Notes de voyage politiques

 Par Beat Schneider

A peine installé dans l’avion d’Air China, je ressens les conséquences de la géopolitique. Comme la Chine ne participe pas aux sanctions contre la Russie, nous pouvons traverser le secteur aérien eurasien et gagner ainsi quelques heures par rapport aux avions SWISS, qui appartiennent à un pays qui applique les sanctions. Je laisse derrière moi un Conseil fédéral qui a abîmé imprudemment la neutralité suisse.

Le long de l’axe eurasien

L’Eurasie, qui s’étend de l’Europe à la Chine en passant par la Russie, l’Asie centrale et l’Iran, est la région la plus peuplée et la plus riche en ressources de la planète et revêt donc une grande importance stratégique. Les Etats-Unis font tout pour empêcher la création d’un axe eurasien: élargissement de l’OTAN vers l’Est et blocage de la coopération germano-russe. Dans la guerre par procuration ukrainienne, la Russie est dans le collimateur, mais la cible principale est la Chine, contre laquelle les Etats-Unis préparent ouvertement une guerre. Pour le Pentagone, ce n’est plus qu’une question de temps. Et maintenant, descendons sur Pékin!

Beaucoup d’idéologie et de moralisme

En Chine, je sens après quelques jours un relâchement de la tension que j’ai emportée avec moi. Chez nous, il règne un climat surchauffé, presque comme au temps de la guerre froide. Les médias grand public sont – avec quelques nuances – alignés et mobilisent contre les opinions divergentes. Cela suinte l’idéologie et les déclarations moralisatrices. L’ambiance est plutôt pessimiste et déprimante. Je remarque que les gens ici sont plus détendus et moins idéologiques, en quelque sorte plus sobres et pragmatiques. Des études occidentales décrivent en outre la majorité des jeunes Chinois comme optimistes face à l’avenir. Le monde à l’envers! Je pense que l’un des plus grands défis pour les dirigeants chinois est de trouver des moyens d’attirer les jeunes, toujours à nouveau. Un défi auquel toute société est confrontée.

Dans le parc du Temple du Soleil

Lors de mes voyages en Chine, j’ai pris l’habitude de me lever tôt et de me rendre, la plupart du temps en état de somnolence, dans un parc où je fais de la gymnastique matinale avec d’autres personnes. Dans le parc du Temple du Soleil de Pékin, il y a plus de jeunes qu’avant. Beaucoup bougent au rythme gracieux du tai-chi-quan. Cet art martial révèle beaucoup de choses sur la Chine. Il consiste en un déplacement constant du poids selon yin-yang, en reculant devant l’adversaire (imaginé) pour le faire tomber dans le vide avec peu d’efforts et passer aussitôt à l’offensive avec élégance, jusqu’à ce que l’adversaire, fatigué par l’effort, abandonne. C’est ce qui s’est passé – et à grande échelle – en 1934 lors de la «Longue Marche» de 10 000 kilomètres, où l’Armée nationale populaire s’est trouvée en permanence sur la défensive et a réussi à fatiguer et à vaincre l’adversaire grâce à des contre-attaques limitées mais astucieuses.

Intimidés

Lors de mes rencontres dans les universités chinoises, je me rends compte de l’ambiance qui règne actuellement dans les universités suisses: il y a parfois une peur de s’exprimer de manière critique. Des collègues intimidés n’osent plus s’exprimer en public que de manière anonyme. Je suis frappé par l’engagement et la confiance en soi qui caractérisent les débats auxquels je participe ici. Il y a des collègues indépendants des partis tels que Zhang Tangyang de l’Université Fudan de Shanghai, qui publie avec succès en Occident et qui défend ici des positions libérales non orthodoxes. Le monde à l’envers.

McDonald’s

Même lors de rencontres académiques, il est courant en Chine que les points cruciaux soient abordés lors d’un repas commun autour d’une table ronde tournante. Le repas en commun est un événement important en Chine. A l’Université Fudan, une école supérieure de renommée mondiale, je rencontre Zhang Weiwei, ancien interprète de Deng Xiaoping et actuel directeur de l’Institut de Chine, l’un des think tanks du gouvernement central. Il me demande quelle est la différence entre la Chine et les Etats-Unis et me répond lui-même sans tarder: “La Chine a huit grandes cultures alimentaires multimillénaires. Les Etats-Unis ont McDonald’s“.

