aujourd’hui, nous avons le plaisir de mettre en lumière le groupe de rock théâtral Ciel A Vendre, créé à Genève. Un rock noir, poétique, mais aussi réflexif, dans la lignée des album-concepts de Pink Floyd et leur regard sur le monde. [Arrêt sur info]
Ciel A Vendre, une formation rock originaire de Genève, composée de 7 artistes très complets, à la palette étendue. Leur album, Les Pieds Dans Le Vide, aligne 16 titres, dont le premier extrait vient de sortir sous la forme du single Hors Du Rang.
Bruno Toffano – © – Copyright 2015
Le rock théâtral de Ciel A Vendre évoque un univers sombre et totalitaire où l’homme perd la raison. Un rock à la fois noir et poétique, et un rock réflexif dans la lignée des albums-concept des Pink Floyd et leurs performances élaborées. Avec une touche glam-rock, incarnée par des personnages-chanteurs engagés, dans le sillage de David Bowie. Texte français chanté et slammé. Hors Du Rang – déjà téléchargeable et disponible chez certains disquaires [voir sur Ciel A vendre] – est un single-coup de poing de l’album à venir Les Pieds Dans le Vide. Des titres qui parlent d’eux-mêmes…
Ciel A Vendre – Hors Du Rang
Vidéo YouTube
Chronique du showcase
Par Cecilia Hamel – auteur
Samedi 12 mars 2016, Ciel A Vendre vernissait, chez Dig it Records à Genève, Hors Du Rang, le single de son 1er album – Les Pieds Dans Le Vide, dont la sortie dématérialisée est prévue en juin 2016
A une demi-heure du mini concert de présentation, l’ambiance est animée et décontractée chez Dig it Records, la place pour circuler entre les travées de vinyles du disquaire suffit à peine. L’accueil des invités est chaleureux et soigné. Démarche pro de Ciel A Vendre, qui démontre une organisation parfaitement orchestrée pour aller à la rencontre de son public, en l’occurrence une brochette de professionnels, proches et connaissances ou suiveurs du groupe. Un seul imprévu mais pour la bonne cause : le dessinateur Nibe Mumba, créateur de l’icône visuelle de Ciel A Vendre, ne nous dédicacera pas ses petits lapins verts car son enfant a choisi de naître au même moment. C’est de bon augure!
Quelques perles d’un opéra glam rock contant une histoire noire en 16 titres
Le brouhaha s’atténue quand musiciens et chanteurs s’installent sur la scène, en formation réduite (5 sur 7). S’ensuivent 4 titres en version acoustique, du bon vrai rock qui se déchaîne, en français, des maquillages extravagants, de belles voix émouvantes, pour un aperçu éclair introduisant au dispositif de l’album et des concerts – déjà 7, alors que la galette n’est pas encore disponible! Chacun des 16 titres de l’album à venir est à prendre comme le chapitre d’une histoire. Le chanteur campe avec charisme les 2 personnages principaux, sortes de pseudo héros et anti héros ou de héros et son double – plusieurs niveaux de sens sont à l’œuvre, tandis que les deux chanteuses composent le reste de la fresque. Mais ce soir, une seule d’entre elles pour donner la réplique et qui emplit l’espace de sa voix cristalline.
L’univers totalitaire de Cendres-Ville, le dingue en cavale et l’inspecteur
Les titres offerts en avant-goût pour ce showcase – dont Hors Du Rang bien sûr, nous plongent dans l’univers de Cendres-Ville, où Norbert-l’inspecteur, qui y règne en maître, pourchasse Bernard-le-Fourbe, un fou en liberté qui sème la panique. Ces deux hommes qui s’affrontent semblent parfois un seul et même individu bicéphale… Sommes-nous dans le champ de bataille intérieur d’un être en pleine déchéance : l’inspecteur-héros d’un monde totalitaire dont la part d’ombre se déchaîne ; l’anti héros fou et fourbe qui a plus de points communs avec son rival qu’il n’y paraît ? Le doute est permis et induit par les jeux de piste distillés à travers l’enquête de l’inspecteur. Une réponse émerge dans le dernier titre interprété, Le Retour Du Coucou – qui clôturera aussi l’album à paraître.
Un polar rock et baroque entre cauchemar éveillé et conte initiatique
Le dernier titre interprété, déchirant et poétique, tranche sur la tonalité industrielle du rock qui précédait et nous laisse sur un personnage qui plonge. Les paroles nous évoquent des images d’asile psychiatrique et la référence au film culte Vol au-dessous d’un nid de coucou. La fêlure des apparences se produit, la frontière ténue entre Bernard-le-fourbe et Norbert-l’inspecteur vole en éclat comme un coup de théâtre. C’est le réveil d’un cauchemar ou le début d’un songe initiatique. Est-ce que tous les spectateurs présents ont pu saisir ce point d’orgue de la fable ? Car avec un texte dense, une scénarisation recherchée, une gestuelle chorégraphiée… le menu est déjà riche. De plus, Le Retour Du Coucou nous emporte ailleurs, ciselé par la présence du « hang », instrument rare qui ponctue de ses sonorités étonnantes (entre la harpe et le gamelan) l’entre laçage entre la plainte sourde du chanteur – Bernard et Norbert ne font plus qu’un – et les envolées aigues de la chanteuse-narratrice.
Quatre titres pour appréhender cet opéra glam-rock complexe et prenant, cela reste bref. Les invités auraient été preneurs de plus. Mais un showcase est fait pour mettre l’eau à la bouche. Objectif atteint. Il n’y a plus qu’à ronger son frein jusqu’à ce que Les Pieds Dans Le Vide soient dans les bacs des disquaires et sur les plateformes on line.
Cecilia Hamel | © – Copyright 2016
Site officiel: http://www.ciel-a-vendre.com/
https://www.facebook.com/ciel.a.vendre/
English version: Arrêt sur Info
Source: Arrêt sur Info






































































































































































































































