“Mes années 10”, la playlist secrète de sept morceaux arrachés aux oubliettes des dix dernières années

 

Par François Gorin

Publié le 23/01/20 sur Telerama

Source: Telerama.fr

Pop teintée de country, simplicité et élégance folk, ballade bercée de brumes jazz, petit bain psychédélique… Découvrez chaque semaine “Mes années 10”, la playlist secrète de sept morceaux arrachés aux oubliettes des dix dernières années.

 

Aimee Mann

Aimee Mann est une chanteuse-auteure originaire de Virginie. Après une expérience de groupe avec ’Til Tuesday (1983-1990), elle enregistre sous son nom et se fait repérer par la critique internationale avec Bachelor n°2 or the Last Remains of the Dodo, son troisième album en 2000. Charmer (2012) est le huitième et il contient quelques perles pop, dont ce Red Flag Diver au parfum country.

 

Night Beds

Night Beds est l’alias du musicien américain Winston Yellen, originaire de Colorado Springs. En 2013 paraît son premier album, Country Sleep, dans un style néo-country-folk qui lui vaut des comparaisons flatteuses avec Elliott Smith ou Ryan Adams – et dont il essaiera ensuite de se démarquer avec un deuxième album plus soul dans l’esprit (Ivywild, 2015). Le trop court Was I for You ? reste un bel exemple de cette première manière.

 

Foxygen

Foxygen est un groupe américain, en fait le duo composé de Jonathan Rado (multi-instrumentiste) et Sam France (chanteur). Apparus sur la scène de Los Angeles en 2005 avec un son néo-psychédélique plutôt expérimental, ils se forgent une identité musicale avec l’album Take The Kids Off Broadway (2011) et surtout We Are the 21st Century Ambassadors of Peace & Magic en 2013. Quelques excellents morceaux s’en détachent, dont No Destruction, tout près de Pavement, et le  joliment psyché San Francisco

 

Herman Dune

Herman Dune est un groupe franco-suédois, initialement formé par les frères David-Ivar et André Herman Düne, avec Neman à la batterie. Fin 2006, André quitte le groupe (dont le nom perd alors son tréma). David-Ivar prend alors les commandes, tout en enregistrant en solo (sous pseudo Ya Ya ou Black Yaya), tandis que Neman forme le duo électro Zombie Zombie avec Étienne Jaumet. En 2013, Herman Dune signe la BO du film Mariage à Mendoza (Édouard Deluc). Des instrumentaux et quelques vraies chansons, dont Holding a Monument (assez cohénien) et Don’t Lie to Me (plus dylanien, castagnettes en prime).

 

Oscar Louise

 

Oscar Louise est le nom d’artiste de la musicienne suisse Rachel Hamel, originaire de Lausanne et qui fut d’abord choriste d’opéra, puis chanteuse de jazz. Son premier album, et le seul à ce jour, sort en 2012 sur le label Phenix Records. Empty House(*) contient treize morceaux chantés en anglais, sous influence Tom Waits et Nick Cave… bien que le riff de A teal of see rappelle curieusement le Christmas Camel de Procol Harum.


François Gorin

Source: Telerama

(*) Un petit bijou de soft rock voilé de jazz


Lire aussi l’excellente analyse établie par divers auteurs italiens:


2011-2020, I dischi resistenti

9 janvier 2021 – Il Manifesto

Libre traduction


Une décennie terrible qui a commencée avec le tsunami au Japon et s’est terminée avec Covid-19. Entre la disparition de David Bowie, Lou Reed, Aretha Franklin, Prince, Amy Winehouse, Morricone, Pino Daniele, Dalla, Chuck Berry, Dave Brubeck, Ornette Coleman et bien d’autres. Voici les titres et les artistes à rejouer, réécouter, ré-aimer

 

FRANCESCO ADINOLFI
Bienvenue dans la terrible décennie. Parmi les disques qui restent le plus à l’esprit No Hard Feelings (Acid Jazz, 2014), les débuts du British New Street Adventure: ici les ballades les plus douces alternent de façon magistrale avec l’impulsion de la white soul. Entre Paul Weller et Style Council, Curtis Mayfield et Bobby Womack. Bandshell (Flatcar / Fontana North, 2015) est le premier album de Tia Brazda, une splendide chaise longue canadienne. La voix, clignotante et enfumée, est entraînée par une bande d’ultraswing. Soul, ska et r’n’b, le Tibbs – groupe néo soul / mod basé à Amsterdam – dirigé par la voix hypnotique d’Elsa Bekman – fait ses débuts avec l’album Takin ‘over (Record Kicks, 2016) et overwhelm. C’est le groove. Comme si (Warp, 2015) dieux !!! (Chk Chk Chk) est une irrésistible incursion dance punk du groupe californien. Impossible de résister aux évolutions vocales de Nic Offer. Iggy Pop vous laisse sans voix avec Post Pop Depression (Loma Vista, 2016), écrit, produit et joué avec Josh Homme. Sombre et enveloppant presque comme les deux premiers disques solo avec David Bowie, qui vient de décéder. Attention à Scum (Parlophone, 2017), les débuts de Rat Boy qui collabore également avec les deux Blurs, Graham Coxon et Damon Albarn. Avec des chansons-caricatures d’une vie quotidienne instable et un grand politisme influencé par Clash, The Streets, Ian Dury, Jamie T et par Blur eux-mêmes. Voici les deux filles écossaises Sacred Paws. Run around the Sun (Rock Action, 2019), selon lp, est une vague de morceaux influencés par l’afrobeat (highlife), le rock déchiqueté (Vampire Weekend), les cornes et les respects à Paul Simon. Fay Hallam (chant, claviers) est la modmother. Son album Propeller (Well Suspect, 2019) condense et affine des années de groupes et collaborations précédents, entre le canon de Hammond, les cornes, les rythmes de l’âme. A Day in a Yellow Beat (Columbia, 2020), le deuxième album des British Yellow Days, est un étonnant compendium de post-Prince synth funk, parfois décéléré parfois plus vif. Voix incroyable. Sports Team est un groupe de guitare anglais. L’album Deep Down Happy (Island, 2020) est aimablement chaotique, exubérant, ironique; pour ceux qui aiment Pulp, Blur et Parquet Courts.

