Alors que les experts des plateaux TV, les médias et dirigeants occidentaux distillent régulièrement la peur d’une « attaque russe » contre l’Europe de l’est si l’Ukraine perdait face à la Russie, un document déclassifié du DNI, le Director of National Intelligence étasunien, écrit noir sur blanc, en page 14 consacrée à la Russie :

« La Russie ne veut certainement pas d’un conflit militaire direct avec les forces américaines et de l’OTAN et poursuivra ses activités asymétriques en dessous de ce qu’il estime être le seuil d’un conflit à l’échelle mondiale. »

Une information que les médias occidentaux continuent d’ignorer afin que la peur d’une attaque russe pousse les populations occidentales à soutenir la politique agressive de leurs gouvernements face à la Russie.

L’introduction de ce rapport des RG, censé servir de base pour décider de la politique étrangère, donne un bon éclairage des motivations et des zones aveugles du gouvernement étasunien. [Entre parenthèses mes commentaires] :

« Au cours de l’année prochaine, les États-Unis seront confrontés à un ordre mondial de plus en plus fragile, mis à rude épreuve par une concurrence stratégique accélérée entre les grandes puissances [il n’y a pas du tout de « concurrence stratégique » entre les grandes puissances que sont la Chine et la Russie mais une « coopération stratégique » dont les Etats-Unis feraient bien de s’inspirer], des défis transnationaux plus intenses [qu’une coopération entre grandes puissances pourraient résoudre plus facilement] et imprévisibles et de multiples conflits régionaux aux implications considérables. Une Chine ambitieuse mais anxieuse, une Russie conflictuelle, certaines puissances régionales, comme l’Iran, et des acteurs non étatiques plus compétents remettent également en question les règles établies de longue date du système international avec la primauté des États-Unis en son sein [ce passage montre clairement que les Etats-Unis ne veulent pas « partager le pouvoir » mais rester les maitres du « système international avec la primauté des Etats-Unis en son sein », d’où leur incapacité à envisager toute coopération]. Simultanément, les nouvelles technologies, les fragilités du secteur de la santé publique, et les changements environnementaux sont plus fréquents, ont souvent un impact mondial et sont plus difficiles à prévoir.

Il suffit de regarder la crise de Gaza, déclenchée par un groupe terroriste non étatique hautement compétent, Le HAMAS, alimenté en partie par un Iran ambitieux sur le plan régional, et exacerbé par les discours encourageants de la Chine et de la Russie qui veulent affaiblir les États-Unis sur la scène mondiale – pour voir comment une crise régionale peut avoir des retombées considérables et compliquer la coopération internationale sur d’autres problèmes urgents. [Qu’un rapport des services secrets étasuniens puisse écrire un paragraphe sur « la crise de Gaza » sans dire un seul mot sur Israël et sa responsabilité dans cette « crise » montre leur aveuglement idéologique et explique en grande partie les erreurs à répétition de la politique internationale des Etats-Unis.]

Le monde qui émergera de cette période tumultueuse sera façonné par celui qui offrira les arguments les plus convaincants sur la façon dont le monde devrait être gouverné, comment les sociétés devraient être organisés et quels systèmes sont les plus efficaces pour faire progresser la croissance économique et fournir des bénéfices pour un plus grand nombre de personnes, et par les pouvoirs – tant étatiques que non étatiques – qui sont les plus compétents à agir pour trouver des solutions aux problèmes transnationaux et aux crises régionales. » [C’est certain. Pour l’instant le monde occidental est en train de perdre cette bataille auprès des populations du « Sud global » et même auprès d’une partie croissante de sa propre population, l’ultralibéralisme ayant le gros défaut de laisser de plus en plus de gens sur le trottoir.]

