Gilad

Ce texte, écrit en 2013, analyse la manière dont l’accusation récurrente d’ « antisémitisme » est une manipulation destinée à faire taire ceux qui critiquent la politique répressive de l’Etat juif d’Israël. [Arrêt sur Info]

A la lumière du débat croissant lancé par des hommes politiques israéliens et des zélotes sionistes au sujet de la flambée alléguée d’un nouvel « antisémitisme », je veux affirmer aussi fortement que cela m’est possible ce qui suit : l’antisémitisme n’existe plus ! Dans le contexte de la réalité dévastatrice créée par l’Etat juif, l’antisémitisme a cédé la place à une réaction politique normale. Je ne nie pas que des biens juifs fassent parfois aujourd’hui l’objet de mutilations et de déprédations. Je ne nie pas que des synagogues soient attaquées, que des tombes juives soient brutalement profanées. Non. Ce que je dis, c’est que ces actes – totalement illégitimes – doivent être vus pour ce qu’ils sont, c’est-à-dire des réponses politiques et non des actes à motivation raciste, ni des crimes dont le mobile serait une haine « irrationnelle ». Dès lors qu’Israël est l’Etat du peuple juif et que les juifs eux-mêmes ne protestent pas collectivement contre les crimes perpétrés en leur nom (par cet Etat), toute personne juive, tout symbole juif et tout bien juif deviennent des intérêts israéliens et, par tant, des cibles potentielles pour des actes terroristes. Il incombe au peuple juif de prendre position contre leur Etat (juif) et de se dissocier de leur mouvement national zélote.

Si – imaginons – nous nous réveillons, demain matin, pour découvrir qu’une énième « cible molle » américaine (comme ils disent) a été pulvérisée, personne n’aura l’idée de suggérer qu’il s’agissait d’une « attaque anti-américaine à motivation raciste ». Nous serions naturellement enclins à penser que cet incident serait un « acte terroriste » contre des « intérêts américains ». Nos analystes politiques nous diraient sans doute qu’il s’agissait d’une forme de représailles contre le « colonialisme », l’ «expansionnisme » ou le « soutien au sionisme » américains, etc. etc. Les sionistes voulant qu’Israël soit perçu comme « une nation parmi les nations », nous ne devons en aucun cas les traiter comme des cas à part. Nous devons les traiter comme nous le faisons des Américains et des Britanniques, qui ont déjà pris conscience du fait que leur divers intérêts expansionnistes de par le monde sont exposés à une menace très sérieuse. Dès lors que nous commençons à partager l’exhortation des sionistes à considérer que la judaïté est une catégorie nationaliste plutôt que religieuse, alors, nous devons être logiques avec nous-mêmes et considérer que tout acte anti-juif est une réaction politique, et non une agression raciste irrationnelle. Autrement dit : le succès du sionisme annihile toute possibilité, pour l’antisémitisme, d’exister.

Cette dernière proposition choquera certains, parce que les sionistes ne cessent de nous répéter que l’antisémitisme est un phénomène croissant. Le sionisme est alimenté par l’antisémitisme. Les sionistes ont absolument besoin d’actes antisémites afin de justifier ce qu’ils affirment, à savoir que l’Etat d’Israël est la seule option possible, pour la survie des juifs. Les sionistes ont compris depuis fort longtemps que ce sont les actes antisémites qui poussent les juifs à accepter et à soutenir l’idée d’un Etat juif. En conséquence de quoi, pour promouvoir les intérêts sionistes, Israël doit générer un sentiment anti-juif conséquent. A cette fin, la cruauté envers les civils palestiniens est un des moyens favoris d’Israël. Ainsi, nous sommes confrontés à une sorte de cercle vicieux : les Israéliens commettent des atrocités contre les Palestiniens ; quelques sentiments anti-israéliens mûrissent et se manifestent sous la forme d’attaques verbales ou physiques sporadiques contre le peuple juif et des intérêts juifs ; les juifs, de par le monde, se sentent à juste titre menacés et ils ont tendance à soutenir de plus en plus Israël ; certains, parmi ces juifs, immigrent en Israël ; encore plus de terres palestiniennes sont confisquées ; la colère anti-juive s’accroît, dans le monde entier.