ROBERTO PECIOLA
En partant à la recherche des dix albums de la dernière décennie, nous avons réalisé à quel point le rock, la pop et autres offrent de moins en moins de surprises et de qualité. C’est une question objective, pas personnelle. Bien sûr, il y a des emplois de haut niveau, très élevés certes, mais on peut les compter sur les doigts d’une main, et encore moins. Il y a en fait trois disques qui s’élèvent avant tout, à commencer par Fear Inoculum by Tool (Tool Dissectional / Volcano / Rca, 2019). Treize années d’attente n’ont pas été vaines, et leur mélange de métal (de moins en moins), de prog et d’expérimentation est porté au nième degré. Suite au splendide dernier chapitre de Midlake, Antiphon (Bella Union, 2013), réminiscences prog et folk pour la formation texane; immédiatement derrière se trouve Lonerism (Modular, 2012) des Australiens Tame Impala, alors qu’ils étaient encore les champions de la nouvelle scène psychédélique, un album presque parfait. Il n’est pas étonnant que les trois disques en question se tournent vers des sons du passé, et il en va de même pour des œuvres comme le client préféré de Dieu (Bella Union, 2018) du père John Misty, qui reprend des thèmes très 70, ainsi que Beck avec son album de 2014 Morning Phase (Capitol), tandis que Act V: Hymns with the Devil in Confessional (Rude, 2016) de The Dear Hunter est un pur rock progressif. Le punk et le post-punk sont en plein renouveau outre-Manche, et deux albums les représentent le mieux, Joy as an Act of Resistance by the English Idles (Partisan, 2018) et A Hero’s Death (Partisan, 2020) des dubliners Fontaines DC La grande découverte de la décennie ont été les Elder, qui ont sorti une série d’albums et d’eps de qualité, y compris du hard rock, du prog et des soixante-dix psychédéliques, culminant cette année avec Omens (Stickman), et pour fermer le palmarès, last but not least, les Queens of the Stone Age qui en 2013 ont sorti… Like Clockwork (Matador), avec l’une des meilleures chansons de la décennie, I Appear Missing. Enfin, une citation supplémentaire, pour la splendide œuvre folklorique Tamer Animals by Other Lives (Pias / Self) qui a ouvert la décennie en avril 2011.

MARCO DE VIDI
Que s’est-il passé en une décennie? Le triomphe du populisme, du racisme, de la crise climatique, de la pandémie, alors que les réseaux sociaux nous envahissent. Le rock ne suffit plus pour raconter l’Apocalypse à venir, sans Chelsea Wolfe qui explore les ténèbres avec Abyss (Sargent House, 2015). Le hip hop est beaucoup plus efficace, de Kendrick Lamar, lauréat du Pulitzer avec Damn (Aftermath, 2017) à Run the Jewels, immergé comme jamais auparavant dans l’actualité avec RTJ4 (Bmg, 2020), la bande originale parfaite pour Black Lives Matter. Et MIA, la bad girl réfugiée du Sri Lanka à Londres, qui n’a jamais cessé de raconter cette expérience, comme à Matangi (Interscope, 2013). « L’Europe est perdue, l’Amérique perdue, Londres perdue », chante ainsi Kate Tempest (désormais appelée Kae) dans Let Them Eat Chaos (Fiction, 2016), essayant de donner un sens à la confusion qui nous entoure. Traverser les ténèbres, à côté de la mort, c’est l’intuition précieuse de David Bowie, avec son testament Blackstar (Rca, 2016), tandis que le compositeur islandais Johann Johannsson est également allé, capable de contenir tout l’univers dans une œuvre musicale avec Orphée (Deutsche Grammophon, 2016). Univers qui se désintègre et s’effondre sous les mutations d’Arca, un musicien vénézuélien qui exprime parfaitement l’accélération décomposée, abrupte et violente qui semble prête à nous submerger, qui dans l’homonyme Arca (XL, 2017) chante en espagnol, en se mettant à nu. Ou comme Fka Twigs, qui dans Magdalene (Rough Trade, 2019) tente de redécouvrir l’identité, la réalité, la corporéité. Enfin: un dossier parfait, complet et définitif: Legalize Drugs and Murder by Electric Wizard (Rise Above, 2012), possédé par l’esprit du sabbat, plus déformée et annihilante que jamais. Il est juste que tout se termine ainsi, avec un message extrêmement propice pour la nouvelle année.

ANTONIO BACCIOCCHI
I’m New Here de Gil Scott-Heron (XL, 2011) est l’un des rares albums à avoir pu écrire une nouvelle façon de faire du blues, le rendant moderne et actuel. Ce n’est pas pour rien que le génie musical de Damon Albarn est derrière lui. L’un des principaux protagonistes de l’histoire du rock, Iggy Pop, a sorti, en 2016, son meilleur album post Stooges, Post Pop Depression (Caroline International) avec l’aide inestimable de Josh Homme: post-punk, blues, punk attitude. Sublime. L’adieu flagrant, sombre, émouvant et dévastateur de David Bowie Blackstar (Rca, 2016) est le sceau de cette œuvre d’art qui a été toute sa carrière. Kamasi Washington avec le monumental The Epic (Brainfeeder, 2015) a ramené le jazz dans les charts, l’a revitalisé et l’a rendu cool. Les derniers jours d’Oakland (Blackball, 2016) a fait exploser la star de Fantastic Negrito, y compris la soul, le punk funk, le blues, le gospel. Inimitable et écrasant. Divide and Exit (Harbinger Sound, 2014) de Sleaford Mods fait partie des propositions les plus fraîches publiées ces dernières années, avec un groove rap et post-punk efficace et troublant. Personne ne se serait attendu à un retour aussi convaincant des Specials avec Encore (Island, 2019), un mélange très moderne de funk, de soul, de reggae, de dub et de politique militante. Avec Saturns Pattern (Parlophone, 2015), Paul Weller a conçu un nouveau son qui s’inspire de l’électronique, de la soul et bien plus encore. Reconnaissable, très personnel, (mod) erno. En Italie, Eugenio Finardi dans Fibrillante (Universal, 2015) revient se battre, pour très bien écrire, pour représenter au mieux l’auteur-compositeur militant, comme il se doit toujours. Folfiri et folfox (Universel,

