Par Willy Wimmer, ancien secrétaire d’Etat au Ministère fédéral allemand de la Défense

Traduit de l’allemand par Horizons et débats

Durant la Guerre froide, il n’y avait aucun problème à expliquer l’importance de l’OTAN. Le Soviet Military Power, édité par le Pentagone et garni d’images et de constatations impressionnantes, nous fournissait une importante argumentation. Du moins, c’était le cas pour les partenaires de l’alliance en Europe de l’Ouest. On n’a réalisé que beaucoup plus tard qu’il y avait quelque chose de louche là-dedans, ceci en observant le comportement de l’époque et d’aujourd’hui des partenaires nord-européens de l’OTAN. En ce temps-là, il n’y avait aucune prise de position de l’Alliance sans que Danois et Norvégiens exprimassent très fort leurs opinions personnelles. La menace remarquée par l’Alliance, relative au Pacte de Varsovie, était généralement vue différemment et d’une façon moins grave à Copenhague ou/et à Oslo. Pourtant, les armées de blindés étaient véritablement face à face. Depuis l’apparition du Danois Rasmussen et du Norvégien Stoltenberg, nous devons constater en Europe centrale un changement complet des mentalités, soit une mutation en va-t’en-guerre suprêmes sur ordre de l’OTAN. Comment doit-on s’expliquer cela, notamment au regard du passé?

Etats-Unis en 1988: l’armée rouge en Europe centrale a un caractère purement défensif

Il faudra y réfléchir, quand au cours de la semaine de Saint Nicolas de l’année 2017 le contrat du belliciste Stoltenberg auprès de l’OTAN sera prolongé de deux ans. Mais ce n’est pas tout. Encore en 1988, le gouvernement américain déclara que même la présence massive du Pacte de Varsovie et notamment de l’armée rouge en Europe centrale avait un caractère purement défensif. Il s’agissait de «protéger la petite mère Russie» comme conséquence des expériences faites avec Napoléon et Hitler. Malgré tout ce qui avait compté au cours des décennies précédentes comme la «bible de l’OTAN», les partenaires de Washington niaient toute intention agressive envers le Pacte de Varsovie dominé par Moscou.

Politique américaine actuelle: un mur de séparation doit à nouveau diviser l’Europe

Et aujourd’hui? Les archives de Washington montrent clairement à quel point l’Occident, uni par la force au sein de l’OTAN, a rompu sans pitié toutes les promesses sur la non-extension de l’OTAN. Pire encore, comme le montre le réarmement par les Américains en Europe centrale et orientale soutenu par nous tous. C’est la politique déclarée des Etats-Unis de séparer à nouveau l’Europe par un mur allant de la mer Baltique à la mer Noire. S’il n’est pas encore possible d’éliminer la Russie, elle doit du moins être exclue du bon voisinage. Mais il faut prendre en compte encore deux autres éléments. Dans des Etats comme l’Ukraine, les démons du passé nazi sont revitalisés à l’aide de l’OTAN et de l’UE. Le regard non seulement à «droite», mais «vers l’Est». En Ukraine et selon Spiegel online aussi en Hongrie avec des liens dans d’autre camps. Des liens évidemment peu avouables qu’on ne peut ni imaginer ni croire …

Le bellicisme de l’Occident …

Si le gouvernement des Etats-Unis avait attribué, à notre plus grande surprise, au Pacte de Varsovie en pleine guerre froide un caractère purement défensif, on ne peut certes pas dire la même chose de l’OTAN actuelle à la frontière occidentale de la Russie. Le bellicisme de l’Occident est trop palpable depuis la guerre d’agression contre la Yougoslavie. Le caractère exceptionnel des Etats-Unis s’est distingué, depuis la fin de la guerre froide, uniquement par son abstention de tout engagement pour la paix et l’entente. Aux yeux de Washington, le monde représentait uniquement les conditions-cadres pour sa propre industrie d’armement, comme le démontre de manière remarquable le rejet de toute engagement pour la paix en Europe et en Asie du Nord-Est.

