PNAC stands for the Project for a New American Century. Its first order of business was overthrowing Iraq in order “to begin a dramatic restructuring of the Middle East political landscape along lines consistent with the neoconservatives’ vision for Israeli security, which they had outlined in numerous documents since the mid-1990s.” (photo source)

La politique étrangère américaine est manifestement prise en otage par une élite corrompue. Y compris des reporters et journalistes qui relayent ce que leur racontent leurs sources « anonymes » au sein de l’administration. Une partie de la raison pour laquelle les États-Unis courent des risques graves de guerre avec la Russie est que la politique étrangère à Washington est menée par un cercle pratiquement fermé. Et ce cercle est dominé par des gens comme les « Kagans ». [Réd]

Les néoconservateurs sont déterminés à provoquer un nouveau désastre en Ukraine.


Par James Carden

Publié le 15 décembre 2021 sur Asia Times sous le titre Neocons bent on starting another disaster in Ukraine


En fait, les néoconservateurs de Washington ont un instinct de survie infaillible. Ayant provoqué de multiples désastres au cours des deux décennies qui ont suivi les attaques terroristes du 11 septembre 2001, de la guerre en Irak aux débâcles jumelles en Libye et en Syrie, les néoconservateurs semblent avoir perfectionné l’art d’échouer.

Stephen Walt, de l’université de Harvard,  Stephen Walt a dit un jour en plaisantant qu' »être un néocon signifie ne jamais avoir à s’excuser ». Et à cet égard, l’histoire de la famille Kagan est instructive.

Robert Kagan, chroniqueur au Washington Post, senior fellow à la Brookings Institution et auteur de pseudo-histoires telles que The Jungle Grows Back, est depuis des années l’un des principaux défenseurs du militarisme américain.

Son frère Frederick est un chercheur résident à l’American Enterprise Institute, un institut néoconservateur. Dans un article paru dans The Hill le 7 décembre, Frederick Kagan Frederick Kagan affirmait que le contrôle de l’Ukraine par la Russie « créerait une menace existentielle pour la Pologne et même pour la Roumanie – une menace à laquelle on ne pourrait faire face qu’en déployant des forces terrestres et aériennes américaines et européennes dans ce qui pourrait devenir un nouveau rideau de fer ». Lui et sa femme Kimberly, qui dirige l’Institute for the Study of War – un autre groupe de réflexion pro-guerre de Washington – étaient de proches conseillers du général en disgrâce et ancien directeur de la Central Intelligence Agency David Petraeus. En effet, Frederick et son épouse sont souvent cités comme les cerveaux de la stratégie de renfort menée par l’administration de George W Bush en 2007-2008.

 Kimberly Kagan (épouse de Fred Kagan de la grande famille néocon Kagan) s’exprime sur le Washington Journal, le 15 juin 2014. Le lendemain des attentats du 11 septembre, les Kagan exhortaient les États-Unis à attaquer les Palestiniens, malgré le fait qu’ils n’avaient aucun lien avec le 11 septembre. Kimberly est fondatrice et présidente de l’Institut pour l’étude de la guerre ; elle s’est opposée à la Syrie, à l’Iran et à la Russie ; et a exhorté à une guerre prolongée en Afghanistan. (photo source)

Mais le membre le plus puissant du clan Kagan est Victoria Nuland, l’épouse de Robert et sous-secrétaire d’État américaine aux affaires politiques.

Sous Barack Obama, Nuland a été porte-parole du département d’État, un poste pour lequel elle était manifestement surqualifiée (et cela devient particulièrement clair si l’on prend en considération les qualifications du porte-parole actuel), avant d’assumer le rôle de secrétaire d’État adjoint pour les affaires européennes et eurasiennes.

C’est dans ce rôle que Nuland a aidé à orchestrer le renversement d’un président démocratiquement élu de l’Ukraine, Viktor Ianoukovitch, en février 2014, qui a conduit à une guerre civile dans laquelle plus de 13’000 personnes sont mortes, selon les Nations unies.

Un soldat monte la garde près de bâtiments détruits pendant la guerre civile ukrainienne, le 1er juin 2016. La guerre a résulté du coup d’État que Nuland a aidé à organiser ; elle a coûté la vie à au moins 13 000 personnes (photo originale)

Une partie de la raison pour laquelle les États-Unis courent un risque grave de guerre avec la Russie – et les politiques qui nous ont amenés à ce point font l’objet de précieux débats – est que la politique étrangère à Washington est menée par un cercle pratiquement fermé.

Et ce cercle est dominé par des gens comme les Kagans.

Les organisations médiatiques traditionnelles de Washington jouent également un rôle dans la perpétuation de ces politiques étrangères en servant de chambre d’écho à la bureaucratie permanente. Pour s’en convaincre, il suffit de consulter la page éditoriale du Washington Post, qui, dès le début de la crise ukrainienne, a cavalièrement rejeté les appels à la diplomatie et à l’engagement et a, au contraire, appelé à la guerre pure et simple.