« La Chine a la capacité de concurrencer directement les États-Unis et leurs alliés et de modifier la situation d’un ordre mondial fondé sur des règles, de manière à soutenir le pouvoir et la forme de gouvernance de Pékin par rapport à celui des Etats-Unis. [Là encore vision compétitive plutôt que coopérative alors que la Chine propose régulièrement aux autres pays, dont les Etats-Unis, leur « win-win » solution, la solution gagnant-gagnant]

Les graves défis démographiques et économiques de la Chine pourraient en faire acteur mondial plus agressif et imprévisible. L’agression continue de la Russie en Ukraine souligne qu’elle demeure une menace pour l’ordre international fondé sur des règles. Les pouvoirs locaux et régionaux tentent également d’acquérir et d’exercer une influence, souvent aux dépens de leurs voisins et de l’ordre mondial lui-même. [Une vision paranoïaque voyant des agressions et des menaces partout et nulle part des possibilités de trouver des terrains d’entente]

L’Iran reste une menace régionale avec des activités d’influence malveillante plus larges, et la Corée du Nord étendra sa capacité en matière d’armes de destruction massive tout en étant un acteur perturbateur sur la scène régionale et mondiale. Souvent, les actions des Etats-Unis destinées à dissuader une agression étrangère ou une escalade sont interprétées par les adversaires comme renforçant leur propre perception selon laquelle les États-Unis ont l’intention de les contenir ou de les affaiblir, et ces interprétations erronées peuvent compliquer la gestion des escalades et les communications de crise. » [Cette dernière phrase est soit d’une hypocrisie soigneusement calculée, soit, plus grave, d’une incapacité à se projeter dans le regard de l’autre, ce qui, pour des spécialistes du renseignement, montre une inaptitude totale à faire un tel travail. En d’autres mots les Etats-Unis sont incapables de se rendre compte, de prendre conscience, qu’une grande partie des problèmes actuels viennent de leurs propres politiques de domination du système international. Il y a même refus conscient de reconnaitre une telle attitude puisqu’elle est qualifiée « d’interprétation erronée ». On n’est pas sortis de l’auberge.]

Pourtant,

Qui s’en prend à l’Iran depuis que le Shah d’Iran a été destitué par une révolution populaire dans les années 70 ?

Qui a attaqué la Corée du Nord parce qu’elle était communiste, bombardant et tuant un tiers de sa population dans les années 50 ?

Qui vient juste d’envoyer des « troupes spéciales » à Taiwan et continue à financer l’armement de cette ile ?

A qui l’Irak doit-elle demander l’autorisation pour pouvoir simplement payer sa facture d’électricité :

« Les États-Unis ont renouvelé une dérogation de 120 jours autorisant l’Irak à payer sa facture d’électricité à l’Iran, a déclaré jeudi le porte-parole du département d’État américain, Matthew Miller, lors d’un point de presse.

Washington a commencé à accorder des dérogations l’année dernière, soulignant que l’argent ne pouvait être utilisé que pour des « transactions non sanctionnables », comme l’achat de biens humanitaires comme de la nourriture et des produits agricoles. »

Mais ce sont ces pays qui sont désignés comme agressifs, menaçants et malveillants et la « Communauté du renseignement » étasunien prétend ne pas comprendre pourquoi ???

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S’il y a bien une entité politico-économique qui profite de ces tensions permanentes, instigués par les politiques occidentales mais pourtant projetées sur « l’ennemi » comme nous venons de le voir, c’est le Complexe militaro-industriel :

« Les pays européens ont presque doublé leurs importations d’armes au cours des cinq dernières années, le conflit en Ukraine étant le principal facteur à l’origine de cette augmentation, selon de nouvelles données de l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (SIPRI).

Le continent a importé 94 % d’armes de plus entre 2019 et 2023 qu’entre 2014 et 2018, selon un rapport du SIPRI publié lundi. Presque toutes les grandes puissances d’Europe occidentale ont augmenté leurs achats d’armes au cours de cette période, la France augmentant ses importations de 112 %, l’Allemagne de 188 % et le Royaume-Uni de 41 %, selon les données.

Cependant, l’Ukraine a augmenté ses importations de 6 633 %, devenant ainsi le premier importateur d’armes d’Europe et le quatrième au monde, derrière l’Inde, l’Arabie saoudite et le Qatar.