… et le rôle de l’UE

Et qu’en est-il de l’Europe de l’Ouest transformée, sous le joug de l’Union européenne, en une machine de destruction d’Etats? Aujourd’hui, l’adhésion à cette UE ne signifie plus la protection durable des valeurs fondamentales. Il est bien possible qu’un pays ne soit un jour plus en mesure de se gérer lui-même, de protéger son territoire national, son autorité étatique et sa population. Pour garantir cela, les peuples se sont déclarés d’accord d’accéder à l’Union européenne d’aujourd’hui et ont même salué ce pas avec joie.
Nous devons cependant constater qu’aujourd’hui ce consentement est utilisé pour créer autre chose. Quiconque se réfère aux éléments constitutionnels de cette Union européenne, est marginalisé sans pitié par les dirigeants et leurs troupes de choc de la presse, puis, au mieux, méchamment dénigré en tant que membre de l’extrême droite ou des nazis. Les frontières ne sont plus gardées et quiconque se permet d’émettre une critique au sein du Bundestag se fait injurier et ridiculiser. L’autorité étatique se manifeste quand des personnes âgées sont mises à l’amende à Düsseldorf lorsqu’ils s’asseyent sur un banc d’arrêt de bus, ou lorsqu’une ancienne nation modèle de l’industrialisation n’est plus capable de terminer la construction d’un aéroport, ou lorsque la «Deutsche Bahn» échoue à placer des trains opérationnels sur les rails. Pendant ce temps, les frontières allemandes sont libres d’accès. Des concitoyens turcs démontrent, comment on peut pousser à l’extrême la lutte contre son ancien pays d’origine, grâce au fait que la citoyenneté allemande est octroyée trop facilement. Le peuple, auquel ont été consacrées des lettres dorées sur le Reichstag, n’est plus que témoin de la transformation de son pays en un Etat multiethnique.

Un mort-né européen: l’union militaire

La semaine passée, un mort-né supplémentaire, sous forme d’une union militaire, a été baptisé. Est-ce que c’est ainsi que nous voulons contribuer à la paix dans le monde? L’ancienne Union d’Europe occidentale était en fait un excellent exemple de comment réaliser cela. Tout le monde s’était mis d’accord pour une défense légitimée uniquement par la Charte des Nations Unies. C’était pour la défense, non pas pour la projection de pouvoir global, afin d’être à temps prêts à participer à la prochaine guerre américaine dans le monde avec une alliance de guerre européenne.
Notre choix est manifestement de pouvoir choisir entre les intérêts anglo-saxons et français pour lesquels nos soldats sont envoyés au combat. Le Proche- et le Moyen-Orient pour les Anglo-Saxons, l’Afrique pour le «shooting star» français, récemment décoré à Aix-la-Chapelle? Un engagement clair pour la défense de l’Europe de l’UE devrait remplir au moins une condition: on devrait toujours se préoccuper de la situation, dans laquelle on se trouve et faire des déclarations claires sur comment le monde devrait se présenter. Suite à cela, on pourrait définir le montant que chaque pays aurait à verser pour la défense commune. Mais aucun des chefs d’Etats et aucun des gouvernements dans cette UE agressive ne veut cela. On préfère développer des projets de pouvoir global faisant grimper les budgets militaires. En tant que citoyens, nous ne pouvons pas même choisir, si notre argent est utilisé pour les victimes des guerres déclenchées par nous-mêmes ou pour les guerres elles-mêmes. Dans tous les cas, l’argent a disparu et nous sommes forcés par nos gouvernements de financer notre assurance vieillesse nous-mêmes. Même la question du déclenchement d’une guerre ou non, n’est plus décidée par le peuple souverain. L’UE nomme des commandants militaires créant des zones de tension et de guerres en outrepassant les Parlements et sans respecter les frontières des Etats, soumis au bon vouloir des Anglo-Saxons ou des Français laissant les blindés aller et venir.