Tel est le mouvement perpétuel inventé par le sionisme. Hélas, il est sacrément efficace ! Il fonctionne sans interruption depuis les premiers jours du sionisme. Les dirigeants sionistes allemands furent très prompts à accueillir Hitler et le régime nazi (le Dr. Joachim Prinz, dans l’Allemagne de 1933, n’en est qu’un exemple parmi beaucoup d’autres). Parfois, c’est le Mossad lui-même qui a perpétré des agressions contre les juifs afin de les « pousser dans la bonne direction » (ainsi des attentats contre des synagogues, en Irak, dans les années 1950).

La perpétuation des sentiments anti-juifs à laquelle veille le sionisme a deux objectifs principaux. Le premier, c’est tout simplement de convaincre les juifs qu’Israël représente leur choix le plus sûr. Le second est plus intéressant : il s’agit d’empêcher toute possibilité de critiquer Israël. Les lobbies sionistes veulent faire passer toutes les opinions critiquant Israël pour une forme d’ « antisémitisme ». Les sionistes sont désormais très bien entraînés, ils sont devenus les maestros lorsqu’il s’agit de jouer sur la corde de la culpabilité des Gentils. Cette méthode est extrêmement efficace, parce que la majorité des Occidentaux ne voient pas la tromperie vicieuse qui est consubstantielle à l’identité sioniste. Le sionisme est fondé sur une cristallisation très spécifique de l’identité juive, qui prend la forme d’une synthèse entre la conscience raciale, la conscience religieuse et la conscience nationale.
Tandis qu’il est plus que légitime de critiquer toute forme de fondamentalisme raciste et de zèle nationaliste, les sionistes font de toute attaque contre leur entreprise une agression contre la religion juive ou la liberté de pensée, voire même contre le droit des juifs à l’existence.

Examinons quelques arguments typiques, développés aujourd’hui par les sionistes :

a. Le syndrome des « Sages de Sion » : les sionistes se plaignent que les juifs continuent à être associés à une conspiration visant à gouverner le monde au moyen de lobbies politiques, des médias et de la finance.
La suggestion qu’un tel complot puisse exister est-elle réellement une accusation infondée ? La liste ci-après est fièrement affichée par plusieurs sites ouèbes des juifs américains :
Les juifs dans l’administration Bush :
Ari Fleischer
Porte-parole de la Maison-Blanche
Josh Bolten
Vice-Directeur du personnel (Maison Blanche)
Ken Melman
Directeur Politique (Maison Blanche)
David Frum
Rédacteur des discours présidentiels
Brad Blakeman
Chargé de l’Emploi du temps à la Maison Blanche
Dov Zakheim
Vice secrétaire (Contrôleur) à la Défense
Paul Wolfowitz
Vice secrétaire à la Défense
I. Lewis Libby
Chef du cabinet du Vice-Président (Dick Cheney)
Adam Goldman
Chargé des relations avec la communauté juive (Maison Blanche)
Chris Gersten
Chef de cabinet du Secrétaire de l’Administration de la famille et de l’enfance
(HHS – Ministère de la Santé)
Elliott Abrams
Directeur du cabinet du National Security Council, chargé de la démocratie, des droits de l’homme et des opérations internationales
Mark D. Weinberg
Vice-secrétaire au Logement et à l’Urbanisme
Douglas Feith
Sous-secrétaire à la Défense pour les questions politiques
Michael Chertoff
Chef du service criminel au ministère de la Justice
Daniel Kurtzer
Ambassadeur des Etats-Unis en Israël
Cliff Sobel
Ambassadeur aux Pays-Bas
Stuart Bernstein
Ambassadeur au Danemark
Nancy Brinker
Ambassadeur en Hongrie
Frank Lavin
Ambassadeur à Singapour
Ron Weiser
Ambassadeur en Slovaquie
Mel Sembler
Ambassadeur en Italie
Martin Silverstein
Ambassadeur en Uruguay
Jay Lefkowitz
Conseiller en second auprès du Président (Bush) et Directeur du Conseil de Politique Intérieure