Dans l’ensemble, les pays européens ont considérablement augmenté leurs dépenses de défense en réponse au conflit en Ukraine, à la fois pour financer les transferts d’armes vers Kiev et pour réarmer leurs propres armées. Les membres de l’UE ont augmenté leurs dépenses militaires pour atteindre un montant record de 261 milliards de dollars en 2022, six États membres ayant mis en œuvre des hausses de plus de 10 % en 2021. »

Et ce n’est qu’un début :

” L’Otan préconise, à l’attention des pays européens membres de l’Alliance atlantique, d’allouer 2% de leur PIB à leur défense nationale. Ce week-end, une note de l’institut allemand Ifo a été relayée par le Financial Times. Et elle montre que les Européens sont encore loin du compte.

Ce qu’il manque aux membres européens de l’Otan pour atteindre l’objectif de dépense militaire fixé par l’organisation, ce sont 56 milliards d’euros, selon cette note. Parmi les plus mauvais élèves, on retrouve l’Espagne, l’Italie, à qui il manque 11 milliards d’euros chacun, mais aussi la Belgique…

Pourtant, les dirigeants se veulent plutôt optimistes. Le secrétaire général de l’Alliance atlantique a annoncé la semaine dernière que les deux tiers de ses membres allaient dépenser suffisamment cette année. D’ici à 2026, les pays de la zone euro doivent doubler leurs dépenses dans le secteur de la défense.

Mais il n’y a pas que l’Europe :

« Les exportations d’armes vers l’Asie représentaient la plus grande part du monde – 37 % –, les alliés des États-Unis, le Japon, l’Australie et l’Inde, étant en tête de la frénésie d’achats.

Celles-ci étaient « largement motivées par un facteur clé : l’inquiétude quant aux ambitions de la Chine », a déclaré Pieter Wezeman, chercheur principal au programme de transferts d’armes du SIPRI.

Le Japon, par exemple, a multiplié par deux ses importations, commandant notamment 400 missiles à longue portée capables d’atteindre la Corée du Nord et la Chine.

Les alliés des États-Unis, le Qatar, l’Égypte et l’Arabie saoudite, ont également dominé les achats au Moyen-Orient, qui représentaient 30 % des importations mondiales.

« Il ne s’agit pas seulement de la peur de l’Iran. Il s’agit en réalité d’une guerre », a déclaré Wezeman à Al Jazeera. « Au cours des dix dernières années, l’Arabie saoudite a effectivement utilisé ces armes dans le cadre d’opérations qu’elle mène elle-même, notamment au Yémen. En Arabie saoudite, cela est considéré comme une confrontation directe avec l’Iran par procuration.»

Les rivalités régionales ont également joué un rôle.

Le Qatar, par exemple, a quadruplé ses importations d’armes après que l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis ont imposé un blocus au pays du Golfe en 2017, commandant des avions de combat aux États-Unis, en France et au Royaume-Uni.

« Nous vivons dans un monde en transition. C’est fluide et instable. L’ONU a un rôle décoratif. Il existe toute une classe de puissances révisionnistes », a déclaré à Al Jazeera Konstantinos Filis, professeur d’histoire au Collège américain de Grèce.

« Les États amis de l’Occident ne savent pas vraiment si la puissance américaine peut dissuader une attaque contre eux », a déclaré Filis. « Ils disent : « Si je ne me réarme pas, il n’y aura personne pour me protéger, il n’y aura pas de mécanismes multilatéraux solides comme les années précédentes, donc je dois me préparer à une future attaque ». »

La France profitant largement du bond de ce commerce meurtrier :

« Depuis 2019, la France a vu ses ventes à l’international bondir de 47 %, quand la Russie voyait les siennes chuter de 53 %. C’est un sérieux revers pour les « Moscoureveurs » d’autant plus marquant qu’il intervient dans une période de fortes tensions entre les deux pays.

Dans cette compétition, les États-Unis restent de très loin les premiers exportateurs d’armes au monde, raflant à eux seuls 42 % du total des ventes. »

Ceci expliquant aussi en partie la soudaine humeur guerrière du président français.

C’est là aussi un des problèmes de l’ultralibéralisme. Quand ce sont les grosses entités économiques qui décident, grâce à la magie du lobbyisme, alors les puissantes industries de l’armement vont forcément pousser les gouvernements à adopter une « politique de la tension » et leur rapport étroit avec le monde du renseignement explique en partie les pathétiques rapports pondus par ces services.