L’éclatement est préprogrammé

Ils ont bien existé, ces excellents fonctionnaires ministériels allemands. Un exemple en était le dirigeant ministériel Hans Ambos qui était mandataire du système pour les avions de combat «Tornado». C’est à lui que nous devons de savoir que, pour la dernière augmentation de 5% de la puissance de combat, il aurait fallu débourser 100% du prix d’achat de ces avions, ce qui aurait représenté l’éclatement du budget fédéral. Avec une UE ne reconnaissant et n’acceptant plus les citoyens comme le souverain et le garant de la paix, l’éclatement est préprogrammé.    •
(Traduction Horizons et débats)

Source: Horizons et débats

L’OTAN continue de préparer sa zone de déploiement en Europe de l’Est

Des mesures en faveur de la paix sont de plus en plus urgentes

Depuis quelques années se déroule en Europe de l’Est un déploiement militaire stratégique et sournois de l’OTAN. L’Union européenne et les Etats alliés à l’OTAN n’ont, jusqu’à ce jour, pas réussi à arrêter ce processus. Dès le coup d’Etat de Kiev au printemps 2014, il est apparu évident que la politique internationale des Etats-Unis visait à «encercler» la Russie et à y faire participer les Etats européens. La réunion des ministres de la Défense des Etats membres de l’OTAN, et la réunion consécutive des ministres de la Défense de l’Union européenne de début novembre à Bruxelles ne laisse planer aucun doute sur le caractère agressif de leur politique. 

«Il est également évident qu’à l’ère nucléaire, un conflit guerrier ne met pas en cause uniquement l’existence de l’Europe. La Russie a déclaré sans équivoque qu’elle utilisera des armes nucléaires au cas où son propre territoire serait attaqué militairement.»

rt. Le déploiement militaire de l’OTAN le long de la frontière russe est clairement visible dès 2014, et continue à l’être. Horizons et débats a déjà donné des informations au sujet des déplacements en juin 2017 de blindés des ports allemands de la mer du Nord à travers l’Allemagne et l’Autriche vers l’Europe de l’Est. 500 véhicules blindés britanniques et américains furent transportés dans des Etats limitrophes de la Russie. Depuis 2014, les médias ont maintes fois mentionné des transports militaires transitant par les ports allemands tels Bremerhaven. Avec la présence renforcée de forces spéciales américaines en Europe de l’Est, on a atteint une nouvelle étape des préparatifs pour des opérations militaires (cf. Horizons et débats n° 29/30 du 27/11/17).

Voies de transport pour l’OTAN

Lors de la réunion des ministres de la Défense de l’OTAN du 8 et 9 novembre à Bruxelles, on a officiellement décidé de renforcer les infrastructures militaires à l’Est afin de pouvoir déployer les troupes plus rapidement. Les frontières nationales ne doivent plus présenter d’obstacles «bureaucratiques». Cette maniabilité sans frontières représente un «modèle exemplaire» de la coopération entre l’OTAN et l’UE (dixit le secrétaire général de l’OTAN Jens Stoltenberg, «Neue Zürcher Zeitung» du 9/11/17). En outre, on prévoit d’installer deux nouveaux quartiers généraux de l’OTAN. Quiconque se rendait récemment en voiture dans les pays d’Europe orientale a remarqué avec étonnement diverses nouvelles autoroutes bien construites et très peu utilisées.

Développement accéléré de l’armée de l’UE

Parallèlement aux décisions prises par l’OTAN, 23 des 28 ministères de la Défense des Etats membres de l’UE ont décidé, le 12 novembre, d’intensifier l’intégration de leurs armées (Pesco), y compris l’Autriche neutre. Il a notamment été convenu d’augmenter chaque année les dépenses militaires, de faire avancer les projets européens d’armement et de créer pour de bon la troupe d’intervention rapide de l’UE planifiée depuis longtemps. La Grande Bretagne, le Danemark, l’Irlande, Malta et le Portugal n’ont pas signé cet accord.