Que je vous rassure tout de suite : du temps de l’administration Clinton, c’était encore pire ! Bien que les juifs ne représentent que 2,9 % de la population des Etats-Unis, c’est le pourcentage ahurissant de 56 % qu’atteignait le nombre de personnes nommés à des postes politiques par Clinton. Ah bon : « une coïncidence », dites-vous ? Personnellement, je ne le pense pas.

Nous devons nous poser la question de savoir ce qui motive les juifs américains à conquérir une telle puissance politique ? Est-ce un souci sincère des intérêts des Etats-Unis ? Sous peu, le nombre des soldats américains tués en Irak ne cessant de s’accroître, le peuple américain commencera à se poser exactement cette question.
L’Amérique jouissant actuellement du statut d’unique superpuissance mondiale et tous les juifs ci-dessus déclinés se déclarant sionistes fervents, nous devons commencer à prendre très au sérieux l’accusation portée contre le peuple juif – à savoir : qu’il cherche à contrôler le monde. Il ne fait aucun doute que les sionistes, qui sont les juifs les plus radicaux, les plus racistes et les plus nationalistes entre tous, ont d’ores et déjà réussi à faire de l’Amérique l’exécutant d’une mission qui lui a été impartie par Israël. La superpuissance numéro un dans le monde n’existe qu’afin de garantir la prospérité et la sécurité de l’Etat juif. Sa prise de position unilatérale et pro-sioniste sur le conflit israélo-palestinien, le veto américain pavlovien contre toute résolution onusienne estimée « anti-israélienne », la guerre contre l’Irak et aujourd’hui les bruits de bottes contre la Syrie : tout cela ne laisse aucun doute quant au fait que les intérêts défendus aujourd’hui par l’Amérique sont les intérêts sionistes. Les juifs américains organisés ne cessent de tenir des débats autour de la question de savoir si « Les Protocoles des Sages de Sion » sont un document authentique ou, au contraire, un faux sans aucune valeur. Mais il est indéniable que les juifs américains s’efforcent bel et bien de contrôler le monde, par délégation. Jusqu’ici, ils s’en tirent très bien, en tout cas pour ce qui les concerne. La question de savoir si les Américains sont ravis au constat de la détérioration de la position de leur pays trouvera, n’en doutons pas, bientôt une réponse.

b. A l’occasion, les sionistes ne rechignent pas à avancer l’argument selon lequel, si le nationalisme juif est exécrable, il en va de même de tout autre nationalisme.

Pour ma part – désolé – je dirai que le nationalisme n’est pas le problème. Etre nationaliste – tout comme être religieux ou être un fan de musique punk -, c’est une question d’appartenance. En revanche, le nationalisme juif est totalement inacceptable, car il est basé sur des fondements racistes et sur le fondamentalisme religieux. Le sionisme, qui s’est fait passer – au début – pour un mouvement laïque, a développé des ambitions très concrètes relatives à la terre de Canaan. Ces aspirations se fondaient sur la promesse biblique. Et il est de fait que les sionistes ont été très habiles à faire des Saintes Ecritures un document juridique. Il s’agissait, là, déjà, de la pire distorsion possible du texte spirituel juif le plus sacré. Mais les sionistes ne s’en sont pas tenus là.

Si être juif est une question de « race » (vous êtes juif si – et seulement si – votre mère est juive), les sionistes pensent que l’ensemble de la Palestine n’appartient qu’au seul peuple juif. Pour dire les choses à la manière des sionistes, disons que la totalité de la Palestine appartient à l’ensemble de l’ethnie juive. Ce genre d’idée devrait nous rappeler la philosophie expansionniste des nazis. Mais il conviendra de nous souvenir que le sionisme est antérieur à l’idéologie nazie. C’est l’idéologie nationaliste juive qui a introduit la notion d’ « espace vital » et celle de l’expulsion des indigènes, bien des années avant la naissance d’Hitler. En toute logique, si le nazisme est considéré comme une Expression inacceptable du nationalisme, il devrait en aller de même en ce qui concerne le sionisme.