Après avoir ri de bon cœur, Zhang explique au moyen d’une expérience de pensée sa thèse sur l’Etat civilisé de Chine, qui est plus qu’un Etat-nation au sens européen du terme: imaginons que les civilisations de l’Egypte ancienne ou de la Grèce classique soient encore existantes et intégrées dans des Etats modernes. Ces Etats seraient des Etats civilisés. C’est exactement le cas de la Chine. Seule différence: la civilisation et la culture vieilles de 5000 ans vivent toujours et encore en Chine moderne. Selon lui, l’Etat civilisateur chinois devance de loin l’Etat américain éphémère.

Une dépendance particulière

Lin Jinhua, vice-président de l’Institut de marxisme de l’Académie chinoise des sciences sociales (CASS) à Pékin, me confie lors du repas commun que les Chinois ont une «addiction particulière», car ils sont accros à l’apprentissage depuis la nuit des temps! (En même temps, ils ont un grand besoin de sécurité et sont très favorables au contrôle. B.S.). Ce qui me frappe, c’est que les personnes que je rencontre en Chine sont toutes très curieuses et ouvertes. Elles en savent beaucoup plus sur nous que nous sur eux. Notre connaissance de la Chine est maintenue à un niveau honteusement bas. Même les connaissances les plus élémentaires font défaut. Il n’est donc pas étonnant que les clichés antichinois aient la vie dure! Le «China Bashing» (dénigrement de la Chine) occidental a beau jeu. L’ignorance et l’arrogance sont jumelles.

Des SUV en grand quantité

Pudong New Area, une zone de développement économique à Shanghai, en 2008. (Wolfgang Staudt, Flickr, CC BY-NC

Surprise dans les rues de Pékin et de Shanghai: on n’y rencontre presque que des grosses berlines de la classe moyenne et de la classe supérieure, dont de nombreux SUV [tout-terrain de loisir]. Il n’y a pratiquement pas de petites voitures. Les carrosses modernes semblent être très désirables. Elles provoquent en tout cas de gros embouteillages aux heures de pointe. La Chine doit-elle vraiment imiter toutes nos erreurs? Je me surprends à penser de manière typiquement eurocentriste et hautaine.

La Chine n’imite pas, elle est bien plus avancée. Pour des raisons environnementales, la vente de voitures est fortement limitée et réglée par tirage au sort. Les transports publics sont fortement développés. Dans la métropole de 25 millions d’habitants de Shenzhen, laboratoire d’innovation et d’écologie de la Chine, seuls les voitures, les taxis, les bus et les camions à batterie circulent dans les rues. Une batterie chinoise révolutionnaire et respectueuse de l’environnement sera bientôt commercialisée. En outre, la Chine transforme ses villes en Smart Cities [villes intelligentes] économes en énergie, avec des trajets courts pour se rendre au travail, beaucoup d’espaces verts et un trafic à consommation d’énergie minimale et à interconnexion maximale.

Aspects socialistes

Wen Tiegun, professeur d’économie à l’Université Renmin de Pékin et expert agricole renommé, me donne un exemple concret de socialisme à la chinoise: la Chine, pays fortement interconnecté au niveau international, souffre comme les pays industrialisés occidentaux de l’énorme quantité de capitaux liquides (financiarisation). En Chine, ceux-ci proviennent des importants excédents de bilan et des investissements massifs de capitaux occidentaux. Alors qu’en Occident, on assiste à un retrait constant du capital accumulé du secteur productif vers le secteur financier, où s’est formée une bulle spéculative quasiment incontrôlable, en Chine, la plus grande partie du capital financier est sous le contrôle de l’Etat. Le gouvernement a le pouvoir et la possibilité d’utiliser ces ressources de manière ciblée pour le développement économique. Concrètement, il poursuit depuis 2015 la stratégie consistant à utiliser les capitaux liquides pour créer des infrastructures modernes et lancer de nouvelles entreprises dans l’ouest chinois moins développé. Les banques d’Etat y effectuent d’énormes financements de départ pour les nouvelles start-ups locales, qui passent ensuite progressivement aux mains de la population rurale. Des régions rurales entières sont ainsi revitalisées et rendues attractives pour les nouveaux arrivants de l’est du pays.