Un exemple de cela est le point de vue du Washington publié sur sa page éditoriale le 21 août 2014 :

« … Il est tentant de chercher un cessez-le-feu ou une sorte de temps mort qui conduirait à une période de négociation diplomatique. Mais à quoi serviraient une pause et la diplomatie ? Il faut éviter toute négociation qui laisserait cette plaie suppurer en Ukraine. La seule solution acceptable est d’inverser l’agression du [président russe Vladimir] Poutine. »

Comme Jacob Heilbrunn,  rédacteur en chef de The National Interest, et moi-même l’avons commenté à l’époque, « Le manque de franchise est presque aussi grave que l’insensibilité affichée. À aucun moment le [Washington] Post n’a réellement expliqué comment il proposerait de s’y prendre pour inverser l’agression de Poutine. »

C’est encore le cas aujourd’hui. À aucun moment les guerriers en fauteuil roulant qui réclament une guerre avec la Russie au sujet de l’Ukraine ne discutent de la manière dont un tel « renversement » pourrait être effectué ou, ce qui est encore plus révélateur, des chances de réussite d’une guerre entre les États-Unis et la Russie.

Peu de choses ont changé depuis le début de la crise ukrainienne, il y a près de huit ans. Considérez pour un instant le témoignage sur la « Mise à jour de la politique américano-russe » que Nuland a fait devant la Commission des relations étrangères du Sénat américain (SFRC) le 7 décembre.

Nuland a temoigné:

« Nous ne savons pas si le président russe Poutine a pris la décision d’attaquer l’Ukraine ou de renverser son gouvernement, mais nous savons qu’il se donne les moyens de le faire. Une grande partie de ces actions sont tirées du livre de jeu de Poutine de 2014, mais cette fois-ci, elles sont menées à une échelle beaucoup plus grande et plus meurtrière. Ainsi, malgré notre incertitude quant aux intentions exactes et au calendrier, nous devons nous préparer à toutes les éventualités, même si nous poussons la Russie à faire marche arrière. »

Nuland a poursuivi en notant que le gouvernement américain a donné 2,4 milliards de dollars à l’Ukraine depuis 2014 « en assistance de sécurité », ce qui inclut 450 millions de dollars jusqu’à présent cette année seulement.

Quel a été, se demande-t-on, le retour des États-Unis sur cet investissement massif ?

Le président du SFRC, Bob Menendez, semble avoir l’impression que les Russes n’ont pas l’avantage militaire écrasant sur leur propre frontière. De même, le sénateur démocrate Ben Cardin a déclaré qu’une invasion russe de l’Ukraine « exigerait de nous [les États-Unis] une escalade ».

Le sénateur républicain Todd Young, quant à lui, a demandé à Nuland « quelles mesures sont envisagées par l’administration pour contrer l’agression russe », tandis que la démocrate Jeanne Shaheen a indiqué que lors de ses conversations avec les membres du parlement estonien, ils ont parlé de l’importance de « l’unité européenne en ce qui concerne l’Ukraine ».

De plus, les députés d’Estonie, de Pologne et d’autres pays d’Europe de l’Est ont exprimé leur inquiétude quant à « l’opportunité ou non de stationner davantage de troupes dans les pays baltes », a déclaré Mme Shaheen.

Le commentaire le plus perspicace de la journée est venu du sénateur républicain Ron Johnson, qui était manifestement fier que la commission soit parvenue à un rare accord bipartisan. Il a également souligné que les États-Unis étaient « unis » dans le soutien à l’Ukraine et contre la Russie.

Et Johnson avait tout à fait raison : la commission était totalement unie dans sa volonté de conflit au sujet de l’Ukraine, avec laquelle les États-Unis n’ont aucune obligation conventionnelle.

En effet, tant Nuland que le SFRC semblent voir des intérêts nationaux américains là où il n’y en a pas. Plus inquiétant encore, ils semblent avoir une sorte de foi aveugle dans la capacité, voire le devoir, de l’Amérique d’influencer l’issue de conflits qui se déroulent à des milliers de kilomètres de nos côtes en combinant sanctions et menaces militaires.

L’audition du SFRC a montré, pour le moins, que la politique étrangère américaine est prise en otage par une claque d’élites vénales, avares et, surtout, imprudentes : des membres du SFRC aux hauts fonctionnaires qui témoignent devant eux ; des membres du personnel qui les informent aux universitaires et aux experts en politique sur lesquels ils s’appuient ; jusqu’aux reporters et journalistes qui régurgitent sans critique ce que leur disent leurs sources administratives « anonymes ».

C’est pourquoi l’une des questions les plus urgentes qui se posent à nous est la suivante : Comment les Américains de bonne conscience peuvent-ils enfin briser leur emprise sur le pouvoir avant qu’il ne soit trop tard ?.

JAMES CARDEN

[Note de la rédaction : Pour le contexte, il est important de savoir qu’Israël (voir ici et ici) et ses fidèles néoconservateurs (voir ceci) ont depuis longtemps planifié d’endommager et/ou d’acheter les adversaires potentiels d’Israël… La Syrie et l’Iran ont été en grande partie les cibles restantes...].

Source: Asia Times

(Traduction Arrêt sur Info)

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