La Russie n’est pas intéressée à un conflit militaire

Les médias ne s’intéressent pas à connaître le nombre de troupes et d’armes ayant déjà été déployé en Europe orientale. En réalité, les nombreux exercices de l’OTAN ou d’Etats membres de l’OTAN dans la région ne servent pas uniquement à l’entrainement en cas d’urgence, mais également à développer des infrastructures et la mise à disposition de matériel de guerre. Selon l’avis d’experts militaires, le potentiel actuel de l’OTAN n’est pas (encore) suffisant pour une attaque. Cependant, avec toute augmentation du potentiel en place, le danger de guerre augmente.
Contrairement au secrétaire général de l’OTAN, le Norvégien Jens Stoltenberg, l’expert militaire et ancien conseiller de longue date du chancelier allemand Erich Vad conteste le fait que la Russie puisse représenter une menace militaire. La Russie est plutôt intéressée à une coopération avec l’Occident (cf. «Luzerner Zeitung» du 16/11/17).

La guerre économique est en cours

Parallèlement au déploiement de l’OTAN, les Etats-Unis exigent que soit menée une guerre économique contre la Russie. Celle-ci n’affaiblit pas seulement la Russie, mais également la conjoncture de nombreux Etats européens (alors que l’industrie américaine est toute contente de reprendre un grand nombre de ces commandes). En outre, la centrale bruxelloise a commencé, sur insistance de quelques Etats membres de l’UE, de prendre des mesures contre le projet allemand de gazoduc «Nord-Stream 2». Ce projet peut assurer un approvisionnement complémentaire en énergie pour une grande partie du continent. Sinon, il faudra acheter le gaz manquant aux Etats-Unis, à des prix plus élevés…

Construction de stéréotypes par les médias

Depuis 2014, des observateurs spécialisés constatent que les médias mainstream renforcent à nouveau systématiquement les réflexes et les stéréotypes antirusses au sein de la population (cf. Hofbauer, Hannes. Feindbild Russland. 2016, ISBN 978-3-85371-401-0). En général, les historiens considèrent un tel conditionnement comme étant des préparatifs de guerre typiques. Il est déjà très bien documenté que les grands médias européens reprennent sans broncher les objectifs transatlantiques (Krüger, Uwe. Meinungsmacht. 2014, ISBN 978-3-869621241 ou www.swisspropaganda.ch).

L’Europe, un champ de bataille potentiel

Depuis que le document stratégique de Barnett issu du Pentagone est discuté publiquement, on arrive à mieux saisir les réflexions stratégiques à l’origine de nombreux conflits. Il semble qu’il ne s’agit plus de «gagner» des guerres dans le sens traditionnel, mais d’engouffrer des régions entières dans le chaos (Irak, Afghanistan, Yémen, etc.) pour les mettre hors de combat ou pour les contrôler (Barnett, Thomas P. M. The Pentagon’s New Map, War and Peace in the Twenty-first Century. Putnam Publishing Group 2004).
Il est peu probable que dans les capitales européennes, on n’ait pas encore réfléchi aux risques d’une tension croissante et continue avec la Russie. Les politiciens et les militaires européens savent eux aussi parfaitement qu’un futur champ de bataille couvrirait des territoires russes et de grandes parties de l’Europe (mais certainement pas des Etats-Unis).