Correction

A Shanghai, je rencontre Li Eric, un économiste connu et CEO de plusieurs entreprises. Il parle clairement et est très apprécié de la jeune classe moyenne. Il voit des distorsions économiques erronées causées par le marché, comme le boom immobilier, et parle de la nécessité d’une transformation économique dirigée par l’offre. Mais celle-ci ne peut être réalisée que par l’Etat. Le capital d’investissement doit être dirigé vers de nouveaux secteurs innovants. C’est la seule façon d’éviter le fameux «piège du revenu moyen». A ma question de savoir ce que la Chine fait de différent de l’Occident, Li répond: la réorientation (et non la limitation) macroéconomique de l’économie nuit certes à certains groupes d’intérêts du pays, mais constitue la grande force de la Chine, ce qui est d’ailleurs également considéré comme tel par le Washington Post.

Vol en flèche

Dans la maison mère du groupe informatique Huawei à Shanghai, je rencontre Qian Colins, l’un des CEO de Huawei. Il me raconte le conte de fées de Huawei. Huawei a été fondée il y a quelques années par trois jeunes ingénieurs et emploie aujourd’hui 210 000 personnes, qui sont toutes actionnaires du groupe. Parmi eux, pas moins de 56% travaillent dans la recherche et le développement. C’est ce taux fantastique qui explique pourquoi, après avoir été sanctionné par les Etats-Unis et que les services Google aient été bloqués sur le téléphone, Huawei a pu développer lui-même tous ses modules au bout d’un an. Depuis, le cheval de bataille de la branche informatique chinoise est en pleine ascension, selon Qian (en accord avec les analystes occidentaux).

Détour par la Chine

Lors de mes voyages, je ne suis nulle part ailleurs aussi éloigné mentalement de chez moi qu’en Chine. La Chine est complètement différente. En faisant un détour par la Chine, je vois mon pays à distance et j’apprends à mieux comprendre et à ajuster mon propre point de vue. Cela permet à son tour de mieux comprendre autrui. La circularité de la connaissance réside dans le détour. Un principe central de la cybernétique.

Tant l’un que l’autre

La culture chinoise est une culture du «tant l’un que l’autre». Elle est capable de relier dans la pensée les deux côtés d’un phénomène et d’agir en conséquence. L’objectif du confucianisme est un monde pacifique, sûr et surtout harmonieux. Appliqué à l’économie actuelle, cela signifie un «tant l’un que l’autre» harmonieux entre la libération et la maîtrise étatique des forces productives, entre la concurrence et la planification macroéconomique de l’Etat, entre l’innovation et le contrôle. C’est la grande force et la base de la dynamique du miracle économique chinois, et en même temps un avantage systémique face à l’Occident. Là-bas, c’est la catégorie de «l’un ou l’autre» qui prévaut. C’est le noir ou le blanc. Soit une chose est socialiste ou alors capitaliste! Dans la Chine moderne, il y a un «tant l’un que l’autre» entre modernité et tradition culturelle. La Chine sait jouer sur les deux claviers mentaux à la fois et s’approprier les instruments culturels de la modernisation occidentale sans s’occidentaliser. C’est ce qui rend le système résistant.

La grenade

A Urumqi, capitale de la région autonome ouïgoure du Xinjiang, je rencontre Ma Xingrui. Il est un des 25 membres du Bureau politique, l’organe central du pouvoir du PC chinois, qui compte actuellement environ 100 millions de membres. Comme il est d’usage en Chine, Ma Xingrui parle volontiers en métaphores claires et avec des images faciles à retenir. Il dit que les 56 groupes ethniques de la République populaire sont unis comme les nombreux pépins de la grenade, nichés dans sa peau rouge. Il fait ainsi allusion au conflit avec l’ethnie ouïghoure au Xinjiang. Je me suis exprimé en détail sur ce sujet et sur le terrorisme de l’EI ouïghour jusque dans les années 2010 dans mon livre intitulé «La longue marche de la Chine vers la modernité».

