Un patrimoine à préserver

Pour les habitants comme pour les passants amoureux de la nature, les paysages forment un véritable patrimoine constitutif de leur identité. Certains d’entre eux en sont parfaitement conscients mais pour les autres c’est comme pour le bonheur : ce n’est qu’au moment où on le perd que l’on prend conscience de son existence.

Pour les anciens habitants, ce paysage est inscrit dans leurs gênes : il fait partie d’eux-mêmes.
Pour les nouveaux habitants, c’est le plus souvent un choix délibéré : le choix d’une certaine sérénité qui permet de s’extraire chaque jour des zones urbaines agitées et surchargées.

Pour ceux qui habitent en ville ou sur l’arc lémanique, le sentiment d’être adossés à un arrière-pays de campagne et de douces montagnes leur donne un sentiment d’ouverture vers des régions plus douces et calmes qu’ils ont encore à découvrir, en famille ou en solitaire.

Quelles qu’en soient les justifications, bonnes ou mauvaises, la simple idée d’altérer et de dégrader le paysage vaudois par l’implantation de 160 usines électriques de 180 à 230 mètres de haut est ressentie comme une véritable agression par ceux qui aiment ce pays, dès le moment où ils réalisent ce que cela signifie concrètement.

Mont-Crosin: Le scandale des 14 millions de subventions fédérales aux Forces motrices bernoises

Mont-Crosin est le seul parc d’une certaine envergure réalisé en Suisse. C’est pourquoi on le sort à toute occasion dès que l’on doit montrer comment l’énergie éolienne progresse dans notre pays. Ce que l’on sait moins, c’est que les subventions qui lui permettent d’exister vont enrichir les BKW /FMB (Forces Motrices Bernoises) qui font déjà des bénéfices colossaux et versent de confortables dividendes à leurs actionnaires. Sûr que cet argent serait mieux placé ailleurs par les temps qui courent…

Mont Crosin – Crédit image: Michel Willemin

Mont-Crosin – Gaspillage de fonds publics

Source: Paysage libre

14 millions de francs : c’est la subvention que Juvent SA a obtenue de la Confédération en 2019 pour sa centrale éolienne de Mont Crosin. Ce montant est financé par les consommateurs d’électricité, que ce soit des particuliers ou des entreprises. Propriétaire de Juvent, le groupe électrique BKW SA a dégagé la même année un bénéfice record de 433 millions de francs. À l’heure où de nombreux indépendants luttent pour leur survie et où une crise économique de grande ampleur frappe la Suisse, Paysage Libre Suisse dénonce ce qu’il faut bien appeler un scandale : le gaspillage de fonds publics pour le subventionnement inutile de grands groupes électriques ultra-bénéficiaires.

Les chiffres de l’Office fédéral de l’énergie OFEN passent généralement inaperçus dans les médias. À tort : ils cachent ce qu’il faut bien considérer comme un dysfonctionnement du système d’encouragement des énergies renouvelables piloté par la Confédération. Ainsi, en 2019, Juvent SA, filiale de BKW SA, a reçu pas moins de CHF 13’845’288.- d’argent public pour sa centrale éolienne de Mont-Crosin. C’est 55 % de plus qu’en 2018, grâce notamment au vent qui a soufflé plus fort dans les pales.

Cet état de fait est scandaleux à plus d’un titre : à l’heure où une crise économique sans précédent menace le tissu économique de notre région, à l’heure où de gros points d’interrogation planent sur l’avenir de nos finances publiques et de nos impôts, il est incompréhensible et inacceptable qu’un gros groupe électrique qui dégage un bénéfice net qui frise le demi-milliard de francs soit subventionné par de l’argent provenant de consommateurs d’électricité qui, pour certains, ne savent pas de quoi leur avenir sera fait, s’ils ne sont pas déjà au chômage. Tout autant discutable est l’augmentation du dividende de 22 % versé aux actionnaires de BKW SA.

C’est ni plus ni moins tout le système de soutien aux énergies renouvelables qui montre ici sa perversité : il revient à verser des millions à des entreprises qui n’en n’ont aucun besoin, qui plus est en fonction de la vitesse du vent. Pendant ce temps, de nombreux projets photovoltaïques sont en attente, tandis que d’autres ne sont tout simplement pas réalisés en raison d’un soutien financier insuffisant. Or, ces projets se feraient à moindre coûts, sans dégâts sur le paysage et la biodiversité, et profiteraient à nos PME plutôt qu’à des fabricants d’éoliennes situés hors de nos frontières.

Paysage Libre Suisse appelle à une suppression totale et immédiate des subventions à l’énergie éolienne et à leur transfert en faveur de projets photovoltaïques et de biomasse qui ont réellement besoin de soutien financier pour se concrétiser. Une telle mesure est nécessaire pour garantir à la fois l’équité et l’efficacité dans la transition énergétique.

Paysage libre –

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