Mais attendez : il en faut plus, pour arrêter les sionistes ! Ils vont vous clamer, sur le ton des donneurs de leçon, que les juifs ont droit à l’autodétermination. Ils vont argumenter, disant que les juifs, comme toute autre nation, ont droit à un territoire. Qu’il en soit ainsi, ou non, peu importe. Quand bien même admettrions-nous que les juifs ont un droit à posséder un foyer national, ce foyer national ne saurait être créé sur le dos des Palestiniens, ou de qui que soit d’autre.

Nous avons, tous, une tendance naturelle à associer au nationalisme une référence géographique. Le peuple français, par exemple, ce sont les individus qui vivent en France, ou qui y sont nés. De même, les Américains sont des individus qui ont vécu en Amérique ou qui y sont nés. Mais lorsqu’il est question du nationalisme juif, il n’y a aucune revendications de liens géographiques, mais plutôt une notion particulière d’aspiration de nature géographique. Tout juif de Brooklyn (Ville de New York), ou de Golders Green (quartier de Londres, Grande-Bretagne) est éligible à la nationalité israélienne, au détriment du peuple palestinien. Cette forme de nationalisme est unique en son genre : il s’agit d’une forme de nationalisme colonialiste, raciste et expansionniste. Le nationalisme juif serait défini, de manière plus appropriée, comme un mouvement impérialiste international, spécialisé dans la colonisation de la Palestine.

Il convient de noter que le nationalisme palestinien est fondamentalement différent de sa contrepartie juive. Il s’agit d’un nationalisme multiculturel, fondé sur une société multiethnique. Le nationalisme palestinien a une assise géographique. C’est le fait de vivre en Palestine qui est constitutif d’éligibilité à l’identité palestinienne. Chez les Palestiniens, vous trouverez des Palestiniens juifs, des Palestiniens chrétiens de multiples chapelles, des Palestiniens musulmans appartenant, eux aussi, à des groupes différents. (En abordant l’identité palestinienne, je ne nie pas que la possibilité d’affrontements ethniques entre différents groupes soit réelle). Le nationalisme palestinien aboutit à une concrétisation dans une société arabe démocratique et multiethnique. Pas étonnant que le tyran américain soit tellement acharné à le détruire.

c. Les sionistes ne seraient pas contents du tout devant le recyclage des sempiternels vieux « slogans et clichés antisémites ». Ils seraient particulièrement choqués qu’on les blâme encore de la mort de Jésus (Ici, je fais allusion à la réaction de beaucoup d’organisations juives américaines au film de Mel Gibson : La Passion. Beaucoup de personnes, dans le monde entier, ont vu dans le siège imposé par l’armée israélienne à l’Eglise de la Nativité, à Bethléem, une tentative de tuer Jésus « à nouveau ».)

Permettez-moi de suggérer que, sans doute, il serait bon que nous regardions la vérité en face, une bonne fois pour toutes : oui, ce sont les juifs qui ont été les responsables de la mise à mort de Jésus, lequel, je le rappelle au passage, était lui-même un juif palestinien. Ceci étant rappelé, deux questions doivent être posées :