L’école maternelle et son plan d’études

La visite d’une école maternelle publique à Korla (Xingjiang) sera l’un des points forts du voyage de cette année. Il compte 260 enfants et 16 enseignants, se trouve sur une grande surface avec beaucoup de nature et un design soigné et moderne. Le plan d’études comprend: l’apprentissage et l’exercice de nombreuses compétences pratiques avec des outils et des instruments adéquats, des activités artistiques, le respect de la nature, l’observation des plantes et des animaux, la familiarisation avec les techniques modernes et l’astronautique (!), la gestion du succès et de l’échec. Le tout avec beaucoup de jeux et de sport et, tant que possible, en groupe. Un concept clair et déterminé ouvrant très tôt de vastes horizons aux jeunes enfants.

Pour les Occidentaux victimes de l’autorité, c’est trop «top down», donc la créativité et l’individualité sont négligées (mot-clé: surtout ne rien imposer!). Le concept chinois est exigeant, il ne fonctionne probablement que sur la base d’une tradition culturelle millénaire toujours présente. L’éducation dont bénéficient les petits enfants est l’une des raisons pour lesquelles la Chine repose aujourd’hui sur des bases mentales et pratiques solides.

La pratique du féminisme

A Pékin, je rencontre Huang Shu, la vice-directrice du département international de la Fédération des femmes de Chine (ACWF), la plus grande organisation de masse au monde. Huang parle avec assurance en termes de faits: l’engagement pour les droits des femmes est une préoccupation centrale et évidente depuis la lutte de libération. Ce qui me reste surtout en tête, en tant qu’ancien parlementaire suisse: toutes les mesures législatives en Chine sont soumises à la consultation de l’ACWF, sans le placet de laquelle elles n’auront guère de succès.

Ainsi, par exemple, l’augmentation de l’âge de la retraite des femmes, comme cela a été fait dans la riche Suisse, n’a aucune chance en Chine, un pays à la prospérité modeste. Je ne suis toutefois pas sûr que la Chine, avec son taux de natalité en baisse, ne finisse pas par augmenter l’âge de la retraite des deux sexes. Il est actuellement de 55 ans pour les femmes (et même de 50 ans pour les ouvrières), et de 60 ans pour les hommes. Ou alors la Chine va-t-elle compenser le manque croissant de générations actives par l’intelligence artificielle et la force de travail des robots? La Chine en est capable.

La toute-puissance du Parti

La déclaration suivante de mon interprète Mi surprendra les oreilles occidentales: au sein de l’Assemblée nationale populaire, le Parlement chinois qui compte environ 3000 députés – dénoncé par les médias occidentaux comme étant un organe de béni-oui-oui –, il existe un projet de loi en suspens qui n’avance que lentement, voire qui est sans cesse ajourné: dans la loi sur les écoles secondaires, l’enseignement gymnasial doit à nouveau être gratuit (!). La raison de l’ajournement est le blocage par les provinces les plus pauvres, qui devraient payer davantage, et les provinces les plus riches, qui devraient passer davantage à la caisse dans le cadre de la répartition des charges au sein de la Chine. Le lobbying des parlementaires des provinces concernées a porté ses fruits. Le fédéralisme suisse vous salue!

Une deuxième chance

A l’Institut du marxisme susmentionné, je rencontre également Xin Xianyang, le directeur et en même temps secrétaire de ce think tank influent du Parti. Avec plusieurs collègues de l’institut, je vis pour la deuxième fois un échange intéressant sur le marxisme. Xin cite un proverbe: l’Est se lève, l’Ouest se couche. Le marxisme occidental est effectivement en train de sombrer. Il a laissé passer sa chance. Alors que la gauche occidentale se débat avec elle-même et est préoccupée par sa propre marginalisation, ratant le coche du développement mondial, les marxistes chinois se trouvent à l’avant-garde d’un développement économique, technologique et scientifique croissant. Une deuxième chance pour le marxisme au XXIe siècle?