FLAVIO MASSARUTTO
Les Dix ans nous donnent quelques tendances qui peuvent être résumées en dix records. Bons maîtres. L’histoire épique des luttes pour les droits civiques en quatre CD: Wadada Leo Smith Ten Freedom Summers (Cuneiform, 2012). Un grand compositeur, penseur et organisateur de sons rend hommage à son ami Butch Morris. Musique inouïe, inouïe, autrement dit jazz: Henry Threadgill Old Locks and Irregular Verbs (Pi, 2016). Guerriers de jazz. Les nouvelles femmes du jazz s’imposent pour leur autorité, leur vision large, l’expérimentation de nouveaux langages. Qu’ils racontent des histoires de famille ou des dystopies afrofuturistes, leurs archives sont les plus politiquement et socialement conscientes. Et l’avenir leur appartiendra: Matana Roberts Coin Coin Chapter One: Gens de couleur libres (Constellation, 2011); Nicole Mitchell Intergalactic Beings (Fpe, 2016); Jaimie Branch Fly or Die II: Bird Dogs of Paradise (Hymne international, 2019). Musiciens de synthèse. De New York à Los Angeles, de Chicago à Londres, c’est un ferment de rencontres et d’intersections, de réélaborations de l’histoire et d’évasions en avant. Minimalisme, électronique, musique du monde et tous les posts possibles (bop, gratuit, rock). Élégance et raffinement, précision et ouverture. Et quand la bonne méchanceté est nécessaire. Craig Taborn Daylight Ghosts (Ecm, 2017), Ambrose Akinmusire On the Tender Spot of Every Calloused Moment (Blue Note, 2020), Rob Mazurek Black Cube SP Return the Tides: Ascension Suite and Holy Ghost (Cuneiform, 2014), Sons of Kemet Burn (Naim, 2013). Et pour finir, ou pour commencer: le chef-d’œuvre de la décennie. Le triomphe du hip hop, sa maturité et sa consécration. Personne ne peut ignorer ce disque, y compris les amateurs de jazz:

STEFANO CRIPPA
Une décennie interlocutoire dont on se souviendra pour des célébrations en grande pompe et avec style et des vendettas froides. Comme celle du disque qui en 2013 – grâce au duo français Daft Punk – se venge des (ex) punkettari grâce à un album parfait, Random Access Memories (Sony), plein de citations, d’idées et de belles chansons. Kendrick Lamar n’est pas simplement un rappeur, il est bien plus, To Pimp a Butterlfy (Universal, 2015) entre références culturelles noires et jazz, une couverture symbolique qui raconte mieux l’Amérique et les tensions raciales que de nombreux essais, était peut-être le disque le plus complexe. de la décennie. Une décennie pleine d’adieux douloureux, mais David Bowie deux jours avant de quitter ce monde nous a offert un chef-d’œuvre: Blackstar (Rca, 2016). Même l’âme de la vieille école a pris sa revanche à travers l’un des artistes anglais les plus expressifs, Michael Kiwanuka avec Love and Hate (Universal, 2016), des chansons et des sons mis à jour en son par Danger Mouse, tandis que Cécile McLorin Salvant avec Woman Child (MackAvenue, 2017) présente des idées très claires dans le domaine du jazz. Pop à travers la voix d’Adele a démontré avec 21 et 25 (XL, 2011 et 2015) que le chant léger n’est pas synonyme de frivolité … En Italie, Mina et Fossati (SonyMusic, 2019) ont jumelé onze chansons écrites comme cela arrive rarement, tandis que l’outsider Paolo Benvegnù donne (malheureusement pour quelques …) des essais sur le rock de l’auteur, Earth Hotel (Woodworm, 2017) explore l’amour et l’environnement. Enfin revenue à la musique, Loredana Bertè renaît avec un album oscarisé rien que pour le titre, Libertè (Warner, 2018),