Sans parler de leurs procédés mafieux contre tous ceux venant dénoncer leurs magouilles :

« Le lanceur d’alerte travaillant pour Boeing, John Barnett, a fait une sombre prédiction en disant qu’il risquait de mourir après avoir soulevé des préoccupations en matière de sécurité concernant le géant des avions de ligne, disant prétendument à un ami de la famille : « Si quelque chose arrive, ce n’est pas un suicide. »

Barnett, 62 ans, a été retrouvé mort dans sa camionnette dans le parking d’un hôtel de Charleston, en Caroline du Sud, le 9 mars – le jour même où il devait conclure son témoignage à huis clos dans le cadre d’un procès intenté contre son ancien employeur.

Les autorités – qui enquêtent toujours sur sa mort – ont initialement déclaré que Barnett était mort d’une blessure par balle « auto-infligée » à la tête, mais ses avocats, sa famille et ses amis ont depuis émis des doutes quant à savoir si l’ancien ingénieur de contrôle qualité de Boeing avait réellement attenté à sa propre vie.

« Je sais qu’il ne s’est pas suicidé. Il n’y a aucune probabilité », a déclaré à ABC une amie de la famille, identifié uniquement comme Jennifer.

L’amie a affirmé que Barnett avait spéculé sur le fait qu’il pourrait finir par mourir après avoir commencé à parler publiquement des problèmes de sécurité liés à Boeing après sa retraite en 2017.

“Il n’était pas préoccupé par sa sécurité parce que je le lui ai demandé”, a déclaré Jennifer au média. “J’ai dit : ‘Tu n’as pas peur ?’ Et il a répondu : ‘Non, je n’ai pas peur, mais si quelque chose m’arrive, ce n’est pas un suicide.’”

“C’est pourquoi ils ont fait passer cela pour un suicide”, a affirmé Jennifer dans l’interview.

Boeing n’a pas immédiatement répondu à la demande de commentaires du Post sur les affirmations de l’amie. »

Boeing est une des plus importantes industries de l’armement étasunien.

La Chine voit clairement qui est le réel bénéficiaire de cette stratégie de la tension :

« Afin d’obtenir davantage de financement militaire, l’armée américaine a récemment mis en avant la « théorie de la menace militaire chinoise ». Par exemple, le commandant du Commandement de la défense aérospatiale de l’Amérique du Nord a affirmé que des avions militaires chinois commenceraient à opérer à proximité de la zone d’identification de la défense aérienne des États-Unis dès cette année, « non seulement des avions militaires, mais aussi des navires et même des sous-marins ». En outre, les analystes du Pentagone ont également exagéré l’avance de la Chine dans le domaine des armes hypersoniques. En conséquence, le nouveau budget de la défense américain pour l’année à venir a augmenté les investissements dans les systèmes de défense antimissile et renforcé les efforts de recherche et développement d’armes hypersoniques. En fait, depuis 2018, le Pentagone a investi plus de 12 milliards de dollars dans le développement de divers systèmes d’armes de frappe hypersoniques terrestres, maritimes et aériennes.

Le nouveau budget de la défense américain alloue également d’énormes fonds pour continuer à développer les technologies émergentes, à moderniser l’arsenal nucléaire et à renforcer la capacité de frappe de la « triade nucléaire », y compris le développement et la construction du sous-marin lance-missiles balistiques de nouvelle génération de classe Columbia. le bombardier stratégique B-21 Raider et la nouvelle génération de missiles balistiques intercontinentaux terrestres. Le monde peut voir clairement que le budget de défense américain de près de 900 milliards de dollars a pour objectif majeur de prendre diverses mesures visant à renforcer les capacités militaires des États-Unis dans une compétition stratégique avec d’autres grandes puissances, en cherchant à assurer une « sécurité absolue » pour les États-Unis en sapant la sécurité des autres pays, permettant ainsi aux États-Unis de dicter leurs conditions et de maintenir leur statut hégémonique mondial.

