Qu’en penser ?

Par Paul Craig Roberts

Elle a abouti à un résultat positif. Trump a abandonné sa demande de cessez-le-feu et a déclaré qu’il était plus important d’œuvrer pour une paix durable qu’un cessez-le-feu rarement respecté. Cela semble engager Trump à s’attaquer à la cause profonde du conflit, à savoir l’insécurité de la Russie face à la présence de l’OTAN sur l’ensemble de ses frontières.

Poutine a déclaré que cette rencontre marquait le passage de la confrontation et des menaces au dialogue. Cette perspective à elle seule rendait la rencontre intéressante.

Ce sont de bons résultats. Dans un monde d’armes nucléaires, le niveau de tension était devenu intenable.

Pour que les espoirs se concrétisent, deux obstacles doivent être reconnus et surmontés. L’un est la doctrine néoconservatrice de l’hégémonie américaine. L’autre est l’intérêt du complexe militaro-sécuritaire américain.

La doctrine de l’hégémonie exige de vaincre la Russie pour réaliser l’unilatéralisme de Washington. Cette doctrine est-elle trop institutionnalisée pour être répudiée ?

Le budget, l’influence sur le Congrès et la puissance du complexe militaro-sécuritaire nécessitent un ennemi majeur. La Russie joue ce rôle. Une paix d’égal à égal avec la Russie élimine l’ennemi, et le budget et l’influence du complexe militaro-sécuritaire déclinent. On trouve des bases militaires ou des fabricants d’armes dans presque tous les États, ce qui signifie que cet intérêt est également institutionnalisé, comme le président Eisenhower nous en avait prévenu.

La question qui se pose est donc : quelle est la probabilité que Trump parvienne à retirer les bases de l’OTAN et les bases de missiles de la frontière russe ? C’est très improbable si l’attention ne peut pas être portée sur le problème de fond.

Quelle sera l’utilité des médias ? Il est erroné de souligner que Poutine souhaitait cette rencontre pour montrer qu’il n’était pas isolé et qu’il pouvait rencontrer le président américain comme le font Zelensky et Netanyahou.

Cette rencontre était fortuite. Trump s’était piégé lui-même. Ses menaces de sanctions secondaires ou de droits de douane contre l’Inde et d’autres membres des BRICS se sont retournées contre lui. Face à son propre délai de 10 jours, il a dû trouver une issue. Il l’a trouvée en rencontrant immédiatement Poutine. Pour Trump, cette rencontre était un moyen de se tirer d’affaire.

La possibilité de mettre fin à une confrontation qui aboutirait probablement à une guerre nucléaire repose sur la chance. Cette issue heureuse peut-elle se transformer en un accord de sécurité mutuelle ? Cela dépend de la force de la doctrine hégémonique des néoconservateurs et de la volonté du complexe militaro-sécuritaire d’accepter une baisse des ventes et des profits. Tant que l’on ne comprendra pas que ces deux intérêts constituent les obstacles à la paix, il ne pourra y avoir de processus de paix.

Paul Craig Roberts, 16 août 2025

Le Dr Paul Craig Roberts a été secrétaire adjoint au Trésor dans l’administration Reagan, rédacteur en chef adjoint et chroniqueur pour le Wall Street Journal, chroniqueur pour Business Week, le Scripps Howard News Service et Creators Syndicate. Il a témoigné devant le Congrès à 30 reprises. Son site web unique, www.PaulCraigRoberts.org, attire des millions de visiteurs chaque année.

https://www.paulcraigroberts.org/2025/08/16/the-putin-trump-meeting/