LUCIANO DEL SETTE
Le label indépendant belge Crammed a lancé le post-rock d’Amatorsky en 2011. TBC est un début fascinant entre l’acoustique et l’électronique, avec Inne Eysermans, multi-instrumentiste à la voix inestimable. Un an plus tard, la Suisse Rachel Hamel, alias Oscar Louise, présente Empty House (Phénix / New Model Label), un petit bijou de soft rock voilé de jazz. Date 2103 Nuits de fourvière (Eagle Vision), hommage à Bryan Ferry, du concert mémorable du 23 novembre 2013 à Lyon. Lunaria, d’Etta Scollo (Sonzogno / Egea, 2014), musique sur la fable homonyme de Vincenzo Consolo, réaffirme le talent de l’artiste catane, installé à Hambourg depuis trente ans. Sicilien aussi, Dimartino a jusqu’à présent donné le meilleur de lui-même dans Un pays dont nous avons besoin (Picicca discs, 2015). Migrants d’Italie et d’autres mondes, souvenirs d’enfance, célébrations et rituels. Le 7 novembre 2016, Leonard Cohen meurt, laissant le merveilleux et indélébile testament de You Want it Darker (Columbia). En 2017, la star congolaise Baloji publie Kinshasa Succursale (Crammed), un moteur puissant qui tourne aux rythmes métis et ancestraux, rumba, jazz. Producteur et manipulateur de génie des choses d’autrui, l’Autrichien Klaus Waldeck, 2108, ouvre son Atlantic Ballroom (Dope Noir), où résonnent tango, blues, groove, écoute facile. #Fake News # (Menart, 2019), le dixième album des Bosniaques Dubioza Kolektiv, est une formidable sarabande de rock et funk, électronique et ska, fanfare balkanique. Enfin, 2020, Sabina Sciubba et Force majeure (Goldkind), douze pièces pour une représentation théâtrale. Leader et seule femme des Brazilian Girls, Sabina, une incroyable contralto multilingue, se livre au jazz, à l’électronique, aux partitions baroques, au punk romantique. laissant le merveilleux et indélébile testament de You Want it Darker (Columbia). En 2017 la star congolaise Baloji publie Kinshasa Succursale (Crammed), un moteur puissant qui tourne aux rythmes métis et ancestraux, rumba, jazz. Producteur et manipulateur de génie des choses d’autrui, l’Autrichien Klaus Waldeck, 2108, ouvre son Atlantic Ballroom (Dope Noir), où résonnent tango, blues, groove, écoute facile. #Fake News # (Menart, 2019), le dixième album des Bosniaques Dubioza Kolektiv, est une formidable sarabande de rock et funk, électronique et ska, fanfare balkanique. Enfin, 2020, Sabina Sciubba et Force majeure (Goldkind), douze pièces pour une représentation théâtrale. Leader et seule femme des Brazilian Girls, Sabina, une incroyable contralto multilingue, se livre au jazz, à l’électronique, aux partitions baroques, au punk romantique. laissant le merveilleux et indélébile testament de You Want it Darker (Columbia). En 2017 la star congolaise Baloji publie Kinshasa Succursale (Crammed), un moteur puissant qui tourne aux rythmes métis et ancestraux, rumba, jazz. Producteur et manipulateur de génie des choses d’autrui, l’Autrichien Klaus Waldeck, 2108, ouvre son Atlantic Ballroom (Dope Noir), où résonnent tango, blues, groove, écoute facile. #Fake News # (Menart, 2019), le dixième album des Bosniaques Dubioza Kolektiv, est une formidable sarabande de rock et funk, électronique et ska, fanfare balkanique. Enfin, 2020, Sabina Sciubba et Force majeure (Goldkind), douze pièces pour une représentation théâtrale. Leader et seule femme des Brazilian Girls, Sabina, une incroyable contralto multilingue, se livre au jazz, à l’électronique, aux partitions baroques, au punk romantique. testament indélébile de You Want it Darker (Columbia). En 2017, la star congolaise Baloji publie Kinshasa Succursale (Crammed), un moteur puissant qui tourne aux rythmes métis et ancestraux, rumba, jazz. Producteur et manipulateur de génie des choses d’autrui, l’Autrichien Klaus Waldeck, 2108, ouvre son Atlantic Ballroom (Dope Noir), où résonnent tango, blues, groove, écoute facile. #Fake News # (Menart, 2019), le dixième album des Bosniaques Dubioza Kolektiv, est une formidable sarabande de rock et funk, électronique et ska, fanfare balkanique. Enfin, 2020, Sabina Sciubba et Force majeure (Goldkind), douze pièces pour une représentation théâtrale. Leader et seule femme des Brazilian Girls, Sabina, une incroyable contralto multilingue, se livre au jazz, à l’électronique, aux partitions baroques, au punk romantique. testament indélébile de You Want it Darker (Columbia). En 2017, la star congolaise Baloji publie Kinshasa Succursale (Crammed), un moteur puissant qui tourne aux rythmes métis et ancestraux, rumba, jazz. Producteur et manipulateur de génie des choses d’autrui, l’Autrichien Klaus Waldeck, 2108, ouvre son Atlantic Ballroom (Dope Noir), où résonnent tango, blues, groove, écoute facile. #Fake News # (Menart, 2019), le dixième album des Bosniaques Dubioza Kolektiv, est une formidable sarabande de rock et funk, électronique et ska, fanfare balkanique. Enfin, 2020, Sabina Sciubba et Force majeure (Goldkind), douze pièces pour une représentation théâtrale. Leader et seule femme des Brazilian Girls, Sabina, une incroyable contralto multilingue, se livre au jazz, à l’électronique, aux partitions baroques, au punk romantique. En 2017 la star congolaise Baloji publie Kinshasa Succursale (Crammed), un moteur puissant qui tourne aux rythmes métis et ancestraux, rumba, jazz. Producteur et manipulateur de génie des choses d’autrui, l’Autrichien Klaus Waldeck, 2108, ouvre son Atlantic Ballroom (Dope Noir), où résonnent tango, blues, groove, écoute facile. #Fake News # (Menart, 2019), le dixième album des Bosniaques Dubioza Kolektiv, est une formidable sarabande de rock et funk, électronique et ska, fanfare balkanique. Enfin, 2020, Sabina Sciubba et Force majeure (Goldkind), douze pièces pour une représentation théâtrale. Leader et seule femme des Brazilian Girls, Sabina, une incroyable contralto multilingue, se livre au jazz, à l’électronique, aux partitions baroques, au punk romantique. En 2017 la star congolaise Baloji publie Kinshasa Succursale (Crammed), un moteur puissant qui tourne aux rythmes métis et ancestraux, rumba, jazz. Producteur et manipulateur de génie des choses d’autrui, l’Autrichien Klaus Waldeck, 2108, ouvre son Atlantic Ballroom (Dope Noir), où résonnent tango, blues, groove, écoute facile. #Fake News # (Menart, 2019), le dixième album des Bosniaques Dubioza Kolektiv, est une formidable sarabande de rock et funk, électronique et ska, fanfare balkanique. Enfin, 2020, Sabina Sciubba et Force majeure (Goldkind), douze pièces pour une représentation théâtrale. Leader et seule femme des Brazilian Girls, Sabina, une incroyable contralto multilingue, se livre au jazz, à l’électronique, aux partitions baroques, au punk romantique. L’Autrichien Klaus Waldeck, 2108, ouvre son Atlantic Ballroom (Dope Noir), où résonnent tango, blues, groove, écoute facile. #Fake News # (Menart, 2019), le dixième album des Bosniaques Dubioza Kolektiv, est une formidable sarabande de rock et funk, électronique et ska, fanfare balkanique. Enfin, 2020, Sabina Sciubba et Force majeure (Goldkind), douze pièces pour une représentation théâtrale. Leader et seule femme des Brazilian Girls, Sabina, une incroyable contralto multilingue, se livre au jazz, à l’électronique, aux partitions baroques, au punk romantique. L’Autrichien Klaus Waldeck, 2108, ouvre son Atlantic Ballroom (Dope Noir), où résonnent tango, blues, groove, écoute facile. #Fake News # (Menart, 2019), le dixième album des Bosniaques Dubioza Kolektiv, est une formidable sarabande de rock et funk, électronique et ska, fanfare balkanique. Enfin, 2020, Sabina Sciubba et Force majeure (Goldkind), douze pièces pour une représentation théâtrale. Leader et seule femme des Brazilian Girls, Sabina, une incroyable contralto multilingue, se livre au jazz, à l’électronique, aux partitions baroques, au punk romantique. douze pièces pour une représentation théâtrale. Leader et seule femme des Brazilian Girls, Sabina, une incroyable contralto multilingue, se livre au jazz, à l’électronique, aux partitions baroques, au punk romantique. douze pièces pour une représentation théâtrale. Leader et seule femme des Brazilian Girls, Sabina, une incroyable contralto multilingue, se livre au jazz, à l’électronique, aux partitions baroques, au punk romantique.

MARCO RANALDI
Dix ans de disques et de musique parfois si beaux que de rater le Respiro comme l’album homonyme de Joe Barbieri qui daté de 2012 (Microcosmo Dischi) a encore cette saveur de romantisme post-atomique dans lequel nous vivons et qui nous fait tant de bien. Comme The Young Pope de Sorrentino qui a une bande-son incroyable et incontournable signée par Lele Marchitelli pour la musique originale (Warner, 2016). Nino Rota Orchestral Works (Decca, 2013) est un disque précieux dans lequel il y a au moins deux chefs-d’œuvre Le Moliere imaginaire et Rablesiana interprétés par l’Orchestre Symphonique Giuseppe Verdi de Milan dirigé par Giuseppe Grazioli: c’était le seul projet d’enregistrement organique dédié à Nino Rota. Journal d’un maestro de Fiorenzo Carpi jamais sorti sur LP et depuis 2014 sur Digit Movies cd: fondamental. Le disque de Fratelli Mancuso Manzama (Squilibri, 2020), en revanche, a été récemment publié, parfait dans tous les équilibres. Passons au post techno pop de Justin Timberlake qui sort en 2013 un double cd: The 20/20 Experience (Rca), from confiné. A réécouter, la restauration de la bande originale de Mary Poppins sur deux CD (Disney, 2013). À l’intérieur, il y a toutes les chansons et la musique merveilleuse des frères Sherman avec la voix incomparable de Julie Andrews: d’une absence mélancolique. Et c’est une vraie Absence (Ala Bianca, 2013) du dernier album d’Enzo Jannacci, un vrai bond en avant. Just like This is love (Pressing, 2011) a la dernière mélancolie de Lucio Dalla avec une incroyable reprise d’Anema et de noyau. Les Deux Symphonies de Leonard Bernstein ont été récemment éditées dans une direction par Christina Lindberg à la tête de l’Arctic Philarmonic (Bis, 2020):