Face à un monde en ébullition, les États-Unis devraient abandonner la mentalité de guerre froide, mettre un terme à la confrontation militaire, à la confrontation de blocs et aux jeux géopolitiques, et travailler avec la communauté internationale pour maintenir la paix et la sécurité mondiales, responsabilité qui incombe à une grande puissance. »

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Toute cette gesticulation pour créer des tensions, auquel s’est rajouté le blocage de toute condamnation d’Israël à l’ONU, créent des dommages irréversibles à la stature internationale des Etats-Unis sans que ceux-ci aient l’air d’en prendre conscience. Voici quelques déclarations venant d’Asie.

De chine d’abord :

« Le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi a qualifié jeudi 7 mars la guerre menée par Israël à Gaza de « honte pour la civilisation » et a réitéré les appels de Pékin à un « cessez-le-feu immédiat ».

“C’est une tragédie pour l’humanité et une honte pour la civilisation qu’aujourd’hui, au 21e siècle, ce désastre humanitaire ne puisse être stoppé”, a déclaré Wang aux journalistes lors d’une conférence de presse.

“Aucune raison ne peut justifier la poursuite du conflit, et aucune excuse ne peut justifier d’être désespérément tué”, a déclaré Wang. “La communauté internationale doit agir de toute urgence, en faisant d’un cessez-le-feu immédiat et de la cessation des hostilités une priorité absolue, et en assurant l’aide humanitaire une responsabilité morale urgente.” »

Cet éditorial du Jakarta post, le journal pro-occidental en langue anglaise d’Indonésie :

« La façon dont Israël a mené sa guerre à Gaza en ciblant et en tuant aveuglement des civils, y compris des femmes et des enfants, en assiégeant Gaza et en bloquant son approvisionnement alimentaire, ainsi qu’en annihilant complètement ce qui était autrefois déjà une « prison à ciel ouvert devrait suffire à l’Indonésie pour reconsidérer son projet de renforcer ses liens avec l’État juif.

En fait, l’attaque massive contre Gaza devrait donner à tout le monde, à chaque nation, et pas seulement à l’Indonésie, une pause pour commencer à recalibrer ses liens avec Israël. La mort de plus de 30 000 civils à Gaza devrait être une raison suffisante pour exiger des comptes de la part des politiciens et des généraux militaires qui donnent le ton à Tel Aviv. Nous ne devrions pas récompenser les mauvais comportements. »

En Malaisie :

« Le Premier ministre malaisien Anwar Ibrahim a accusé les dirigeants occidentaux d’appliquer de manière sélective le droit international lorsqu’ils condamnent l’opération militaire russe en Ukraine, mais ne défendent pas un cessez-le-feu dans la guerre entre Israël et Gaza.

S’adressant jeudi à l’Université nationale australienne de Canberra, Anwar a déclaré que depuis six décennies, l’Occident donne « carte blanche » à Israël pour poursuivre son « déchaînement meurtrier contre les Palestiniens ».

« Malheureusement, la tragédie déchirante qui continue de se dérouler dans la bande de Gaza a mis à nu la nature égocentrique de l’ordre fondé sur des règles tant apprécié et tant vanté », a soutenu le Premier ministre.

Les réponses différentes et incohérentes de l’Occident face aux conflits Russie-Ukraine et Israël-Gaza « défient le raisonnement », a-t-il souligné. C’est une « course folle » de croire que d’autres pays, y compris dans la région Indo-Pacifique, ne remarqueraient pas les incohérences dans l’application du droit international.

Anwar a également exhorté l’Australie à rétablir le financement de l’agence humanitaire des Nations Unies, l’UNRWA, à Gaza. »

Dans la même semaine, Anwar en a profité pour dénoncer la pression que subissent les Etats voisins de la Chine de la part des Etats-Unis :

« Le Premier ministre malaisien s’est prononcé lundi en faveur des liens avec la Chine et s’est plaint des pressions présumées exercées par les États-Unis et leurs alliés sur les nations de la région pour qu’elles prennent parti dans les rivalités stratégiques de l’Occident avec Pékin.

Les remarques du Premier ministre Anwar Ibrahim ont eu lieu lors du sommet de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est dans la ville australienne de Melbourne, où Anwar est l’un des neuf dirigeants asiatiques présents à la réunion.