Le Sud global

Elle est présente partout en Chine: la Nouvelle route de la soie (BRI), le plus grand projet d’infrastructure de l’histoire du monde, l’expression de la «montée asiatique» et rien de moins qu’une tentative de modèle géostratégique de la mondialisation au XXIe siècle. Les habitants de cette région ont une autre vision de la BRI qu’une grande partie des pays occidentaux. Pour eux, il s’agit d’un projet de coopération d’un pays en développement bien établi, notamment auprès des pays du Sud global, et d’une grande importance pour la prospérité. Elle sert bien entendu aussi les intérêts de la Chine. Celle-ci agit, comme chaque Etat au monde, dans son propre intérêt bien compris. Les Chinois sont d’accord sur ce point. Mais la BRI présente encore d’autres avantages! Le poids géopolitique croissant de la Chine permet aux pays du Sud de choisir des alternatives à la dépendance néocoloniale actuelle vis-à-vis du dollar et du Fonds monétaire, ce qui les rend moins vulnérables au chantage.

Une révolution culturelle

Souvent, en Chine, des gens ordinaires et des cadres me demandent pourquoi l’Occident collectif réagit depuis quelque temps de manière si agressive à l’égard de la Chine, pourquoi les Occidentaux ne comprennent pas la Chine et ce que la Chine doit faire pour être mieux comprise.

La Chine a du mal à comprendre pourquoi l’Occident, habitué à agir de manière rationnelle, réagit de manière irrationnelle face à une Chine devenue plus forte. En particulier, la Chine ne peut s’expliquer pourquoi les sociaux-démocrates et surtout les Verts ont pris la tête du «China bashing» et de l’alliance transatlantique favorisant la phobie. Expression éloquente: le bellicisme naviguant sous l’étiquette de «politique étrangère féministe» et la sinophobie émanant de Mme Baerbock représentent un sommet d’irrationalisme à l’apparence rationnelle!

Les Chinois savent que l’Occident traverse une grande crise. Je me demande si la Chine a réalisé qu’en Europe et aux Etats-Unis, on assiste depuis quelque temps à une guerre culturelle, une sorte de révolution culturelle. Ses caractéristiques: perte de confiance dans les élites et dans les institutions et les médias, frustration après la longue domination du mainstream libéral de gauche, peur de perdre son identité culturelle et sa souveraineté nationale.

Le plus grand souhait

Dans le magnifique temple des lamas à Pékin, le plus grand en dehors du Tibet, où les Chinois et Chinoises célèbrent leurs prières et leurs vœux avec des bâtonnets d’encens, on me demande de déposer mon plus grand souhait sur un sanctuaire. Cela me place face à un dilemme: dois-je exprimer un vœu privé ou souhaiter que nous maîtrisions le changement climatique à l’échelle mondiale, afin que mes deux petites-filles et mes deux petits-fils aient eux aussi un bel avenir? Les Chinois ont la vie plus facile. Ils déposent les trois vœux stéréotypés: «bonheur, longue vie, richesse».

Beat Schneider, avril 20024

Beat Schneider (1946) est professeur émérite d’histoire de l’art et du design. Il a enseigné à la Haute Ecole des arts de Berne (HEAB). Il est l’auteur des ouvrages suivants: «Penthesilea. Die andere Kultur- und Kunstgeschichte. Sozialgeschichtlich und patriarchatskritisch» (1999); «Design. Eine Einführung. Entwurf im sozialen, kulturellen und wirtschaftlichen Kontext» (2005); «Geheimnisvolles Kreta. Erste Hochkultur Europas» (2013); «Chinas langer Marsch in die Moderne. Zwanzig nicht-eurozentristische Thesen» (2023). Sur le plan politique, Beat Schneider est un homme des années 68 et a été membre fondateur et membre de la direction nationale des Organisations progressistes de Suisse (POCH). Pour cette organisation, il a siégé pendant douze ans au Grand Conseil bernois et au Conseil municipal de la ville de Berne