GUIDO MICHELONE
Dans la seconde moitié des Dix ans, il y a deux albums de jazz paradigmatiques au fil des sons à venir: The Epic (Brainfeeder, 2015) de Kamasi Washington et Your Queen is a Reptile (Impulse!, 2018) de Sons of Kemet: le premier est un triple débordement, avec des vents, des cordes, des chœurs, deux tambours, à la fois des instruments acoustiques et électrifiés, entre politique, mysticisme, ethnicité, dans le sillage de Pharoah Sanders, Sun Ra, McCoy Tyner, Alice Coltrane pour un africanisme aux actualité dramatique éclairante. Le second, chef-d’œuvre du Black British Jazz, comprend des sons multiethniques improvisés, même si une négritude résolue prévaut dans la combinaison de différentes cultures (postbop, rap, funk in primis). Sur le fil de la mémoire, de nombreux CD offrent une coupe transversale de la multivariété du jazz, à commencer par exemple par le chant, où, en dehors des États-Unis, il y a le Norwegian Veronica Mortensen’s Presents Passed (Stunt, 2014), dans des ballades plus ou moins swinguées, retraçant vocalement l’imagerie de grands standards; au contraire, le contemporain Fresh (Adami, 2014) du français Mina Agossi, originaire du Bénin, dans la dimension de l’écriture de chansons, souligne le spécimen éclectique du jazz, peut-être dans une touche pop et mondiale; différent encore dans Erzulie (Planeta Y, 2019) du jeune cubain Yilián Cañizares, également au violon, la saveur d’une exubérance virtuose latine capable d’absorber folk, salsa, rock, soul dans une forme de chanson originale. Depuis dix ans, il y a, dans le jazz, de l’espace pour Live at Baked Potato (Moonjune, 2020) de Soft Machine, confirmant la vitalité psychédélique du prog-rock-jazz britannique; Allt Är Intet (RareNoise, 2020) de Scandinavians The End offre le côté obscur du jazz nordique, présentant un free rugueux, avec des espaces lyriques impromptus; les doubles Figures (Crammed, 2020) du Belge Aksak Maboul confirme une fusion disruptive, redevable à Frank Zappa et Captain Beefheart. Enfin des États-Unis, The Sustain of Memory (Endectomorph, 2019) de Kevin Sun représente l’avant-garde new-yorkaise entre composition instantanée et post-tonale, tandis que le Live! (gac, 20916) par les ténoristes Scott Hamilton et Harry Allen indique la persistance du swing avec de grands moments en solo. Extra jazz et extra top dix la collection Buscadero Americana (Appaloosa, 2019) est un album qui marque de belles façons de faire revivre l’écriture. débiteur de Frank Zappa et du capitaine Beefheart. Enfin des États-Unis, The Sustain of Memory (Endectomorph, 2019) de Kevin Sun représente l’avant-garde new-yorkaise entre composition instantanée et post-tonale, tandis que le Live! (gac, 20916) par les ténoristes Scott Hamilton et Harry Allen indique la persistance du swing avec de grands moments en solo. Extra jazz et extra top dix la collection Buscadero Americana (Appaloosa, 2019) est un album qui marque de belles façons de faire revivre l’écriture de chansons. débiteur de Frank Zappa et du capitaine Beefheart. Enfin des États-Unis, The Sustain of Memory (Endectomorph, 2019) de Kevin Sun représente l’avant-garde new-yorkaise entre composition instantanée et post-tonale, tandis que le Live! (gac, 20916) par les ténoristes Scott Hamilton et Harry Allen indique la persistance du swing avec de grands moments en solo. Extra jazz et extra top dix la collection Buscadero Americana (Appaloosa, 2019) est un album qui marque de belles façons de faire revivre l’écriture de chansons.

HONNEURS LUIGI
Trois artistes de plus que matures et confirmés témoignent d’une créativité inépuisable et placent le jazz italien dans un contexte international. Roma d’Enrico Rava (Ecm, 2019) est un excellent récital avec un quatuor de stars, dont Joe Lovano. En trois concerts. En direct à l’Auditorium Parco della Musica (PdM, 2015) le pianiste Franco D’Andrea discute avec Dave Douglas et Han Bennink, il se produit en solo et avec son septuor, toujours à des niveaux stratosphériques. Les cinq CD de Fifty Years Played (L’Espresso / Tuk, 2012) montrent la poétique de Paolo Fresu dans un voyage réel et global qui unit les collaborations sonores, le monde et la Sardaigne. Giovanni Falzone, trompettiste et compositeur, fait partie des protagonistes de la décennie pour les partenariats et les projets, par exemple sa réinterprétation très vitale du libre dans Autour d’Ornette (Parco della Musica, 2011). Antonio Apuzzo, multi-instrumentiste, il produit depuis des années des albums très originaux, comme Musiche insane (Alfa Music, 2020), une suite qui allie jazz et poésie dans une vision lucide et dystopique. La multi-facettes Maria Pia De Vito, a créé parmi les nombreux projets valables Core (Coração) (ViaVeneto Jazz, 2017), un mariage heureux entre le Brésil et Naples. Ada Montellanico rend hommage et met à jour la figure militante d’Abbey Lincoln dans Abbey’s Road (Incipit, 2017). Il s’agit d’un authentique documentaire sonore The Beat Goes On (Candid, 2014), réalisé par la chanteuse et compositrice Elisabetta Antonini: un « cri » de liberté. Le septuor Dinamitri Jazz Folklore donne vie à une suite contemporaine, archaïque et archétypale dans The Society of Masks (Rudi, 2012). Le Lydian Sound Orchestra, qui dure depuis longtemps, dirigé par Riccardo Brazzale, se démarque pour We Resist! (PdM, 2018),