1. Comment peut-il se faire que des gens, vivant aujourd’hui, se sentent (ainsi) responsables, ou punis, pour un crime commis par leurs arrière-arrière-arrière grands-parents, voici près de 2 000 ans ? Je suppose que les juifs qui se mettent en colère lorsqu’on leur reproche d’avoir tué Jésus sont ceux qui s’identifient aux assassins de Jésus. Ce sont ceux qui commettraient à nouveau ce crime, si c’était à refaire, aujourd’hui. Ces juifs là s’appellent les sionistes, et ils ont déjà entamé leur dixième décade de crimes inhumains contre le peuple palestinien et le monde arabe. Le sionisme, pour ceux qui ne le sauraient pas, c’est la répétition de la pire époque de l’ère du judaïsme biblique. Il n’est dès lors aucunement surprenant que les sionistes aient sélectionné les chapitres les plus suicidaires de l’histoire juive (comme les épisodes de Massada et de la révolte de Bar Kochba) pour en faire les pierres angulaires de leur culture ressuscitée. Mais, d’un autre côté, force est bien de féliciter les sionistes pour leur logique. Ils assènent que l’ensemble de la Palestine appartient aux juifs parce que leurs ancêtres juifs y vivaient, voici deux millénaires. Les juifs qui tentent (plutôt mal que bien) de vivre sur les terres volées aux Palestiniens, de nos jours, considèrent être les mêmes que ces juifs qui vivaient en Palestine il y a deux mille ans. Cela explique sans doute pourquoi les sionistes montent sur leurs grands chevaux quand on les accuse des exactions de Judas. Ils sont piqués au vif, parce que ce sont, tous autant qu’ils sont, des Judas. Puis-je rappeler au lecteur que les Judas d’aujourd’hui possèdent des centaines de têtes nucléaires et qu’ils n’ont signé aucun traité international en matière de contrôle de ce type d’armes ?
2. Comment se fait-il que les juifs, qui ne cessent d’exiger du monde chrétien qu’il présente ses excuses pour son implication dans d’anciennes persécutions, n’aient jamais songé que le temps était peut-être venu, pour eux, de demander pardon pour avoir mis Jésus à mort ? Personnellement, je n’irais pas demander aux Italiens de s’excuser, au nom des Romains, pour la part qu’ils ont prise dans l’exécution du Christ, pour la simple raison que les Italiens ne se sentent pas le moins du monde offensés lorsqu’on accuse les Romains de cette mise à mort du Christ. Je dis simplement que, si un juif se sent offensé lorsqu’il en est accusé, cela ne fait que révéler son attachement aux tortionnaires. Il est sans doute grand temps, pour l’Etat juif, de demander pardon, au nom du peuple juif, pour leur comportement immoral.

J’imagine aisément que la réalité linguistique que je vais exposer ci-après est ignorée par la plupart des non-juifs. Les juifs n’emploient pas le nom « Jésus » lorsqu’ils font référence au Christ. En lieu et place, ils utilisent le mot hébreu « Yeshu », qui signifie : « Puisse sa mémoire être effacée à jamais » [ce nom est l’acronyme de l’expression suivante : Yeshu = « Yimach Shemo Vzichro »]. Je ne peux imaginer un seul instant que la plupart des juifs ordinaires ignorent l’étymologie du surnom de Jésus : Yeshu. En hébreu, dans la hiérarchie des insultes, c’est la plus grave et la plus infamante. Cette combinaison de mots est généralement employée à la suite des noms d’Hitler et d’autres monstres du même acabit. Ainsi, il appert que Jésus est considéré par les maîtres spirituels juifs représenter l’incarnation du mal absolu. Je me demande souvent : si Jésus était aussi horrible qu’Hitler (aux yeux des rabbins), pourquoi, alors, les juifs sont tellement offensés lorsqu’on les accuse de l’avoir tué ? Pourquoi ne considèrent-ils pas sa mise à mort comme le chapitre le plus glorieux de leur histoire ?

d. Les sionistes sortent toujours de leurs gonds lorsqu’on les compare aux nazis. Ils disent aussitôt qu’affirmer « les victimes d’hier sont devenues les bourreaux, aujourd’hui » est une forme de « déni de l’Holocauste », de « négationnisme », et ils avancent même que le fait de présenter Israël comme la source de tous les maux reviendrait à justifier l’Holocauste. A ma grande honte, je dois bien avouer que le comportement d’Israël explique pour partie les persécutions subies par les juifs à travers les siècles. Sans doute le temps est-il venu de faire un sort à la notion de « déni de l’Holocauste » ?