“À l’heure actuelle, la Chine semble être le principal investisseur en Malaisie”, a déclaré Anwar, insistant sur le fait que les Malaisiens “n’ont pas de problème avec la Chine”.

“Nous sommes une nation indépendante, nous sommes farouchement indépendants, nous ne voulons être dictés par aucune force”, a déclaré Anwar.

“Ainsi, même si nous restons (…) un ami important des États-Unis, de l’Europe et ici en Australie, ils ne devraient pas nous empêcher d’être amicaux avec l’un de nos voisins importants, précisément la Chine”, a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse conjointe avec l’Australie. Le Premier ministre Anthony Albanese, est un fidèle allié des États-Unis.

« S’ils ont des problèmes avec la Chine, ils ne devraient pas nous les imposer. Nous n’avons pas de problème avec la Chine », a déclaré Anwar aux journalistes. »

En Afrique aussi ils en ont marre des pressions et attitudes étasuniennes :

« Selon le colonel-major Amadou Abdramane, l’accord de coopération serait « une simple note verbale », « unilatéralement imposée » par Washington. Le document contraindrait le Niger à payer les factures liées aux taxes des avions américains, ce qui coûterait plusieurs milliards, selon le porte-parole. Niamey se plaint également de n’avoir aucune information sur les opérations américaines, tout en ignorant leurs effectifs et matériels déployés.

Ainsi, le membre du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP) a jugé « illégale » la présence américaine sur le territoire nigérien. Cette décision fait suite à la visite, entre mardi 12 et jeudi 14 mars, d’une délégation américaine de haut niveau à Niamey. Une rencontre « sans respect des usages diplomatiques » et « imposée », selon Amadou Abdramane.

Les échanges auraient porté sur la transition en cours et le choix des partenaires étrangers. D’après le colonel-major, les Américains auraient accusé Niamey d’avoir signé des accords secrets, que ce soit dans le domaine militaire avec la Russie, ou sur l’uranium avec l’Iran. Le porte-parole a ainsi dénoncé une « attitude condescendante et la menace de représailles » des Américains. De quoi « saper les relations » et « miner la confiance entre nos gouvernements », a-t-il dit. »

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Même l’Ukraine, déçue par le lâchage en plein vol par les Etats-Unis, montre sa rancœur en démontant la propagande étasunienne dont elle avait pourtant bien profité depuis 2014. Ceci par l’intermédiaire de Bodanov, le chef des services de renseignement ukrainiens.

Cela commence par l’affaire Navalny, en mettant à mal le narratif occidental d’un empoisonnement par Poutine :

« Boudanov en marge du Forum ukrainien de l’année 2024, tel que rapporté par hromadske :

“Je peux vous décevoir, mais nous savons qu’il [Navalny] est mort d’un caillot de sang. C’est plus ou moins confirmé. Ceci n’est pas tiré d’Internet, mais, malheureusement, il est mort de mort naturelle.” »

Puis, à la suite de cet article de Reuters :

« L’Iran a fourni à la Russie un grand nombre de puissants missiles balistiques sol-sol, ont déclaré à Reuters six sources, approfondissant ainsi la coopération militaire entre les deux pays sanctionnés par les États-Unis. »

Bodanov a encore démonté le narratif occidental :

« Kyrylo Budanov, chef de la Direction du renseignement militaire ukrainien (HUR), a réfuté les affirmations selon lesquelles l’Iran aurait transféré des missiles à longue portée à la Russie, affirmant que ces informations ne correspondent pas à la réalité.

« Ils (les missiles iraniens) ne sont pas là. Tout cela ne correspond pas à la réalité », a déclaré Boudanov lors du forum ukrainien 2024, le 25 février.

Il a également noté que les missiles fournis à la Russie par la Corée du Nord n’ont pas été largement utilisés par les forces d’occupation. « Bien que quelques missiles nord-coréens aient été utilisés », a-t-il déclaré, « les affirmations d’une utilisation généralisée ne sont pas vraies ». »

Il est évident que ce n’est pas par la bouche des dirigeants ni des médias dit « de qualité » que nous saurons la réalité du terrain géopolitique.

La revue de presse du 18 mars 2024  par Wayan