MERCI RITA DI FLORIO
Une décennie d’enregistrement vient de se terminer et les playlists 2020 sont allées remuer parmi nos coups de cœur. Sur les ondes gravitationnelles de Voodoo of the Godsent (OnU-Sound, 2011) d’African Head Charge, un concentré de tribalisme et de technologie qui a émergé du ventre généreux de la créature d’Adrian Sherwood. Maintenant réédité dans un coffret de 5 cd, avec les classiques de 1990 à 2011 et un titre qui suit la philosophie du groupe, Drumming is a Language. Entre un claquement de doigts et un battement d’ailes, Mario Galeano et Quantic orchestrent Ondatrópica (Soundway, 2012): un casting stellaire déjoue tout soupçon revivaliste suspect. La même année, le barde postmoderne Baloji est consacré comme le meilleur artiste nouvelle génération avec Kinshasa Succursale (Crammed, 2012), une exploration éthologique du langage et de l’identité culturelle. Le renouveau des racines d’inspiration imprègne plutôt la musique diaphane d’Inna de Yard, un projet acoustique en vogue avec The Soul of Jamaica (ChapterTwo, 2017). Une affaire entre décans et carneadi. A l’image du Franco-Béninois, Joe Pilgrim, qui s’est révélé dans le cercle concentrique du reggae avec Intuitions (Soul Nurse, 2015). Ancient Observer (Nonesuch, 2017) du pianiste arménien Tigran Hamasyan, pose la question d’une nouvelle épistémologie, sur la manière de traiter les matériaux du passé. Sans aucun intellectualisme comme le Congolais Mbongwana Star, From Kinshasa (World Circuit, 2015), ou les Kasaï Allstars de Beware the Fetish (Crammed, 2014), dans une relation dialogique entre tradition / trahison. Dans un champ tout aussi miné, les Heliocentrics of A World of Masks (Soundway, 2017) se déplacent avec dextérité. Pour 2020, le choix se porte sur We Are Sent Here by History (Impulse!).

GUIDO FESTINAIS
Le premier disque de la décennie, commençant par la lettre A, est l’œuvre du glorieux Art Ensemble de Chicago, 2019, We Are on the Edge, sous-titré A 50th Anniversary Celebration (Pi). Il n’y a pas de rhétorique festive, mais un ensemble étendu à dix-huit musiciens, dont « notre » Silvia Bolognesi, qui donne une leçon de « Great Black Music », avec une dédicace pour Lester Bowie, Joseph Jarman, Malachi Favors. Toujours dans le (grand) territoire du jazz, le trésor d’archives inattendu de 2018 d’Impulse! pour John Coltrane, les deux directions à la fois. L’album perdu. Pour donner une longueur d’avance au contemporain, l’un des projets visionnaires de Shabaka Hutchings, qui a hérité du feu et de la profondeur de cette saison: The Comet Is Coming, Channel the Spirit (Leaf, 2016). La deuxième décennie de 2000 a emporté tant de belles personnes, mais un souvenir particulier revient au Claudio Lolli isolé et piquant de ces dernières années, avec le dernier chef-d’œuvre Le grand froid de 2017 (La Tempesta). Un regard sur la musique du monde de la décennie conduirait sans aucun doute à braquer aussi les projecteurs sur le nouveau fado de Carminho, qui en Maria (Warner) donne en 2018 un disque poignant et presque parfait. L’immense Bob Dylan de Rough and Rowdy Ways (Columbia, 2020) a également trouvé la perfection de l’écriture après tant de boiterie, tandis que le point d’équilibre entre rock progressif historique et contemporain est remporté par l’intellectuel Steven Wilson de Grace for Drowning (Kscope , 2011). Si vous voulez imaginer une séance entre Led Zeppelin et l’historique Deep Purple, allez écouter le fumigant Black Country Communion of 2 (Mascot, 2011), Glenn Hughes sur les boucliers, si vous voulez jeter un coup d’œil à l’apocalypse, pensez aux Canadiens Godspeed You! Empereur noir d’Allelujah! Don’t Bend Ascend (Constellation, 2012) ou Axiom’s British Archive (Dangervisit, 2014).

SIMONA FRASCA
C’était un examen de fin d’études avec les honneurs pour Daft Punk, Random Access Memories (Columbia, 2013) avec des hommages élégamment transformés en un voyage dans le temps avec les meilleurs vêtements de la haute couture futuriste. Affliction et inquiétude dans Future Islands ‘Singles (4AD, 2014) et leur lyrisme synthé pop des romans The Smiths (dont Morrissey), une énorme erreur de le considérer comme un disque dérivé. À l’horizon de Sound & Color (Rough Trade, 2015) d’Alabama Shakes émergent des réminiscences de chansons aux flambeaux et une sensualité généralisée pour un album de soul fièrement noir. Le Touareg avec groove à vendre Bombino con Azel (Partisan, 2016) place l’ampli au milieu du désert et son magnifique blues berbère est né. Soudain, le monde était plus riche. Contrepoint émotionnel-instrumental complet dans Hot Pensées (Matador, 2017) de Spoon, un voyage indie rock marbré de sons de jingle et de riffs évocateurs funky. Un équilibre parfait entre des mondes très lointains dans Hush (Deutsche Grammophon, 2018) de Nora Fisher & Marnix Dorrestein; Scarlatti et le baroque éclairés par une nouvelle lumière, avec des voix et surtout des guitares au-dessus de nos têtes. Parlant d’équilibre, Calexico revient avec The Black Light / 20th Anniversary Edition (City Slang, 2018), en couverture de la même Chevrolet pour la version étendue de l’album phare de 1998, des pulsations avec très peu de voix au rythme des sons et des espaces incommensurables . The White Reaper of You Deserve Love (Elektra, 2019) volent les guitares de Thin Lizzy, les basses des Strokes et la voix de Marc Bolan, une authentique joie garage rock: Que pourrais-tu vouloir de plus? La confirmation que le son de la côte ouest des années 60 reste une leçon éternelle de goût et de raffinement avec une inclinaison crépusculaire peut être trouvée dans Shore (Anti-, 2020) par Fleet Foxes. Avec eux, le millénaire s’est ouvert avec un sens incomparable de finitude et de perplexité. Comme une prédiction enveloppante et dramatique, The Strokes with The New Abnormal (Rca, 2020) clôturent la décennie (avec un souhait spécial pour 2020). C’est le signe des temps.

GIANLUCA DIANA
Un besoin essentiel de mélanger des mondes apparemment lointains, de chercher autre chose, de mélanger. C’est l’élément commun de la décennie qui s’est terminée: dans tous les styles sonores possibles, le besoin d’une altérité artistique s’est révélé de manière plus ou moins disruptive. Tout cela a conduit à une émergence substantielle des sons du sud global. Avec le résultat d’avoir entre vos mains une succession de publications passionnantes: voici pour vous, un record de dix dont vous pourrez vous inspirer. Protagoniste de l’Afrique sans aucun doute grâce aux nombreux talents exprimés: du Ghana le charismatique roi Ayisoba en 2017 a frappé la marque avec 1000 Can Die (Glitterbeat), on peut en dire autant de la diva saharienne Mariem Hassan grâce au sensationnel El Aaiun Egdat ( Nubenegra) en 2012, du chanteur et guitariste malien Samba Touré avec Gandadiko (Glitterbeat) en 2015 et de l’Ougandais Nihiloxica avec Kaloli (Crammed) sorti cette année. Une infinité de beauté est venue des États-Unis, d’où la grande joueuse de jazz afro-américaine Matana Roberts a émergé avec Coin Coin Chapter One: Gens de couleur libres (Constellation) de 2011, les spectaculaires porte-étendards du blues des collines du nord du Mississippi Allstars avec World Boogie is Coming (Songs of the South) de 2013, l’explosion du génie de Fantastic Negrito, avec l’album The Last Days of Oakland (Blackball Universe) en 2016 et la classe infinie du Texan Leon Bridges, qui avec Good Thing (Columbia) était le protagoniste de 2018. Le même rôle l’année suivante a été rempli par le Britannique The Comet Is Coming with Trust in the Lifeforce of the Deep Mystery (Impulse!),