Les Occidentaux redoutent plus que tout d’être associés à une quelconque forme de déni de l’Holocauste. Dans certains pays, le négationnisme est un crime légal. Des années durant, j’ai affirmé que le négationnisme n’est pas un sujet particulièrement intéressant, parce qu’il s’agit d’une notion bien trop large. En pratique, quiconque tente de s’opposer à l’interprétation sioniste officielle de la Seconde guerre mondiale devient immédiatement « négationniste ». Certains sionistes sont même allés jusqu’à accuser Roberto Benigni de négationnisme après qu’il eut produit son chef d’oeuvre : La Vie est Belle [Grand Prix du Jury – Cannes 1998, ndt].

Certes, pendant un bon bout de temps, les sionistes ont accumulé les succès. Ils ont réussi à empêcher que le monde étudie l’histoire du sionisme. Peu de gens, en Allemagne, en Israël ou n’importe où ailleurs, sont au courant de la collaboration intense entre les sionistes et les nazis, avant et pendant la Seconde guerre mondiale. Je ne suis pas historien et la question de savoir si ce sont plutôt 6 millions de juifs ou plutôt 5 500 000 qui sont morts dans l’Holocauste n’est pas mon principal souci. Pour moi, le fait de tuer est en soi une catastrophe, et une « tuerie en série organisé par un Etat » est une catastrophe colossale, absolument insupportable. C’est pourquoi la forme de négationnisme qui me dérange réellement est celle qui consiste à nier l’Holocauste, en cours, des Palestiniens. Cet Holocauste est attesté, il est couvert, jour après jour, par les médias occidentaux. La transformation des villes palestiniennes en camps de concentration ; le fait de pousser délibérément la population palestinienne à la famine ; le refus de secours médicaux à des civils palestiniens ; un mur qui déchire la Terre sainte en cantons isolés et en bantoustans ; le bombardement incessant des civils par l’armée israélienne – tout cela, tout le monde le sait. Cet Holocauste est perpétré par l’Etat juif avec le soutien de la juiverie mondiale. Cet Holocauste, en dépit du fait qu’il est bien couvert par les médias, est encore largement ignoré. Il s’agit là de la forme la plus grave de négationnisme. Plus : je soupçonne les sionistes de soulever la question du négationnisme afin de tenter de cacher leurs propres atrocités derrière ce rideau de fumée. Les sionistes : voilà qui il faut accuser. De commettre un holocauste. Et d’être les premiers à le nier. Et il faut les condamner.

Israël et l’entreprise sioniste sont les principaux responsables de toute outrance anti-juive. Il est grand temps, pour les juifs, de se dresser contre leur mouvement nationaliste. Il est plus que temps, pour le monde, de se dresser contre les crimes du sionisme. Comme l’a montré un sondage récent effectué dans l’Union européenne, 58 % des Européens voient dans Israël la plus grande menace pesant sur la paix mondiale. Ils ont ouvert les yeux, ils voient juste. L’Etat juif doit être stoppé. Le plus tôt sera le mieux.

Je sais ce que les sionistes vont me dire : ils vont tenter de remettre leur argumentation au goût du jour et affirmer que le véritable antisémitisme est en réalité une haine aveugle envers les juifs, quoi qu’ils fassent, quelles que soient leur politique ou leurs exactions. Ils vont me dire qu’un juif est haï, pour la seule raison qu’il est juif. Je leur répondrai que, même si une haine telle qu’ils disent pouvait exister, rien n’autoriserait à la qualifier d’ « antisémitisme ». C’est de la xénophobie, telle que la définit le Dictionnaire d’Oxford : « un dégoût ou une crainte intenses à l’égard de personnes étrangères. »

Peut-être que les juifs ne sont pas aussi uniques qu’ils le prétendent, finalement

Gilad Atzmon, 16 décembre 2003

(Traduit de l’anglais par Marcel Charbonnier)

Source: http://www.silviacattori.net/spip.php?article5844

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