Pousser l’anticipation jusqu’au bout

Il faut donc se poser la question de savoir si les dirigeants russes accepteront sans nécessité une guerre sur leur propre territoire. Tout gouvernement responsable protégera sa population et n’acceptera pas de l’exposer à un conflit imminent sur son propre territoire. La Russie a vécu et souffert de telles situations à plusieurs reprises. Où donc les dirigeants russes transféreront-ils, à l’ère des «troupes d’intervention flexibles», un futur champ de bataille? A Francfort, à Paris ou à Zurich …? En Syrie, l’armée russe a démontré qu’elle est capable de contrôler militairement de vastes territoires éloignés, d’y maintenir le contrôle et de les protéger par des systèmes d’armements perfectionnés.
Il est également évident qu’à l’ère nucléaire, un conflit guerrier ne met pas en cause uniquement l’existence de l’Europe. La Russie a déclaré sans équivoque qu’elle utilisera des armes nucléaires au cas où son propre territoire serait attaqué militairement.

Tirer les conséquences

Dans la situation politique tendue de fin 2017/début 2018, il faut consciemment exiger plusieurs mesures menant à une désescalade. Mais cela demande une volonté politique sincère de toutes les personnes concernées. Il y aurait suffisamment de possibilités. Les observations militaires mutuelles dans le sens de mesures de confiance pourraient massivement être développées et élargies. Pour réduire les tensions, le nombre de réunions régulières dans le cadre de l’OSCE pourraient rapidement être multiplié. Le boycott insensé de la Russie peut rapidement être levé, afin de créer une «transformation par le commerce». L’Europe pourrait émettre des signaux clairs dans cette direction. Ceci serait un premier pas en direction d’une désescalade, pouvant débuter aujourd’hui déjà. Ces mesures seraient également les bienvenues auprès des forces raisonnables d’outre-Atlantique!    •

Repenser le rôle de la Suisse

rt. De plus en plus, il est nécessaire d’ajuster les coordonnées de la politique étrangère et de défense de la Suisse, pour ne pas se trouver dans le collimateur de réflexions géopolitiques et militaires. Certes, la situation était chaque fois différente en 1848, 1870, 1914, 1939, 1989 et en 2001. Mais la stratégie raisonnable de rester neutre est toujours la même, même en cette année commémorative des 600 ans de Saint Nicolas de Flüe. Pour cela, il faut réagir à temps et de manière très sensible aux signes extérieurs, pour rendre (à nouveau) la Suisse apte à contrecarrer toute tentative de malveillance à son égard.

«Complexe militaro-industriel»

rt. Selon la dernière publication (avril 2017) de l’institut suédois Stockholm International Peace Research Institute (SIPRI), les dépenses militaires mondiales ont encore augmenté au cours de l’année passée. Depuis 2010, les chiffres ne cessent d’augmenter. En 2016, les Etats ont dépensés 1686 milliards de dollars pour leurs armées. Plus de la moitié du chiffre d’affaires mondial profite aux grands groupes d’armements américains. Les raisons primordiales pour ces ventes sont l’augmentation du nombre de régions en conflits et la modernisation des systèmes d’armement. En comparant les dépenses des pays dans ce domaine, il s’avère que les Etats-Unis déboursent davantage que l’ensemble des huit Etats suivants (Chine, Russie, Arabie saoudite, Inde, France, Royaume-Uni, Japon, Allemagne).
Il est donc facile de déterminer les profiteurs du réarmement et de l’escalade militaire dans le monde. Ce sont les grands groupes du «complexe militaro-industriel», terme utilisé, à titre d’avertissement, par le président américain sortant Dwight Eisenhower en 1961. Il voulait ainsi caractériser les étroits liens personnels entre l’industrie militaire et la politique. Les entreprises américaines principales sont Lockheed, Raytheon et Boeing. En Europe, les grands groupes s’appellent, entre autres, EADS/Airbus Group, Dassault ou Krauss-Maffai. Naturellement, ce sont aussi tous les actionnaires de ses entreprises qui «profitent» de ces «affaires». Cependant, il est peu probable que tous les actionnaires européens pourront personnellement profiter de l’augmentation fulgurante de la valeur de leurs actions après le déclenchement d’une nouvelle guerre dans nos contrées.

Source: Horizons et débats

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