GUIDO MARIANI
Bon Iver avec son album éponyme (Jagjaguwar, 2011) a trouvé l’équilibre parfait entre mélodie et recherche musicale. Mélange de timidité, d’agression et de pur talent, Florence Welsh avec Cerimonials (Island, 2011), signée Florence + The Machine, a montré la richesse de son arsenal. De la province américaine, Gaslight Anthem (Handwritten, 2012) et Menzingers (On the Impossible Past, 2012) nous ont rappelé que le col bleu est toujours vivant et a une âme punk. Pour AM (Domino, 2013), les Arctic Monkeys ont changé de peau, amenant la banlieue de Sheffield à l’Ouest américain. U2 a dévoilé son âme dans Songs of Innocence (Island, 2014), une œuvre qui devrait être considérée comme faisant partie des Songs of Experience de 2018. Yesterday’s America, racontée avec la musique d’aujourd’hui: Hamilton (Atlantic, 2015), écrit et mis en musique par Lin-Manuel Mirando, c’est bien plus qu’une comédie musicale: c’est une histoire chorale sur le rêve américain. John Baizley a vu sa vie s’effondrer lorsque le bus dans lequel il voyageait avec son groupe, la baronne, s’est écrasé d’un viaduc. Le retour à la vie est raconté dans Purple (Abraxan Hymns, 2015) métal, prog et psychédélisme entremêlés de peur et de désir de renaissance. « Beaucoup d’entre nous ne veulent pas changer. Mais que se passe-t-il quand quelque chose d’aussi catastrophique se produit qu’il nous oblige à changer? » est la question dans Skeleton Tree de Nick Cave (Bad Seed Ltd, 2016). L’artiste évoque la mort de son fils adolescent: une réflexion humaine et spirituelle poignante. Nous avons terminé une année cruelle avec une lueur d’espoir: Bruce Springsteen avec Letter to You (Columbia, 2020) nous dit que l’âge n’est pas qu’un chiffre,

GIROLAMO DE SIMONE
Au bord de la mémoire. Avec une énergie propulsive pure, le grand pianiste et compositeur florentin Daniele Lombardi s’est consacré à l’exploration des masses sonores de plusieurs pianos dans le sillage de Cecil Taylor; Constellation second (Cramps, 2011) est un live enregistré à Florence en 2010. In Piano Calling (Ishtar, 2012) Cesare Picco distille des merveilles et des sorts sonores d’une signature d’auteur inépuisable. De Valerio Daniele viennent, avec une beauté inégalée, les 7 petites choses (Desuonatori, 2013), une œuvre capable de rappeler l’intimité de Luciano Cilio. Gianni Lenoci, grand improvisateur non jazz: son « piano solo » du nom de Morton Feldman (Amirani, 2013) est irremplaçable. Un autre cd précieux et «divergent» est The New Bach Image (Stradivarius, 2014) de Luca Guglielmi, sur l’hypothèse – tirée de commentaires d’époque – que Bach a interprété des oeuvres pour violon seul sur le clavicorde, faisant exploser les polyphonies improvisées. Incroyable chanteuse, mais aussi théoricienne et compositrice, de Romina Daniele il faut avoir le corpus sonore monolithique Spannung (Rdm, 2015). Organisé par Valle-Santarcangelo, c’est Musique pendant un an (Mazagran, 2017) par l’inoubliable Enore Zaffiri, l’un des pères de l’électronique italienne. Riche en nuances intimes et avec une belle touche, la monographie de Maurizio Baglini consacrée à Schumann, Kreisleriana, Davidsbündlertänze, Kinderszenen (Decca, 2018): chefs-d’œuvre pour piano pleins d’affection et de réminiscences qui font référence à Hoffmann et Clara Wieck. Un chef-d’œuvre de mémoire inconciliable est Innocence (Auand, 2019) de Luca Flores, un doublé sublime avec les émouvantes «bandes redécouvertes» du grand jazzman cher à Chet Baker. Regard vers le futur: Federica Tranzillo et Lorenzo Pone, Sonates pour violon napolitain voilé de Naples (Mozarteum, 2020). Le disque comprend les rares Sonates pour violon et piano d’Achille Longo et Giuseppe Martucci, et constitue le début d’une étude historique et interprétative consacrée à quelques figures de la grande musique italienne. Le pianisme de Lorenzo Pone est précieux et précis, et le phrasé au violon de Federica Tranzillo est vraiment agréable.

VILMO MODONI
Le sentiment d’un équilibre global de la dernière décennie? Partagez les émotions que certains disques ont suscitées. Commençons par une bombe de 2020: Terre neuve (Verycords) de Brigitte Fontain, française née en 1939. Oui, vous avez raison, 81 ans. Après deux minutes de récitatif fatigant sur un orgue liturgique, le disque explose avec des échos de Velours, Suicide et des chansons à la lisière de l’industriel. Après la jeunesse, il est fantastique de rencontrer le troisième âge sonore. Une autre dame qui a marqué la décennie avec cinq productions est Lana Del Rey. Nous mentionnons la première œuvre de 2012, Born to Die (Polydor). Un gars qui a marqué des décennies et qui en marquera plusieurs autres est David Bowie. Il est parti il ​​y a quatre ans pas avant de nous donner deux merveilles. J’ai choisi The Next Day (Columbia) de 2013. Quelques échos de sa trilogie berlinoise résonnent dans Have You in My Wilderness (Domino), l’album 2015 de Julia Holter, synthèse réussie entre l’électronique et la pop. Et la pop marquée par un lyrisme majestueux et puissant est ce que Pavo Pavo a produit en 2016 avec Young Narrator in the Breakers (Bella Union). En 2014, War On Drugs a sorti son chef-d’œuvre: Lost in the Dream (Secretly Canadian). La pureté du son est frappante: large, liquide, plein d’effets d’espace inhabituels pour une œuvre de matrice roots-rock. L’année suivante, c’est Sufjan Steven qui se démarque avec Carrie & Lowell (Asthmatic Kitty), un opéra caractérisé par une voix plus sans défense que jamais. Mais la palme de l’écriture intense et mélancolique revient, en 2019, à Adrianne Lencker et son Big Thief, sorti avec deux titres: UFOF et Two Hands (4AD). La décennie, en 2016,

MARIO GAMBA
La lumière qui brille le plus dans la décennie vient de lui, de Roscoe Mitchell. Avec Bells for the South Side (Ecm, 2017). Pour le leader de l’Aeoc, compositeur, multi-instrumentiste (sur anches et percussions) c’est ce qu’était la Neuvième Symphonie pour Beethoven. Le point culminant d’une histoire artistique avec de nouvelles projections en avant. Quatre trios s’alternent et s’entremêlent dans une symphonie anormale où les idiomes les plus radicaux et les plus passionnants entrent en scène sans jamais renier l’inspiration d’un savoir appelé jazz. Cecil Taylor est un autre homme de premier plan qui incorpore des styles euroculturels mais qui reste jazzman. Dans l’inédit d’importance historique At Angelica 2000 Bologna (I Dischi di Angelica, 2020), il rappelle également aux distraits que dans sa musique pour piano, hommage à l’improvisation, il y a des origines africaines, afro-américaines et jazz. Deux albums curieux et importants de musique contemporaine «savante»: Orchestral and Chamber Works Vol.1 (Stradivarius, 2018) avec neuf chansons de Rossella Spinosa, penseuse imaginative, et Still, yet, and Again (Stradivarius, 2019) avec quatre chansons de Diana Soh, hédoniste mathématique. Six albums manquants. Pourquoi ne pas en profiter pour signifier une petite monographie? À qui? Par Ingrid Laubrock, saxophoniste et compositrice. Allemand souvent stationné aux États-Unis. Tous ses albums sont publiés par Intakt. Improvisateur réfléchi et également amusé dans les duos Kasumi (2019) avec le pianiste Aki Takase et Blood Moon (2020) avec un autre pianiste résolument avant-gardiste, le ravissant Kris Davis. Leader et de plus en plus compositeur, également dans le sens de l’écriture et de l’orchestration, dans IL Octet (2014), Serpentines (2016),

CAMILLO VEGEZZI
L’album de la décennie ne peut être que Blackstar (Rca, 2016), la chanson du cygne de David Bowie: une œuvre parfaite, avec laquelle il a révélé son côté plus humain après une vie de transformations. Un candidat pour prendre le relais, non pas musicalement mais pour la profondeur et la crédibilité, pourrait être Nick Cave, qui avec le chef-d’œuvre Push the Sky Away (Bad Seed Ltd, 2013) a inauguré un triptyque d’albums destinés à rester longtemps dans l’imaginaire commun. temps. Le podium est complété par Thurston Moore, qui avec Rock n Roll Consciousness (Fiction, 2017) – cinq morceaux passionnants entre noise-rock, feedback et distorsions – a atteint sa maturité post Sonic Youth. En 2012, Neneh Cherry avec The Cherry Thing (Smalltown Supersounds) a combiné une voix passionnante avec des bases avant-jazz impétueuses pour un disque incontournable. Divide and Exit de Sleaford Mods (Harbinger Sounds, 2014) et The Ooz de King Krule (True Panther, 2017) représentaient le meilleur côté du Royaume-Uni: deux albums où les bonnes influences et une bonne dose de colère coulaient dans les paroles et les sons parfaits pour décrire les années du Brexit. Ty Segall avec Freedom’s Goblin (Drag City, 2018) a atteint l’apogée de sa carrière, replaçant guitares et psychédélisme au centre du village. Dans le domaine de la musique noire, A Tribe Called Quest avec We Got it from Here … Thank You 4 Your Service (Epic, 2016) sont de retour pour faire entendre leur voix contre la présidence Trump, tandis que The Cycle (Don Giovanni, 2020) ) du collectif Mourning BLKstar était la bande originale idéale du mouvement Black Lives Matter. En Italie, personne comme Flavio Giurato: La disparition de Majorana (Entrée,

ANDREA LANZA
Sur le podium Lady Gaga et son Born This Way de 2011. Hypnotique et accrocheur est le manifeste de la pensée de l’artiste, un monde traversé par des fous magnifiques et sensuels de Tod Browning. La beauté d’être laid de 2015 suit, la meilleure naissance du solo J-ax, un album qui passe de mélodies engagées à d’autres plus légères mais toujours avec un arrière-goût unique de mélancolie sincère. En 2012, Prétendons que c’est vrai, le retour d’Adriano Celentano avec un disque, pour le dire à sa manière, «rock» après les gentillesse mielleuses avec Mina. Des chansons puissantes avec la collaboration de Nicola Piovani, Jovanotti, Giuliano Sangiorgi, Manu Chao, Raphael Gualazzi, le percussionniste indien Trilok Gurtu et Franco Battiato. Intense. De la même année est Born to Die de Lana Del Rey, un album aux mélodies sombres, une fresque cruelle et désespérée des États représentée par l’extraordinaire voix de l’artiste. En 2014, je ne sais pas danser de la jeune Annalisa (Scarrone), son troisième album, le plus mature après ses débuts immatures et incolores. Blackstar date de 2016 et est le dernier album de David Bowie, pierre tombale de la carrière d’un artiste aux multiples facettes, son album original le plus éclectique dans une discographie de produits uniques et à contre-courant. Pour clore les trois dernières mentions (extraordinaires): le poignant Skeleton Tree de Nick Cave & The Bad Seeds (2016), le funéraire You Want it Darker de Leonard Cohen (2016) et l’actuel Modern Vampires of the City by Vampire Weekend (2013) ). Blackstar date de 2016 et est le dernier album de David Bowie, pierre tombale de la carrière d’un artiste aux multiples facettes, son album original le plus éclectique dans une discographie de produits uniques et à contre-courant. Pour clore les trois dernières mentions (extraordinaires): le poignant Skeleton Tree de Nick Cave & The Bad Seeds (2016), le funéraire You Want it Darker de Leonard Cohen (2016) et l’actuel Modern Vampires of the City by Vampire Weekend (2013) ). Blackstar date de 2016 et est le dernier album de David Bowie, pierre tombale de la carrière d’un artiste aux multiples facettes, son album original le plus éclectique dans une discographie de produits uniques et à contre-courant. Pour clore les trois dernières mentions (extraordinaires): le poignant Skeleton Tree de Nick Cave & The Bad Seeds (2016), le funéraire You Want it Darker de Leonard Cohen (2016) et l’actuel Modern Vampires of the City by Vampire Weekend (2013) ).

Source: https://ilmanifesto.it/2011-2020-i-dischi-resistenti/

Imprimer